Assurance chômage: la concertation reprend sur une réforme mise à mal par la crise
AFP, Fabrice Randoux
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Reuters/Charles Platiau
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Décidée en juillet 2019 par le gouvernement Philippe après l'échec d'une négociation sociale très encadrée par l'exécutif, la réforme visait à réaliser 1 à 1,3 milliard d'économies par an, notamment en durcissant les règles d'indemnisation et en taxant le recours abusif aux contrats courts.
Mais la brutalité de la crise a contraint le gouvernement à reporter son application, actuellement prévue au 1er avril, et a proposer en novembre des aménagements sur les quatre grand paramètres contestés de la réforme: conditions d'ouverture des droits, mode de calcul de l'indemnisation, dégressivité de l'allocation et "bonus-malus" sur les cotisations des entreprises.
Sans illusion sur la possibilité d'obtenir l'adhésion des cinq organisations syndicales et trois patronales reçues tout au long de la journée, le ministère veut néanmoins rediscuter "des pistes de convergence" possibles avant de présenter ses arbitrages lors d'une réunion multilatérale courant février.
Surtout, alors que la crise sanitaire se prolonge et que le chômage devrait continuer à augmenter en 2021, Mme Borne compte proposer de lier l'entrée en vigueur de tout ou partie des nouvelles règles à l'amélioration d'indicateurs économiques à discuter, comme les créations d'emploi ou le taux de chômage.
"La temporalité de la réforme au regard de la conjoncture actuelle et à venir est un point essentiel" des discussions, confirme-t-on au ministère.
Politiquement, cela permettrait à Emmanuel Macron d'ajouter à son bilan la réalisation de cet engagement de campagne, tout en tenant compte du contexte, alors que la reprise de l'autre grande réforme sociale suspendue - celle des retraites - sera plus difficile.
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Côté patronat, cette idée est jugée plutôt pertinente. Pour François Asselin (CPME), "la réforme devrait être actionnée en fonction de l'évolution et de la dynamique des offres d'emploi".
Côté syndicats, cela ne suffirait pas à changer l'opposition unanime à une réforme "par essence erronée" (Yves Veyrier, FO), qui "doit être annulée "(Philippe Martinez, CGT) ou réécrite "à partir d'une feuille blanche" (Laurent Berger, CFDT).
AFP, Fabrice Randoux
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