Assurance chômage : les propositions du patronat pour réaliser des économies

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Le patronat (ici Pierre Gattaz, président du Medef) a transmis neuf propositions aux syndicats pour réduire le déficit de l'assurance chômage. Il propose notamment de moduler le nombre de jours indemnisés en fonction du taux de chômage
Le patronat (ici Pierre Gattaz, président du Medef) a transmis neuf propositions aux syndicats pour réduire le déficit de l'assurance chômage. Il propose notamment de moduler le nombre de jours indemnisés en fonction du taux de chômage (Crédits : reuters.com)
Le camp patronal (Medef, CGPME et UPA) a transmis aux syndicats ses neuf propositions pour réformer l'assurance chômage et réaliser des économies. La baisse de la durée d'indemnisation des seniors de plus de 50 ans est notamment sur la table.

Baisser la durée des allocations chômage pour les seniors, sanctionner l'absence de recherche d'emploi, réformer le mode de calcul: le patronat a détaillé ses propositions pour la négociation sur l'assurance chômage, parasitée par l'ultimatum du Medef sur la loi travail.

Avant une cinquième séance de négociations ce jeudi 28 avril, la partie patronale (Medef, CGPME, UPA) a transmis mardi soir aux syndicats ses "pistes d'évolution" du régime d'assurance chômage, dont le déficit est estimé à 4,2 milliards d'euros en 2016.

Mais il ne s'agit toujours pas d'un projet d'accord, alors que le numéro un du Medef Pierre Gattaz a menacé la semaine dernière de se retirer des négociations si "rien ne bougeait" sur le projet de loi travail, examiné au Parlement à partir du 3 mai.

Le document contient neuf propositions pour "optimiser" les règles, à commencer par une réforme structurelle du calcul des indemnisations en le modulant sur le taux de chômage de l'Insee.

Un montant des cotisations modulé en fonction du taux de chômage

Le ratio "1 jour cotisé = 1 jour indemnisé" varierait à la hausse ou à la baisse en fonction de la "situation effective sur le marché du travail" : 1,2 jour indemnisé si le taux de chômage dépasse les 12%, 0,8 jour indemnisé s'il passe en dessous des 9%.

Selon Eric Courpotion, de la CFTC, "ce système serait inéquitable car deux demandeurs d'emplois ne seraient pas indemnisés de la même façon en fonction du mois où ils s'inscrivent à Pôle emploi". Le syndicaliste souligne également "l'incertitude sur le financement" du régime avec un tel mécanisme.

Outre la "conjoncture globale ", le patronat suggère de caler les règles de calcul sur la "conjoncture spécifique à certaines parties de la population", pointant les variations du taux de chômage en fonction des âges.

Le taux de chômage des 50 ans ou plus est ainsi inférieur à celui du reste de la population (7% contre 10%). Mais les "seniors" restent plus longtemps au chômage, d'où la proposition de baisser la durée de leurs allocations en compensant partiellement par de la formation.

Actuellement, les demandeurs d'emploi de 50 ans et plus peuvent être indemnisés jusqu'à 36 mois, au lieu de 24 pour les autres actifs. Le patronat souhaite relever l'âge d'entrée dans cette "filière senior" à 59 ans.

Revoir à la baisse l'indemnisation des "seniors"

Entre 50 et 55 ans, un salarié qui perd son emploi ne toucherait plus que 24 mois d'indemnisation maximum, avec "en parallèle" un abondement de 500 heures de son compte personnel de formation (CPF). La période d'indemnisation pourrait augmenter par paliers de 6 mois selon les tranches d'âge (55-57 ans, 57-59 ans), uniquement en cas de formation.

Le patronat souhaite aussi renforcer le contrôle des chômeurs en sanctionnant l'absence de recherche d'emploi par une "dégressivité des allocations".

Autre proposition : revoir les modalités de calcul allocations-salaire pour les demandeurs d'emploi qui alternent contrats courts et périodes de chômage.

"Le patronat ne propose que des reculs parce qu'il part du principe qu'il ne mettra pas un sou", a dénoncé Eric Aubin, de la CGT, regrettant que le texte n'aborde pas la question des contrats courts, pourtant cruciale aux yeux des syndicats et que le gouvernement a mis ouvertement sur la table.

