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Rejet des eaux de Fukushima dans l'océan Pacifique : le Japon veut rassurer ses pêcheurs inquiets

latribune.fr

Publié le 21 août 2023 à 06:40 - Mis à jour le 22 août 2023 à 10:23

La centrale de Fukushima a été largement endommagée par le tsunami du 11 mars 2011 provoqué par un séisme.

La centrale de Fukushima a été largement endommagée par le tsunami du 11 mars 2011 provoqué par un séisme.

Reuters

Le Quotidien Numérique

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Alors que le Japon a prévu de rejeter 1,33 million de tonnes d'eau provenant de la centrale nucléaire de Fukushima après traitement, les pêcheurs de l'archipel s'inquiètent de voir leurs produits boudés par les clients effrayés par une possible contamination. Et ce, malgré le traitement qui sera effectué et l'aval reçu par l'Agence internationale de l'énergie atomique. Le Premier ministre japonais a donc décidé de rencontrer les représentants du secteur avant de fixer, mardi, la date exacte du début des rejets.
[Article publié le lundi 21 août 2023 à 08H40 et mis à jour à 11H44] C'est pas moins d'1,33 million de tonnes d'eau provenant de la centrale nucléaire de Fukushima que le Japon prévoit de rejeter dans l'océan Pacifique...sans toutefois savoir encore quand. La date devrait néanmoins être connue, mardi, comme l'a annoncé 

le ministre de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie Yasutoshi Nishimura lors d'une conférence de presse, ce lundi.

« Nous voulons réunir les ministres concernés demain [mardi, NDLR] pour prendre une décision sur le début du rejet de l'eau, après avoir confirmé l'état d'avancement des efforts visant à garantir la sécurité et à remédier au préjudice d'image » pour la filière japonaise de la pêche, a déclaré le ministre, ce lundi.

Lire aussiLe rejet des eaux contaminées de la centrale nucléaire de Fukushima dans l'océan, une solution sans danger ?

Et pour cause. Ce projet de déversement dans l'océan des eaux de la centrale inquiète grandement les pêcheurs japonais qui craignent de voir leur marchandise boudée par des clients effrayés d'un potentiel risque de contamination.

Ces eaux sont issues de la pluie, des nappes souterraines ou des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires entrés en fusion. Le séisme de magnitude 9,1 sur l'échelle de Richter qui a frappé l'archipel le 11 mars 2011 a provoqué un tsunami dont les vagues de plus de vingt mètres de hauteur par endroit ont endommagé la centrale de Fukushima Daiichi, située sur le littoral, et en particulier, son système de refroidissement entraînant la fusion des cœurs des réacteurs un, deux et trois. Des quantités gigantesques d'eau ont donc été nécessaires pour refroidir ces cœurs en fusion. Or, les réservoirs qui stockent cette eau contaminée arrivent à saturation contraignant le Japon à la déverser dans le Pacifique.

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Elle sera toutefois traitée en amont selon un processus de dilution, éliminant tout risque de contamination. Tepco prévoit d'ailleurs un rejet dans l'océan de 500.000 litres par jour maximum. En outre, le plan de rejet présenté par le Japon et l'opérateur de la centrale nucléaire, Tepco, a obtenu l'aval de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Le 4 juillet dernier, son chef, Rafael Grossi, a, en effet, annoncé qu'il « satisfai[sait] aux normes internationales de sûreté » et aurait un impact « négligeable ».

Rencontre avec les pêcheurs japonais

Néanmoins, face à l'inquiétude des pêcheurs, le Premier ministre a affirmé, dimanche, qu'il allait d'abord rencontrer les représentants de l'industrie de la pêche avant de fixer une date pour les rejets. « Je dois à ce stade m'abstenir de tout commentaire sur le timing concret du rejet dans l'océan, étant donné que la décision doit être prise après que le gouvernement dans son ensemble aura examiné les mesures relatives à la sécurité et à l'atteinte à la réputation (de l'industrie de la pêche) », a déclaré Fumio Kishida à la presse, espérant rencontrer les pêcheurs « dès demain (lundi) ».

Ce lundi, il s'est, en effet, entretenu à Tokyo avec Masanobu Sakamoto, le représentant de l'industrie de la pêche nippone. « Nous avons demandé de la compréhension face à la nécessité de rejeter » cette eau, a déclaré le Premier ministre à l'issue de cette rencontre, jugeant le rejet dans l'océan « essentiel » au progrès du démantèlement de la centrale, dont « dépend la reconstruction de Fukushima ».

De son côté, Masanobu Sakamoto a répondu que « Notre position reste inchangée, nous sommes toujours opposés au rejet de l'eau », assurant avoir dit au Premier ministre que les pêcheurs « maintiendraient cette position », malgré l'aval de l'AIEA et les efforts du gouvernement pour expliquer sa décision et rassurer. « Je lui ai dit que la sécurité scientifique n'équivaut pas nécessairement à un sentiment de sécurité dans la société. On craint des dommages pour la réputation des produits » une fois le rejet commencé, a-t-il ajouté.

Restriction des importations chinoises

Le gouvernement a prévu la mise en place d'un fonds d'indemnisation de 30 milliards de yens (190 millions d'euros) pour aider les pêcheurs locaux à faire face aux dommages pour la réputation de leurs produits. D'autant que la Chine --

vers laquelle un quart de l'ensemble des produits de la mer japonais ont été exportés l'an dernier-- 

a annoncé le 7 juillet dernier que ses autorités douanières allaient « interdire les importations de denrées alimentaires en provenance de dix préfectures japonaises, dont celle de Fukushima » pour des raisons de sécurité et instaurer des tests de radiation sur les denrées provenant du reste du Japon.

Ces restrictions ont déjà entraîné le mois dernier un recul de 30% sur un an du volume des importations chinoises dans cette catégorie, selon des chiffres des douanes chinoises cités par plusieurs médias.

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De son côté, la Corée du Sud, où, selon une récente enquête de Gallup Korea, environ 80% des personnes interrogées ont exprimé leur inquiétude, se montre rassurante quant à la décision japonaise. Le pays a mené sa propre étude du plan de Tokyo, concluant que le Japon respectera les principales normes internationales et que le déversement aura des « conséquences négligeables » sur les eaux sud-coréennes, avait déclaré le ministre de la coordination des politiques, Bang Moon-kyu, le 7 juillet. De plus, il faudrait jusqu'à dix ans pour que l'eau traitée rejetée de Fukushima dans l'océan Pacifique parvienne près de la péninsule coréenne, avait-il ajouté.

(Avec AFP)

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