Attractivité industrielle : la France toujours en tête de l'Europe

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(Crédits : Reuters)
"La performance tricolore n'est pas un accident (...), la France creuse l'écart avec ses concurrents allemands et britanniques", souligne une étude du cabinet d'audit EY publiée ce matin. Entre 2014 et 2018, les investissements directs étrangers (IDE) en France ont augmenté de 47%, contre une hausse de 7% en Allemagne. Au Royaume-Uni, la baisse est constante depuis 2017 (-15%).

L'attractivité industrielle de la France pour les investisseurs étrangers reste en tête des pays européens, selon une enquête du cabinet EY publiée lundi, et l'optimisme sur l'avenir de l'industrie française prévaut toujours, mais moins qu'un an auparavant.

La France reste le pays européen qui attire le plus d'investissements étrangers en matière d'implantations ou d'extensions de sites industriels, avec 339 projets recensés en 2018 (contre 323 en 2017). Viennent ensuite la Turquie (203 projets, +2) et l'Allemagne (152 projets, -11).

Les projets d'investissement au Royaume-Uni: -35%

Dans le même temps, le Royaume-Uni a enregistré une chute de 35% du nombre de projets sur son sol (140 en 2018 contre 216 en 2017), "en raison de l'inconnue Brexit", note l'étude. Le Royaume-Uni recule ainsi de la 2e à la 4e place de ce palmarès.

"La performance tricolore n'est pas un accident", souligne l'étude, qui indique que "depuis 2016, la France creuse l'écart avec ses concurrents allemands et britanniques dans la course aux investissements industriels étrangers".

Ainsi, entre 2014 et 2018, les investissements directs étrangers (IDE) en France ont augmenté de 47% contre une hausse de 7% en Allemagne. Au Royaume-Uni, la baisse est constante depuis 2017 (-15%).

> Lire aussiInvestissements étrangers : l'attractivité de la France se confirme

Aéronautique, spatial, construction navale, pharmacie...

L'étude fait ressortir que certaines filières industrielles françaises exportatrices (construction aéronautique et spatiale, construction navale, pharmacie) attirent des sous-traitants et partenaires, dont "un grand nombre d'entreprises à capitaux étrangers (qui) viennent produire en France" et entrent dans les chaînes d'approvisionnement de groupes comme Airbus, EDF, Danone ou Sanofi.

Pour les investisseurs interrogés dans le cadre de l'étude, la croissance française va être tirée par des secteurs comme le numérique (31% des réponses), l'énergie (28%), les technologies vertes (21%) et les services aux entreprises (21% également).

La perception de l'industrie française reste positive, mais elle fléchit

Dans ce contexte, la perception de l'industrie française par les entrepreneurs étrangers restait largement favorable, mais avec une baisse: 70% se disaient optimistes en 2019 quant à l'avenir de l'industrie française contre 77% en 2018.

La stabilité fiscale est considérée comme "critique" par 41% des entreprises dans leurs choix d'investissements en Europe, et 52% la classent comme un facteur "important".

"Parce que les entreprises recherchent de la stabilité et de la prévisibilité, la France doit confirmer ses engagements assez récents en la matière", notent les auteurs de l'étude.

> Méthodologie : le "baromètre de l'attractivité industrielle" s'appuie notamment sur l'enquête d'opinion réalisée en janvier 2019 par l'institut CSA auprès de 210 dirigeants représentatifs des investisseurs étrangers en France et en Europe, et sur l'analyse des implantations et extensions industrielles d'entreprises étrangères en France.

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Commentaires
a écrit le 14/01/2020 à 13:05 :
C'est présenté comme une très bonne nouvelle, mais ce n'est pas le cas. En réalité, c'est au détriment des intérêts des Français.

D'abord, ça signifie que les entreprises dans lesquelles l'étranger investit ne seront plus tout à fait ou plus du tout des entreprises françaises. C'est le cas de nombre de nos grandes entreprises, par ex. Castorama est une entreprise britannique, TGV a été cédé aux Allemands, Latécoère est américain.

Bien sûr, ces achats, OPA, cessions, fusions se font à l'insu de la population.

De plus, les dividendes dégagés partiront à l'étranger et l'État n'aura rien à dire en cas de délocalisation ou de licenciements massifs.

Enfin, dans de très nombreux pays, à l'inverse, nos entrepreneurs et nos industriels ne peuvent pas investir. C'est ce qu'on appelle des "marchés dissymétriques".

Soit parce que le pays contrôle toujours les mouvements de capitaux (ce que la France ne fait plus), soit parce que les lois d'extra-territorialité américaines y mettront leur veto.

Autrement dit, la France est lentement dépouillée de ses fleurons industriels, mais elle est dans l'impossibilité de faire la même chose à l'étranger.

Et on nous présente ça comme une bonne nouvelle, alors qu'on devrait comprendre que la France est la principale victime en Europe de ces investissements étrangers !
a écrit le 14/01/2020 à 11:52 :
publication de l'INSEE du 18 décembre dernier sur les créations d'entreprises :
les taux de hausse de créations sont les plus élevés dans le secteur industriel/manufacturier sur les 3 et 12 derniers mois.

