Conjoncture : le déficit commercial se dégrade à nouveau

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Les perspectives pour 2019 ne sont pas très favorables.
Les perspectives pour 2019 ne sont pas très favorables. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Le déficit commercial de la France s'est creusé de 1 milliard d'euros à 5,1 milliards d'euros en novembre, sous l'effet d'un net repli des exportations, plus marqué que le recul des importations, selon les statistiques publiées ce mardi par les Douanes.

Les nuages se multiplient pour les échanges extérieurs français. Selon les derniers chiffres des douanes publiés ce mardi 8 janvier, le déficit commercial s'est creusé de 1 milliard d'euros à 5,1 milliards d'euros en novembre. De janvier à novembre, le déficit cumulé de la balance commerciale française atteint ainsi 58 milliards d'euros, contre 60,7 milliards pour la même période en 2017.

Dans leur dernière note de conjoncture, les économistes de l'Insee soulignent que la contribution du commerce extérieur au produit intérieur brut (PIB) serait favorable sur l'ensemble de l'année 2018 (0,6 point contre 0,1 point en 2017). En revanche, les perspectives pour 2019 sont beaucoup moins favorables. La contribution du commerce extérieur à la croissance serait négative (0,3 point). Les tensions qui pèsent actuellement sur le commerce mondial pourraient avoir des répercussions négatives sur les échanges tricolores. Si la bataille économique entre les Etats-Unis et la Chine ne concerne qu'une faible partie des échanges commerciaux de la planète, elle peut contribuer à créer un climat d'incertitudes régulièrement mis en exergue par les institutions internationales dans leurs projections économiques.

> Lire aussi : Mondialisation : ralentissement du commerce international

Repli dans l'industrie navale

En novembre les importations sont reparties à la baisse, reculant de 1,8% après avoir enregistré une hausse de 2,3% le mois précédent, et ont atteint un montant de 46,3 milliards d'euros. Les exportations ont parallèlement fortement reculé, accusant une baisse de 4,4% après avoir bondi de 6,1% en octobre, pour s'établir à 41,2 milliards d'euros.

La dégradation du mois de novembre pour les exportations est liée "au repli des livraisons de l'industrie navale suite au montant exceptionnel des ventes du mois dernier. Les livraisons de "paquebots, bateaux de croisières et navires similaires" avaient connu un pic au mois d'octobre selon le communiqué du service des douanes.

Dans l'aéronautique et le spatial, la détérioration du solde commercial est plus mesurée. "Les ventes, tout en se repliant, se maintiennent à un haut niveau, tandis que le tassement des achats perdure." Les douanes précisent que, en novembre, les livraisons d'Airbus ont atteint 3,15 milliards d'euros pour 39 appareils contre 3,2 milliards d'euros pour 41 appareils (dont un A380) en octobre. "Avec ces résultats élevés, respectivement les cinquième et quatrième meilleures performances absolues de l'avionneur, la très nette relance de ses livraisons définitives à l'étranger s'affirme en cette fin d'année."

Par zone géographique, le déficit avec l'Union européenne s'est réduit légèrement en novembre. La balance commerciale s'est améliorée notamment avec l'Espagne, le Portugal. Au total, le déficit avec les pays de l'Union européenne (UE) atteint 2,69 milliards en novembre (contre 2,71 milliards le mois précédent). Avec la seule zone euro, il s'est inscrit à 3,22 milliards contre 3,42 milliards un mois plus tôt. En revanche, la balance commerciale s'est dégradée avec le Royaume-Uni en raison du repli des exportations après la poussée du mois d'octobre. Les incertitudes qui entourent l'issue du Brexit pourraient encore peser à l'avenir sur les échanges extérieurs des deux côtés de la Manche. Au total, le déficit avec les pays hors Europe s'est creusé à 3,59 milliards d'euros en novembre, contre 2,87 milliards le mois précédent.

L'amende de la Société générale plombe la balance des paiements

Du côté de la balance des paiements (qui prend en compte l'ensemble des flux d'actifs, réels, financiers et monétaires) s'est dégradée selon le communiqué de la Banque de France publié ce mardi. Selon l'institution bancaire, le déficit s'est creusé à 2,8 milliards euros en novembre contre 0,3 milliard euros en octobre. Cette détérioration s'explique principalement par les mauvaiss chiffres du commerce extérieur de biens passant de -3,1 milliards à -4,3 milliards entre octobre et novembre. De son côté, la balance des services reste excédentaire et au même niveau (2 milliards).

