Baisse des dotations des CCI : étaler le coup de rabot ?

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L'Etat tire sur son meilleur allié dans les territoires pour relayer sa politique économique, estime Pierre Goguet, président de CCI France.
"L'Etat tire sur son meilleur allié dans les territoires pour relayer sa politique économique", estime Pierre Goguet, président de CCI France. (Crédits : Marie Lyan)
Dans son budget pour 2018, le gouvernent prévoit une coupe de 150 millions dans les recettes des Chambres de commerce et d'industrie. Les intéressées demande un étalage de cette réduction sur le quinquennat, le temps de s'adapter.

"Immeuble de bureaux de 13.000 mètres carrés au cœur d'Evry. [...] Seules propositions sérieuses seront étudiées.". Début octobre, la Chambres de commerce et d'industrie (CCI) de l'Essonne mettait ironiquement en vente ses locaux sur le site Le Bon Coin. Un coup de com' pour dénoncer le choix du gouvernement de sucrer 150 millions d'euros au réseau consulaire dès l'année prochaine, en abaissant de 17% la taxe pour frais de chambre (TFC).

La mesure est incluse dans le budget 2018. Ce dernier, voté en première lecture à l'Assemblée, est à l'étude au Sénat. Le président de CCI France, l'établissement national qui fédère le réseau des chambres de commerce, Pierre Goguet, dénonce mercredi ce coup de rabot brutal. Il demande aux parlementaires "d'étaler cette baisse sur la mandature", soit 30 millions d'euros par an sur le quinquennat. L'idée est de "donner de la visibilité" aux établissements, afin qu'ils s'adaptent sans dégrader la qualité de leurs services.

2.000 emplois menacés

"On pensait que le plus dur était derrière nous", a confié Pierre Goguet. La TFC, seule ressource pérenne des CCI qui sert à financer les dépenses de fonctionnement, a déjà fondu de 35% sur le quinquennat précédent, passant de 1,4 milliard d'euros en 2012 à 900 millions d'euros aujourd'hui - un montant inférieur à 2002. Pour faire face à sa baisse, le réseau consulaire a procédé à 2.000 suppressions de poste en 2015 et 2016, ainsi que réduit de moitié ses investissement dans les territoires.

Si ce nouveau coup de rabot venait à se confirmer, les CCI devront à nouveau se séparer de 2.000 salariés. Sur les 115 établissements du réseau, "une quarantaine serait fragilisée et certains passeraient sous tutelle du préfet", selon le président de CCI France.

Entre les projets de l'exécutif sur la formation et l'apprentissage, les concertations sur la loi TPE-PME... les CCI sont pourtant sollicitées pour mettre en œuvre la politique économique du gouvernement. "On ne comprend pas cette asymétrie entre le discours et les moyens", a pointé Pierre Goguet. "L'État tire sur son meilleur allié dans les territoires pour relayer sa politique économique."

| Lire aussi  André Deljarry : "Si l'État veut la mort des CCI, qu'il le dise !"

Vers un rapprochement avec les Chambres des métiers et de l'artisanat

Dans cette perspective de baisse des recettes, Eric Martin, député LREM de Côte-d'Or, a déposé un amendement début octobre suggérant l'étude d'un rapprochement, voire d'une fusion, entre les CCI et les Chambres des métiers et de l'artisanat (CMA) - également destinataire de la TFC.

Une mission d'inspection menée par Bercy est en cours. Elle doit se terminer fin décembre pour les CCI et fin février pour les CMA.

Interrogé mercredi sur cette éventualité d'un rapprochement, le président de CCI France ne s'y oppose pas "si c'est fait de façon intelligente", notamment pour les questions transversales comme la formation au numérique par exemple.

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En bref, le réseau des CCI c'est notamment :

  • 21.263 salariés en équivalent temps plein (2016);
  • Des missions d'accompagnement des entrepreneurs sur plusieurs thématiques, de la gestion des ressources humaines à la création, reprise ou cession d'entreprises;
  • Le financement et la gestion d'établissements de formation : les centres de formation d'apprentis (CFA), les écoles supérieures de commerce...
  • Un réseau de 120 établissements à l'étranger, les CCI France International (CCIFI).