forte progression des nouvelles entreprises ces dernières années, alors que le taux de disparition est parmi les plus faibles en Europe (Eurostat).
a écrit le 14/01/2020 à 7:35 :
Plutôt qu'en nombre de projets, il faudrait compter en nombre d'emplois créés! Et là je suis pas sûr que le tableau soit aussi favorable pour la France...
a écrit le 13/01/2020 à 23:55 :
C'est quand même une bonne nouvelle,on dirait pas en lisant les commentaires. Après c'est aussi à cause d'un chômage fort, bien qu'en décroissance qui offre en France une main d'oeuvre plutôt bien formée et disponible. Après l'inconvénient de beaucoup de sociétés étrangères pour le budget de l'état c'est qu'en général elle s'arrangent pour ne pas faire leurs bénéfices en France qui a un taux d'imposition sur les entreprises plus élevés que la majorité des autres pays.
a écrit le 13/01/2020 à 21:00 :
C'est curieux, on désindustrialise (12 % du PIB en France, lanterne rouge en Europe) mais chaque année on nous dit que nous sommes les champions européens des investissements étrangers. Il doit y avoir des subventions publiques à prendre...
Réponse de le 14/01/2020 à 12:59 :
Bien sûr! Titre du Canard Enchaîné; Le jackpot des Chinois de Toulouse: 200 millions de plus-value et 30 millions de dividendes pompés à l'Etat grâce à Macron.
a écrit le 13/01/2020 à 18:36 :
Comme c'est bizarre, le chômage ne recule pas sensiblement. Soit les nombreux projets sont très petits, car l'article ne parle pas d'argent, soit ils sont simplement rachetés par des fonds étrangers qui promettent la croissance par l'expansion mondiale et la délocalisation, car la balance commerciale de la France ne s'amélore pas.
a écrit le 13/01/2020 à 15:14 :
A partir racheter nos entreprises pour des nèfles, nous serions nous mêmes capables d'en faire autant si 1 à 2 millions de fonctionnaires (non régaliens) suçaient comme des sangsues les profits des manufacturières et autres agri-agroindustries
a écrit le 13/01/2020 à 14:27 :
la France domine aussi en Europe sur les investissements en R&D (EY).
Paris était même en 2018 la première métropole mondiale pour l'accueil des investissements étrangers de R&D, loin devant les villes de Chine/USA/Allemagne/UK/etc... (KPMG Global Cities Investment Monitor 2019). il est vrai que la France est très bien positionnée dans les classements Clarivate et Reuters des entreprises et Instituts de Recherche les plus innovants au monde. notamment parce-que la France a un meilleur ratio 'brevets obtenus/demandes de brevets' que les autres pays développés (d'après les World Intellectual Property Indicators de l'OMPI).
noter que le nombre d'entreprises manufacturières augmente depuis un moment en France, alors qu'il y a une décroissance depuis au moins 2009 en Allemagne (Business Demography statistics, Eurostat).
a écrit le 13/01/2020 à 14:04 :
La France est attractive par ce qu'elle est en retard...
L'afrique est attractive par exemple sur le plan des investissements industriels, on dit aussi qu'il y a beaucoup à faire...

Les pays avançés recherchent des marchés pour y implémenter leurs solutions technologiques... Ainsi une grande partie des polytechniciens qui n'apprennent que des techniques du passé sont "rafraichis" au sein du Boston Consulting Group pour "indigéniser" des technologies US comme au tant des 30 glorieuses (Elie Cohen) rien de nouveau pour la fille ainée de l'église.
a écrit le 13/01/2020 à 13:10 :
Malgré les grèves , les 35 heures et le cout du travail ?
Quelqu'un ment : soit ce cabinet , soit le gouvernement . Lequel , that is la question ?
a écrit le 13/01/2020 à 12:58 :
Lorsque l'on voit les financements de l'état pour les entreprises, disons que c'est logique ! nous payons pour cela, le cice et bien d'autres financements sont la.

Au fait, le boulot lui du coup doit être la?!!!

Bref, si la France est attractive, force est de constater qu'elle ne l'est pas par le dynamisme économique ou la création d'emplois....

Et manière de comprendre ce qu'est la politique économique actuelle, en sachant que les oiseau (les entreprises) pourrons changer de pays en ayant pris l'oseille!
a écrit le 13/01/2020 à 12:19 :
Quand je me vois, j'ai peur et quand je me compare, je me rassure.
a écrit le 13/01/2020 à 10:32 :
"La France reste le pays européen..//... Viennent ensuite la Turquie (203 projets, +2) et l'Allemagne (152 projets, -11)."
Euuuh depuis quand la Turquie est un pays européen? Est ce que j'aurais raté un referendum?
Réponse de le 13/01/2020 à 11:09 :
ça dépend où on colle la frontière entre l'Europe et l'Asie sur le "supercontinent" Eurasie.

Ce n'est pas une histoire politique, cf. référundum, c'est une histoire de géographie.
a écrit le 13/01/2020 à 9:30 :
Pourrions-nous remplacer le titre par la France championne du pillage industriel par ses voisins ?
a écrit le 13/01/2020 à 9:18 :
"L'attractivité industrielle de la France pour les investisseurs étrangers"

En gros la vente de notre industrie à l'étranger, oui nous sommes champions c'est un fait mais c'est plutôt une très mauvaise nouvelle surtout avec l'invasion de spéculateurs qui chassés du RU vont venir encore plus nous dépecer et avec votre lubie du jour voulant nous faire croire à un retour de la souveraineté non mais ho vous savez qu'il existe le lithium pour lutter contre la bipolarité ?

Vite un frexit.
Réponse de le 13/01/2020 à 18:23 :
Avec une monnaie dévaluée de 25 % pour commencer avec le frexit la plupart des entreprises performantes seraient achetées à des prix dérisoires par des pays à monnaie forte.
Réponse de le 14/01/2020 à 9:25 :
@ multipseudos:

Pas de frexit sans retour de souveraineté politique

Est-ce que tu sais ce que veux dire le mot souveraineté déjà ? Et tout ce que cela offre de possibilités de s'épanouir économiquement.

ET si je peux pas et-c...

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