L'autre facteur qui a pu peser sur la dégradation du solde est le  versement exceptionnel d'une amende de 1,3 milliard de dollars pour la résolution d'un litige de la Société Générale auprès des autorités américaines pour mettre fin aux enquêtes relatives à des violations d'embargos aux Etats-Unis. Ce règlement exceptionnel devrait permettre aux chiffres des échanges extérieurs tricolores de se redresser en fin d'année 2018.

> Lire aussi : Violation d'embargos : Soc Gen pense payer 1,1 milliard d'euros d'amendes aux Etats-Unis

Les tensions sur le commerce mondial restent bien présentes

Au début du mois de décembre, le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont marqué une pause dans la bataille commerciale entamée quelques mois auparavant. Alors que le milliardaire américain avait prévu une hausse des taxes à partir du premier janvier dernier, les deux chefs d'Etat ont décidé de se laisser 90 jours pour tenter de trouver un accord en marge du G20 organisé à Buenos Aires. Depuis le début de la semaine, Pekin et Washington ont repris des négociations commerciales dans un dialogue "positif et constructif" selon des propos d'un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères rapportés par l'agence Reuters. Mais les différends entre les deux premières puissances économiques mondiales sont loin d'être résolus notamment en matière de propriété intellectuelle ou d'ouverture commerciale.

Dans ce contexte toujours tendu, les économistes de l'Insee anticipent une baisse des exportations française en dépit d'une demande mondiale à la France encore soutenue. L'institut de statistiques notent "un retour à la normale des livraisons aéronautiques. Elles reculeraient au premier trimestre malgré la livraison d'un grand contrat naval (-0,3 %) et se stabiliseraient au printemps."  Au final, les exportations marqueraient le pas en 2018 et en ce début d'année 2019.

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Commentaires
a écrit le 09/01/2019 à 8:55 :
Ben oui mais c'était ça "NOTRE PROJET !!!"

Du déficit, du chômage de masse, de la paupérisation, de la crise...
a écrit le 09/01/2019 à 5:01 :
Existe t-il une annee excedentaire en ce domaine depuis 30 ans ?
a écrit le 08/01/2019 à 19:14 :
Normale avec les premiers A380 qui reviennent pour être démonter.
a écrit le 08/01/2019 à 19:03 :
"Conjoncture" bah oui bien sur, et aussi l'effet des astres xD

C'est surtout l'économie financière qui fait ca, pas de production = pas d'exportation, c'est tout
a écrit le 08/01/2019 à 16:21 :
Le choix qui fut réalisé il y a une trentaine d'année par des idéologues se paie aujourd'hui. Si on ne met pas fin aux délires de la mondialisation (comme aux US et en Chine) l'école, les soins deviendront payants et ce pays sera dirigé par un technocrate de Bruxelles.. Nous savons que certaines ventes très médiatisées se font sous contreparties. Alors lorsqu'on est une autorité on décide, plus difficile que de faire les yeux noirs aux jaunards..
a écrit le 08/01/2019 à 14:56 :
La Fr a t-elle des trucs à vendre ?

-37.5% de part d'Air'Bus : bientôt fini, techno offerte aux chinois

-Ferroviaire, techno offerte aux chinois, n°1 mondial, et Bruxelles interdit la fusion
Alsthom-Siemens,

-après avoir interdit la fusion Legrand-Schneider

-Et Macron dès Mai 2017, a viré Le Drian et les siens des Armées,
où il explosait les records à l'export
" remplacé " par Parly secrétaire d'état aux armées sous Darmanin.
Plus de nouveaux contrats, fini.
a écrit le 08/01/2019 à 13:29 :
Le commerce extérieur, c'est comme le PIB. Faudrait s'interroger sur les méthodologies et donc la pertinence des calculs. Vous parlez de l'impact de la construction navale dans la balance commerciale : celle-ci est comptabilisée régionalement dans la balance de l'Ile de France, alors que les navires sont produits en Bretagne, Normandie, Paca... C'est un peu le même raisonnement avec les pièces détachées qui viennent des quatre coins du monde. Un produit made in France comme made in Germany est majoritairement fait de pièces étrangères. Je suis sûr qu'on aurait de belles surprises si on calculait les exportations allemandes stricto sensu... Il y a une sacrée prime statistique à l'assembleur et au maître d'œuvre.
a écrit le 08/01/2019 à 13:22 :
Conjoncture : le déficit commercial se dégrade à nouveau

* l'économie s'effondre

* la misère, la pauvreté, la précarité s'étalent

Macron, Philippe, Lemaire, Griveaux, Castaner abîment la France

ils se dispersent et plongent dans la médiocre recherche de brutalité envers le Peuple de la France

voila à quoi aboutit l'Europe de Bruxelles

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