Le Medef exige notamment que soient retirés du projet de loi travail le compte personnel d'activité (CPA), la surtaxation obligatoire des CDD annoncée par Manuel Valls et le mandatement syndical, dans les petites entreprises dépourvues de syndicats, pour négocier des accords.

"On continue à discuter mais on est dans une interrogation réelle et sérieuse", a-t-on commenté au Medef qui doit se prononcer dans moins de trois semaines sur son maintien dans la négociation.

(Avec AFP)

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a écrit le 30/04/2016 à 10:23 :
Il faudrait qu'ils arrêtent gémir, se sont bien eux les chantres de l'externalisation de la production en Asie, au Maghreb et en Europe de l'est qui ont fait de la France un désert industriel, c'est à eux de réparer les dégâts, se ne sont pas les employés et ouvriers Français à se transformer en Chinois comme ils le voudraient maintenant.
a écrit le 29/04/2016 à 11:10 :
un CDD =

- précarité au travail

- aucun espoir d'emprunt pour l'acquisition d'une maison

- frilosité totale des banques dans tous les domaines

- baisse de la consommation ( question de survie quand on ne sait pas de quoi demain est fait )

- amortissement des salariés par le patronat

- mépris de la société pour cette " classe de salariés "

- exploitation du travail des salariés ! souvent !

et j'en passe !

alors qui est candidat pour travailler en CDD Mr Gattaz ?????

vous qui avez un " salaire " pour diriger le MDEF ???

échangeriez vous votre compte bancaire ou votre maison avec un CDD ?????
a écrit le 29/04/2016 à 10:53 :
de toute façon c'est toujours le salarié qui trinque de tous ces incompétents !

exemple pratique

j'ai un fils qui est actif dans sa recherche d'emploi puisqu'il n'a été indemnisé que 2,5 mois sur son CSP par pôle emploi

le patron pour qui il travail en intérim va l'embaucher pour 6 mois en CDD et parait-il un CDI à la clé ( franchement je n'y crois pas trop à la carotte mais c'est lui qui voit ! )

pour cette " embauche " ( pour moi qui n'en n'est pas une puisque précaire ) son patron va toucher plus de subventions pour ce CDD qui si il l'embauchait en CDI !!!!!!

alors faut m'expliquer la logique gouvernementale pour faire baisser le chômage !

avec toutes ces aides données pour des emplois précaires c'est sûr que cela n'encourage pas les patrons à de vraies embauches !

et qu'on me passe les oui ! mais ça dépend de la charges de travail et le reste !!!!!

mon fils est qualifié dans son métier ( maçon ) et motivé au travail !

alors Valls et Medef c'est du pareil au même !

c'est une logique comptable libérale et point finale !

du coté état pour faire artificiellement baisser les chiffres du chômage et du coté patronat pour optimiser la baisse des charges !

je le redis tout le monde prend le problème à l'envers ! qu'on commence à " lisser " au niveau européen les charges et les impôts des entreprises !

et après vous verrez que le chômage baissera !

mais en attendant ce sont les classes laborieuses qui font les frais de l'union européenne qu'on nous impose n'importe comment !

