Agression au couteau à la préfecture de Paris, cinq morts

 |  | 494 mots
(Crédits : Reuters)
L'assaillant a tué quatre personnes avant d'être abattu. Le mobile de l'agression est, à ce stade, inconnu. Emmanuel Macron s'est rendu sur place.

Le parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête pour tenter de déterminer les motivations qui ont conduit un agent de la préfecture de police, sans antécédents, à tuer quatre fonctionnaires sur son lieu de travail avant d'être abattu.

L'agression s'est produite entre 12h30 et 13h00 dans les locaux de la préfecture, l'un des bâtiments les plus sécurisés de la capitale, qui se trouve sur l'île de la Cité, à deux pas de Notre-Dame et de l'ancien palais de justice.

L'auteur, employé à la préfecture depuis 2003, "n'a jamais présenté de difficultés comportementales, il n'a jamais présenté le moindre signe d'alerte et ce matin il a commis ce parcours meurtrier", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui s'est rendu sur les lieux dans l'après-midi. L'agent administratif se serait converti à l'islam il y a 18 mois, rapporte BFM TV, sans citer ses sources.

Âgé de 45 ans, il travaillait au service informatique de la préfecture.

Les victimes sont trois policiers et un autre agent administratif, a précisé le procureur de Paris, Rémy Heitz, qui a dit être "en contact permanent" avec son homologue du parquet national antiterroriste (PNAT), Jean-François Ricard.

"Un coup de folie"

Une perquisition a été menée au domicile de l'agresseur dans le cadre de l'enquête, aussitôt ouverte et confiée à la brigade criminelle de la direction régionale de la police judiciaire, a précisé Rémy Heitz.

L'épouse de l'assaillant a été placée en garde à vue, dit-on au parquet.

Selon une source syndicale, l'agresseur est un agent administratif de la Direction du renseignement (DR-PP) qui aurait eu "un coup de folie" et "porté des coups de couteau avant d'être abattu par des fonctionnaires de police dans la cour de la préfecture".

Il a d'abord tué sa supérieure hiérarchique puis a poignardé deux autres personnes dans un escalier puis une dernière dans la cour de la préfecture, selon plusieurs sources policières.

Le personnel marqué

"L'ensemble de nos personnels sont marqués, blessés au cœur par ce qu'il s'est passé ici, au sein même des locaux de la préfecture de police", a déclaré Christophe Castaner.

Emmanuel Macron s'est rendu sur les lieux avant un déplacement à Rodez (Aveyron) pour "témoigner son soutien et sa solidarité à l'ensemble des personnels" de la préfecture, précise-t-on à l'Elysée. Son Premier ministre, Edouard Philippe, et la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont également fait le déplacement.

L'agression s'est déroulée sur fond de malaise latent dans les rangs de la police.

Plusieurs milliers de fonctionnaires ont manifesté mercredi à Paris pour exiger une amélioration de leurs conditions de travail mais aussi clamer leur mal-être face à une "haine du flic" qu'ils jugent de plus en plus préoccupante en France. Cinquante-deux policiers se sont suicidés depuis janvier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/10/2019 à 9:11 :
NOtre société s'écroule du fait d'une oligarchie à la dérive et les gens, sans repère, sans savoir à quel saint se vouer pètent les plombs.

On ne peut pas sans arrêt mépriser notre part d'humanité et pourtant nous avons des dirigeants qui semblent en être totalement dénués.
a écrit le 04/10/2019 à 9:07 :
France! C'est quoi la France d'aujourd'hui ? C'est la discrimination positive, c'est l'action positive et c'est la la lutte contre la discrimination. Où tout cela va nous mener dans une génération où deux! Oui, vous avez raison lecteurs raison., Ce n'est pas difficile à deviner c'est comme l'on dit au bistrot couremment " tout droit dans dans le mur"
Je pense que dans les commissariats de police, la gendarmerie et les polices municipales, les personnels vont devenir suspicieux!
a écrit le 04/10/2019 à 8:39 :
Un couteau en céramique, ça sent le coup de folie sérieusement prémédité !
a écrit le 04/10/2019 à 7:51 :
Comme il l'a étè déclaré et écrit noir sur blanc dans l'article "" Un coup de Folie"". Donc comme dans les affaires précédente de ce type là, le fond d'indemnisation des victimes d'attentats n'interviendra pas car cette personne doit sûrement être reconnue "irresponsable" comme d'habitude.
a écrit le 04/10/2019 à 4:52 :
Le vers est dans le fruit depuis bien longtemps.
Combien de fonctionnaires pratiquent l'islam dans tous les corps ?
Nul n'en parle, ils sont partout.
a écrit le 03/10/2019 à 20:00 :
Quelques soient les motivations de l'assassin, il est clair que l'institution a failli.
Et il faut comprendre pourquoi (plutôt que de chercher des boucs émissaires).

Hier il y avait 27 000 collègues en colère qui déploraient le suicide de 52 policiers depuis le début de l'année. Est ce que le tueur de la préfecture était un de ceux là qui aurait décidé de ne pas mourir seul?

Il y a des choses qui ne concordent pas dans son parcours. Comment, à 45 ans, après 16 ans de service, un employé (informaticien ?) dans un des services les plus prestigieux (Direction du renseignement) pouvait t'il encore être Cadre C, c'est à dire au bas de l'échelle?

Alors que la Police est l'une des administrations où les possibilités de faire carrière sont très importantes. Soit cet individu n'avait aucune ambition, soit il y a eu un pépin de parcours... générateur de frustration. Et non pris en compte par la hiérarchie.

Ou alors, la conversion à l'Islam n'a pas été heureuse. Mais celle ci n'a pas été cachée à la hiérarchie. Peut être un défaut de suivi?

Ce ne sont que des hypothèses, mais cette affaire qui éclabousse la Préfecture de Paris va faire rougir les oreilles du préfet, nommé depuis Bordeaux, on s'en souvient par Macron pour mater les gilets jaunes par le gaz et le LBD.
A l'évidence non seulement il n'a pas maté les opposants mais sa propre maison prend feu.
a écrit le 03/10/2019 à 19:08 :
Courage et condoléances aux familles, aux fonctionnaires à Paris

Ce que je trouve incroyable : comment nous humains nous n’ arrivons pas «  à ressentir » ces événements dramatiques avant pour les éviter et aider les personnes autour de nous , comment l’humain peut il basculer ainsi dans la violence et cette folie irrationnelle sans signes en amont ?
Réponse de le 03/10/2019 à 23:42 :
Il y a un problème évident dans la Police.
S'il y a autant de suicides c'est parce qu'on place les fonctionnaires dans des situations impossibles à gérer, et qui sont violentes. Et je ne parle pas ici de black blocks mais d'injonctions hiérarchiques contradictoires et de missions insensées.

Cette violence intériorisée ressort de toutes les façon possibles selon les individus. Beaucoup sombrent dans des comportement d'autodestruction, l'alcoolisme ou la toxicomaine.
D'autres retournent cette violence contre les autres. D'où les bavures en rafales.
Il y a quelques jours, lors qu'une perquisition, une femme qui portait un enfant dans les bras s'est pris une balle dans l'épaule. Le fonctionnaire de police a été incapable d'expliquer son geste.
a écrit le 03/10/2019 à 18:15 :
Nos condoléances et sympathie aux familles de victimes, serviteurs de l’État, de ce drame terrible. Nos pensées sont avec vous....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :