Avant le Brexit, le déficit commercial se creuse encore en France

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Au total, les exportations se sont repliées de 1%, à 42,5 milliards d'euros, après avoir bondi de 4,2% en décembre.
Au total, les exportations se sont repliées de 1%, à 42,5 milliards d'euros, après avoir bondi de 4,2% en décembre. (Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
Le déficit commercial français s'est creusé en janvier pour atteindre 4,2 milliards d'euros, contre 3,6 milliards en décembre, en raison notamment d'un recul des exportations automobiles et des produits pétroliers raffinés, ont annoncé les douanes vendredi.

Le commerce extérieur français est loin d'avoir retrouvé des couleurs. Selon les derniers chiffres de l'administration des douanes publiés ce vendredi 8 mars, le déficit commercial s'est creusé au mois de janvier de 600 millions d'euros pour atteindre 4,2 milliards d'euros. Il a augmenté par rapport au déficit de décembre, qui a été révisé à 3,6 milliards d'euros en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés (CVS-CJO), contre 4,7 milliards auparavant . Ces révisions sont liées à des changements méthodologiques précise l'administration de Bercy dans un communiqué. Au final, les exportations se sont repliées de 1% après leur fort rebond en décembre (4,2%), pour atteindre un total de 42,5 milliards d'euros. De leur côté, les importations ont ralenti à 0,4% contre 1,2% en décembre pour atteindre un montant de 46,7 milliards d'euros.

Cette semaine, l'OCDE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la France à 1,3% en 2019 contre 1,5% en 2018. Le coup de frein prévu des grandes économies de la zone euro, notamment l'Italie et l'Allemagne, ne devraient pas tirer les exportations tricolores vers le haut. Enfin, les derniers rebondissements politiques au Royaume-Uni ont plongé les industriels dans le flou le plus total. La mise en oeuvre d'un Brexit sans accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne et l'application des règles de l'organisation mondiale du commerce (OMC) pourraient avoir des répercussions sur quelques secteurs stratégiques. Selon une récente interview accordée à La Tribune du directeur  du centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII) Sébastien Jean :

"Les secteurs les plus directement touchés seraient ceux ayant des chaînes d'approvisionnement complexes et réparties entre le Royaume-Uni et le continent, comme l'aéronautique ou l'automobile. L'agriculture pourrait également être touchée, il s'agit d'un secteur sensible pour la France dans ce contexte, notamment s'agissant des produits laitiers (fromages notamment), de l'élevage, du vin et des préparations alimentaires."

> Lire aussi : Le coup de frein sur l'économie mondiale plus marqué que prévu

Les hydrocarbures ont plombé le déficit commercial

Les mauvais résultats du début de l'année s'expliquent en bonne partie par une dégradation du solde pour les hydrocarbures naturels "du fait du rebond marqué des approvisionnements [...] et d'un repli des livraisons". La détérioration de la balance commerciale est également très visible pour le pétrole raffiné, en raison d'un recul des ventes.

Du côté de l'industrie automobile, les chiffres se dégradent après une nette amélioration en décembre. "Cela s'explique par le repli partiel des exportations qui l'emporte sur la nouvelle baisse des importations." Les services des douanes soulignent que ce moindre dynamisme s'explique par une baisse des livraisons de véhicules à l'Union européenne en janvier, notamment à l'Allemagne, la Belgique, l'Italie et le Danemark. En revanche, l'excédent de la balance commerciale des produits aéronautiques et spatiaux a rebondi en début d'année après un repli partiel des importations. Au mois de janvier, les livraisons d'Airbus ont atteint 2,1 milliards d'euros pour 22 appareils contre 3,3 milliards d'euros pour 43 appareils en décembre.

Par zone géographique, le déficit avec les pays hors Europe s'est réduit à 3,29 milliards d'euros (3,70 milliards en décembre). Celui avec les autres pays de l'Union européenne s'est accru à 2,39 milliards (contre 1,69 milliard). Avec la seule zone euro, il s'est inscrit à 2,93 milliards contre 2,68 milliards un mois plus tôt.

Une balance des transactions courantes favorable

Les résultats de la balance des transactions courantes sont encourageants. Selon les données communiquées par la banque de France ce vendredi matin, le solde est excédentaire de 900 millions d'euros en janvier alors qu'il était déficitaire de 100 millions d'euros en décembre en statistiques corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés. "Cette amélioration est principalement due à celle du solde des biens, dont le déficit se réduit de 1,4 milliard d'euros malgré la hausse de la facture énergétique, du fait de l'amélioration des échanges hors douanes. Le solde des services quant à lui continue à être excédentaire, à 2,7 milliards d'euros" souligne ministère de l'Économie.