une europe tout en paradis fiscaux où tous ces " gentils patrons " vont optimiser leurs gains grâce à l'exploitation des salariés !
a écrit le 29/04/2016 à 8:27 :
Les patrons sont mal venus pour proposer des avantages à la baisse, la crise est finie, au lieu de parler de l'assurance chômage, ils se retroussent les manches et créent le million d'emplois promis, ensuite plus de problèmes de budget de l'assedic.
Quand à pôle-emploi, s'il veut être efficace, au lieu de tout concentrer aux centres des grandes villes, il délèguent un employé par communauté de communes car les entreprises qui recrutent et forment ont quitté ou quitteront la grande ville pour les toutes petites villes et gros villages.
C'est le cas de tous les pays de la loire et Bretagne.
a écrit le 28/04/2016 à 11:26 :
Mais de qu'elle droit il définisse mes indemnités alors je paye mes charges tous les mois et ceux qui vont définir qui va toucher le plus ou le moins.
Profondément injuste et totalement arbitraire facile de définir l'argent des autres et par conséquent sont travail . Vous devrez cotiser plus et travailler plus pour les autres, c'est nous qu'on décident les syndicats qui représente 10 % des travailleurs.
Vivement qu'ils explosent ce système qu'on en finissent.
a écrit le 28/04/2016 à 10:32 :
Baby boomers: 36 mois. Les autres: 24 mois. Ce qui est normal pour eux évidemment...
Réponse de le 28/04/2016 à 15:43 :
"Baby boomers: 36 mois. Les autres: 24 mois. Ce qui est normal pour eux évidemment... "
L'article précise "Entre 50 et 55 ans, un salarié qui perd son emploi ne toucherait plus que 24 mois d'indemnisation maximum"
Il s'agit deja de la fin du babyboom , ceux nés entre 60/70 et qui se font liquider par milliers dans les entreprise en ce moment ce ne sont pas les baby-boomers nés entre 45 ( voir 42 pour les historiens) et 55.Ce sont eux qui ont profité un maximum du systeme mis en place par leur parent.Ils sont même favorable dans les sondages à ce que l'âge de la retraite soit repoussée pour les générations suivantes ! alors qu'eux-mêmes sont partis dans les années 90/2000 en pré-retraite à 55 ans par milliers dont énormement de cadres et management d'ailleurs ou alors mis en disponibilité dans les grands groupes dès 54 ans payé par la boite ( enfin, par le gel des salaires et augmentation salariale des actifs restants )jusqu'à leur retraite effective à ..60 ans.Génération très discrete sur ce sujet.
a écrit le 28/04/2016 à 10:25 :
Avant on recherchai un emploi et maintenant on recherche "une recherche d'emploi"!
a écrit le 28/04/2016 à 10:17 :
C'est plein de bon sens! Apres 50 ans il y a peu d'espoir de trouver du travail et cela Gattaz le sait bien, alors tant qu'a faire il vaudrait meme mieux leur supprimer les allocations et les envoyer en Syrie combattre Daech moyennant une petite solde de 2nd classe! Les estropiés auront droit a une protese gratuite et pour les morts, un beau discours de Hollande!
a écrit le 28/04/2016 à 7:59 :
En même temps que le patronat soit d'accord ou pas, le dernier mot revient au législateur donc Gouvernement puis parlement et Sénat et à ce jeux là le patronat ne sera pas gagnant.

On distribue 40 milliard d'euros et pas d'embauches en CDI (1 millions d'emploi étaient sur la table et au final moins de 100.000 embauche majoritairement en CDD). A ce tarif on aurait du garder l'argent et créer de l'emploi public au moins le chomage aurait baissé et la consommation serait repartie à la hausse cela aurait même renfloué l’impôt sur le revenu.

Idem pour la restauration, la TVA devait servir à créer de l'emploi et au final elle n'a servie qu'à améliorer les marges.

On ne parle même pas des aides aux entreprises et niches fiscales qui coutent à l'état plusieurs centaines de milliard par an pour du vent au final en terme d'emploi.
Parti de ce principe une incitation forte comme la taxation des CDD permettra d’éviter à l’avenir de se servir des citoyens en variable d'ajustement financière des entreprises.

Ne l'oublions jamais le but d'une entreprise c'est de faire du profit et le but de l'état de pourvoir au bien commun de la population. De ce fait les petits arrangements avec les patrons sont incompatibles avec le bien être général de la population et de la nation.

Tout autre discours est un mensonge ... . Le patronat ne veux ni cotiser pour le chômage, ni pour la formation et ne souhaite pas embaucher en CDI alors que les marges et les profits sont au beau fixe. Mais à coté de cela ils profitent de toutes les aides, ils défiscalisent, ils ont des niches fiscales et prennent l'argent de l’État en faisant des promesses qu'ils savent ne pas pouvoir tenir. Au bout d'un moment on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et l'amour de la crémière.
Réponse de le 28/04/2016 à 11:28 :
Ben crée votre entreprise !
a écrit le 28/04/2016 à 1:58 :
ça sent le Gattaz ca va péter

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