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Quand l'État joue le rôle d'architecte ou de sauveur industriel

Nabil Bourassi et Michel Cabirol

Publié le 29 avril 2019 à 16:16 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:40

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Valeo n'est pas un cas isolé. Quand des fleurons industriels français sont à la peine, l'État sait également intervenir, y compris en rachetant des actions comme dans le groupe PSA en 2014 et Alstom en 2004. Il est également à la manœuvre pour imposer ses décisions comme ce fut le cas pour Renault et Air France.

1. Le sauvetage de PSA

Le 19 février 2014, l'État français entre en même temps que le groupe chinois Dongfeng dans le capital de PSA, en quasi-banqueroute. Le groupe automobile avait alors annoncé une augmentation de capital de 3 milliards d'euros. Cette double prise de participation inédite d'un constructeur chinois et de l'État français, déjà actionnaire historique de Renault, a été un tournant pour le redressement de PSA. Trois ans après sa mission sauvetage de PSA, l'Agence des participations de l'État (APE) cède en mars 2017 toutes ses actions (12,7%) du constructeur automobile à la banque publique Bpifrance pour un montant de 1,92 milliard d'euros et réalise une plus-value de 1,12 milliard.

2. La nationalisation temporaire de STX

« Nous avons pris la décision d'exercer le droit de préemption de l'État sur STX », déclare fin juillet 2017 le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse à Bercy. C'est le début d'un conflit de forte intensité entre la France et l'Italie qui va durer deux mois. Pourquoi cette nationalisation temporaire de STX France ? Pour « défendre les intérêts stratégiques de la France », après l'échec des premières discussions avec le groupe italien Fincantieri.

Finalement, Paris et Rome trouve fin septembre un accord de compromis qui donne la majorité aux Italiens tout en veillant aux intérêts stratégiques français dans les Chantiers de l'Atlantique. Cet accord prévoit l'acquisition par Fincantieri de 50% du capital de STX France grâce à un prêt à à long terme de l'État français de 1% du capital, tandis que l'APE conserve sa participation de 34,34%.

3. S'assurer un contrôle partiel chez Renault et Air France

Printemps 2015... Air France et Renault s'apprêtent à rejeter en assemblée générale les dispositions des droits de vote double, prévues par la loi Florange. Pour déjouer cette manœuvre, Bercy organise des raids boursiers dans le capital de ces deux entreprises afin de peser dans le vote des actionnaires. Chez Renault, l'État passe de 15% à 19,7% du capital, tandis qu'il grimpe à environ 19% du capital d'Air France pour s'assurer une minorité de blocage.

Avec la règle des droits de vote double, l'État français s'offre une prise de contrôle conséquente sur ces entreprises tout en restant minoritaire dans le capital. Ces initiatives n'ont pas manqué d'ébranler le milieu des affaires, inquiet de voir la puissance publique aussi offensive. Le partenaire de Renault, Nissan, avait ainsi publiquement exprimé son opposition et exigé de revoir les termes de l'Alliance.

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4. Sauvetage d'Alstom en 2004

L'État français avait acquis 21,4% du capital d'Alstom pour 720 millions d'euros au printemps 2004, dans le cadre d'un plan de sauvetage du groupe, alors au bord de la faillite. En avril 2006, il a revendu sa participation au groupe de BTP Bouygues pour 2 milliards. Puis avec le rachat d'Alstom en 2014 par l'américain General Electric des activités énergétiques d'Alstom, l'État a contrôlé de façon temporaire 20% d'Alstom, ces titres lui ayant été prêtés par le groupe Bouygues. Mais il n'a pas exercé une option d'achat sur ces titres en octobre 2017.

5. Soutien au secteur parapétrolier

À lire également

  • Pourquoi l'État français est devenu le premier actionnaire de Valeo
  • Alstom vend son pôle énergie moins cher à GE pour gagner le feu vert de Bruxelles
  • PSA lance son augmentation de capital qui doit permettre sa survie
  • Chantiers navals : Bruno Le Maire annonce la nationalisation temporaire de STX France

Dans ce secteur, la présence de l'actionnaire public a permis de consolider la situation des entreprises, après la crise de 2008, mais la nouvelle crise du secteur a nécessité de nouveau des interventions (CGG, Vallourec). Ainsi, avec le marasme qui a à nouveau affecté le secteur parapétrolier, les investissements de l'État, précédemment orientés vers la consolidation industrielle, se sont transformés en soutiens (souscriptions par Bpifrance aux augmentations de capital de CGG et de Vallourec en 2016).

Nabil Bourassi et Michel Cabirol

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