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Commentaires
a écrit le 12/03/2019 à 8:16 :
plus il y a de fonctionnaires et plus il y a de chômeurs : comparez donc les chiffres de 1980 et ceux de 2017 par exemple !
nb fonctionnaires 1980 : 2.6 millions, nb chômeurs 1.9 millions
nb fonctionnaires 2017 : 6.5 millions, nb chômeurs 8.4 millions
a écrit le 11/03/2019 à 19:13 :
Notre pays poursuit sa chute, sans parler des déficits gigantesques. Le mur est proche et le gouvernement ne fait rien pour réformer ce pays.
a écrit le 11/03/2019 à 19:04 :
N'oublions pas que sur une année pleine, il faudra sans doute y rajouter environ 5 Milliards de plus suite à la relance de 10 Milliards suite aux gilets jaunes.
a écrit le 11/03/2019 à 16:59 :
A force de faire les pitres, de s'occuper de fanfreluches ou discourir sur le sexe des anges aucun étonnement à ce que le déficit commercial continue à se creuser en participant à la dette qui augmente inéluctablement, l'indigence de ce gouvernement atteint des sommets vertigineux !
Réponse de le 12/03/2019 à 7:42 :
Gouvernement d'incompétents bornés dirigé par un financier nul
a écrit le 11/03/2019 à 13:56 :
La France ne comprend jamais rien et nos politiques sont des croutons de l'âge de pierre, depuis les années 80 on a toujours un coup de retard, regardez l'autre naif qui veut taxer les GAFA tout seul , waooo belle Europe ! On est un musée avec des traditions qui plaisent beaucoup mais ces débiles vont maintenant s'acharner sur les locations et l'immobilier, bref le dernier rempart avant la fin ! Sj on y ajoute un changement sociologique drastique ça sent le sapin ! Ce qui devait arriver va se produire on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas !
Réponse de le 11/03/2019 à 15:51 :
@cycle: Je ne suis pas sûr d''être plus brillant que nos politiques: suivant je ne sais plus quel économiste, je m'étais imaginé qu'une bonne gouvernance se traduisait par un solde positif de la balance des paiements quel que soit celui du commerce extérieur, mais il semble que je m'aie gouré. De toute façon, je parie que cela se traduira par une nouvelle taxe ou un nouvel impôt: nos politiques y excellent!
a écrit le 11/03/2019 à 12:59 :
Macron a relancé le pouvoir d'achat en distribuant 10 milliards d'euros puisés en augmentant la dette. Cet argent va aider nos voisins qui ont une croissance faible, à nous vendre diverses produits. Pour les anciens , c'est exactement ce qui est arrivé en 1981 quand Mitterrand à fait une politique de relance en creusant le déficit budgétaire. Résultat , 2 ans plus tard , on a failli être géré par le FMI.
a écrit le 11/03/2019 à 12:14 :
Les Gilets jaunes sont bien gentils de vouloir redistribuer des richesses non engrangées... mais en attendant l'économie française s'appauvrit et est de moins en moins compétitive ! Ils proposent quoi, les GJ ???
Pire : ce sont les services et les touristes qui maintiennent la balance des paiement en positif : c'est les samedis que les GJ essaient d'attirer les touristes ???
Réponse de le 11/03/2019 à 18:52 :
Ils proposent l'égalité dans la pauvreté. C'est pas loin de la philosophie de Chavez et de son thuriféraire bien connu.
a écrit le 11/03/2019 à 11:26 :
La France encore une fois de plus en déficit de la balance commerciale!, et ces irresponsables qui font la guerre aux sites de locations touristiques genre airbnb alors que notre première industrie qu'on ne pourra jamais nous piquer c'est le tourisme, le choix de refuser la création de richesses plutôt que de construire ou reconstruire dans des lieux qui ont moins d'intérêt ou repeupler les régions qui en ont besoin et ou les emplois qui ne manquent pas.
Déjà dans les années 60 on apprenait à l'école que 5% du tourisme étranger bouclait le déficit de la balance commerciale, faut lacher la bride, 1 milliard de déficit c'est 10000 emplois de perdus.
a écrit le 11/03/2019 à 9:20 :
"Avec la seule zone euro, il s'est inscrit à 2,93 milliards contre 2,68 milliards un mois plus tôt"

C'est donc l'Europe qui nous plombe. Original...
Réponse de le 11/03/2019 à 10:26 :
L' UE tue la France et dans le même temps qu' elle tue l' Europe ; Frexit comme un Brexit, UPR vite, pour que la France dans l' Europe vive ..
Réponse de le 11/03/2019 à 11:13 :
Frexit oui c'est une bonne idée facilement argumentable, gerxit même, beaucoup mieux, UPR non, désolé les gars vous manquez bien trop de sérénité dans vos commentaires.

Par ailleurs vous passez sans arrêt sur la critique indispensable de notre oligarchie comme tous les vieux partis actuels donc, aucune remise en question de la caste dirigeante alors que c'est celle-ci qui nous a précipité volontairement car pour son seul intérêt dans le cauchemar du consortium financier européen.
a écrit le 11/03/2019 à 9:16 :
La France veut punir et pousse l'UE à punir les anglais pour être sorti de l'UE. A la fin la France pourrait être le premier perdant, caar les autres préfère de continuer à faire du Business.
Effet Boumerang.
Réponse de le 11/03/2019 à 10:03 :
Elementaire mon cher Watson.
a écrit le 11/03/2019 à 9:09 :
Bravo les petits suppôts européistes ne pourront pas loger la cause de l' échec de la France rincée par l' UE sur le Brexit ...
a écrit le 11/03/2019 à 8:58 :
Quand les neuneus administratifs qui font semblent de gouverner le France, découvriront que c'est le manque d'offre qui fait le déficit , et que la production à valeur ajoutée n'a rien à voir avec les créations de postes de fonctionnaires, et ne se fait pas par décret, ils auront fait un pas vers la solution..

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