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Commentaires
a écrit le 23/11/2017 à 20:03 :
La cci de Grenoble a acheté des immeubles à paris.
En quoi ces immeubles parisiens servent-ils les intérêts des entreprises iséroises qui ont payé ces immeubles à travers le versement de leur taxe à la cci de Grenoble ?
Les cci sont droguées à l'argent public facile et automatique, passant plus de temps à faire plaisir à quelques privilégiés aux dépens de la majorité silencieuse et travailleuse.
a écrit le 23/11/2017 à 12:26 :
le dilettantisme de cette équipe peut elle y remédier ?
a écrit le 23/11/2017 à 11:26 :
Bruxelles commence à s'apercevoir que mr MACRON ne va pas assez vite dans la modernisation de nos structures il a annoncee pas mal de taxes ou taxes deguisees
genre bloquage livret A FORTE augmentations autoroutes,csg, peut etre + 0,3 taxes apprentissage taxe exemptionnelle de 33 à 38 voir 43
mais rien sur des economies relles ex budget elysee + 3%
a écrit le 23/11/2017 à 5:19 :
Les supprimer carément, cela ne sert ABSOLUMENT à rien, Vous y allez soit ils roupillent, soit, ils ne savent pas . Tiens dans la meme charette le Conseil economique et social et j'en oublie
a écrit le 23/11/2017 à 5:18 :
Les supprimer carément, cela ne sert ABSOLUMENT à rien, Vous y allez soit ils roupillent, soit, ils ne savent pas
a écrit le 23/11/2017 à 4:52 :
Il est temps de faire participer les entreprises adhérentes au sauvetage des CCI:rappelons que les CCI offrent un service gratuit aux entrepreneurs,or tout a un cout.
a écrit le 22/11/2017 à 19:33 :
LA FRANCE A VECUE AU DESSUS DE CES MOYENS? IL EST TEMPT DE FAIRE DES ECONOMIES ET DE REMBOURSE LA DETTE DU AUX CE QU ON APPELLE LE MILLE FEUILLE PUBLIC????
a écrit le 22/11/2017 à 18:56 :
Les CCI sont obèses, gavées d'argent public, gérées par des potentats locaux avec des casseroles bruyantes assourdissantes

les CCI portent de lourdes responsabilités dans la "désindustie" massive,

leur utilité devrait être de s'activer pour faire venir des clients étrangers en France donner du travaille aux entreprises françaises

tous les matins, tous les midis, tous les soirs 7 jours sur 7 12 mois sur 12,
leur devoir devrait être de dénoncer les abus des travailleurs détachés, dénoncer les abus de l'évasion fiscales d'entrepreneurs véreux,

mais que font ces CCI, leurs fonctionnaires carriéristes et leurs stagiaires amateurs incompétents notoires brassent de l'air en local pour faire voir qu'ils existent,

les CCI sont très contreproductives, il convient de les fermer, renvoyer leurs salariés chez eux sans indemnités, ils créeront leurs auto-misères pour faire voir leurs drôles de talents
Réponse de le 23/11/2017 à 0:42 :
J'ai été Membre Titulaire. Démissionné : dégouté par ces réunionites inutiles, gavé chaque semaine de centaines de pages de rapport. Cà sert individuellement pour se faire un réseau perso, influence et pistons.
a écrit le 22/11/2017 à 18:34 :
Une anecdote : j'avais été embauché par une CCI du sud de la France comme agent de maintenance en CDD de six mois. On était quatre ! Je n'avais rien à faire. Le lustre central comportait au moins cent ampoules et il fonctionnait en permanence. Il y avait une foultitude de gens payés des fortunes et qui... me semblait ne rien avoir à faire. J'ai fui, sans même demander que me soit payés mes trois jours de présence où je n'avais rien eu à faire du tout. Tout non-travail ne mérite pas salaire !
a écrit le 22/11/2017 à 17:41 :
Il faudrait remettre les «  pendules à l’heure »
Ce n’est pas un «  coup de rabot »
Ça fait partie exactement , utilisons les «  termes exactes et réelles »
C’est un programme prévu dans le cadre de la modernisation et transition numérique.
Donc message pour les entreprises : ne rêvez pas : les taxes ne baisseront pas pour les entreprises , bien au contraire...

La cci par «  cet argument » non fondé va augmenter la taxe des adhérents...
Maintenant on comprend pourquoi les entreprises étrangers se barrent de la France

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