Barnier réunit ses ministres en séminaire pour se projeter après le budget
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« Vision à 5 ans, action à 3 ans », tel est le nouveau leitmotiv à Matignon.
Stephanie Lecocq
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« Vision à 5 ans, action à 3 ans », tel est le nouveau leitmotiv à Matignon.
Stephanie Lecocq
[Article publié le lundi 4 novembre, à 7h05, mis à jour à 16h32]
Michel Barnier s'inscrit sur le long terme. Le chef du gouvernement a réuni ce lundi matin ses ministres en séminaire. Et ce, sans se soucier de l'épée de Damoclès du vote d'une motion de censure en décembre quand il engagera vraisemblablement la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter définitivement le projet de loi de finances. « Nous ne sommes pas là seulement pour gérer le déficit. Nous sommes là pour améliorer le fonctionnement du pays et pour créer du progrès », a-t-il dit à ses ministres, désireux de « relever la ligne d'horizon (avec) une vision de cinq ans (et un) plan (d'action) à trois ans », en référence à 2029, date fixée pour le retour de la France dans les clous budgétaires européens et à 2027, prochaine élection présidentielle.
Après un premier séminaire en septembre pour préparer sa déclaration de politique générale, le Premier ministre veut aussi et surtout par cette deuxième « rencontre collective », puis une troisième en décembre, « aboutir à des propositions concrètes sur les priorités des Français » qui seront présentées dans un plan d'action, selon son entourage.
Au menu, ce lundi depuis 09h00, de la quarantaine de ministres, cinq thématiques : État/collectivités, travail/prestations sociales (« encourager le travail »), immigration/intégration (« encadrer l'immigration pour mieux intégrer »), outre-mer et simplification. Un ministre référent a piloté chaque thématique avec pour objectif de définir « une ou deux mesures prioritaires » à mettre en œuvre, selon Matignon.
En matière de travail, le gouvernement s'est penché sur la mise en oeuvre de « l'allocation de solidarité unique » à partir des expérimentations en cours sur la solidarité à la source, afin d'aboutir à « un vrai différentiel » entre le travail et la solidarité. Pour « financer notre modèle social et si on veut le conserver, il faudra travailler davantage », a affirmé lundi le ministre de l'Economie, Antoine Armand.
En matière d'immigration, autre sujet clivant, le premier semestre 2025 sera consacré à « transposer » en France le pacte européen sur l'asile et la migration, selon le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau. Enfin, sur l'Outre-mer, dossier que Michel Barnier a repris en main, le ministre François-Noël Buffet a proposé que chaque territoire « fasse l'objet avec les acteurs locaux d'un diagnostic pour dégager une stratégie de développement » à terme.
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Le séminaire s'est conclu par un déjeuner « dans un objectif de cohésion » alors que la coalition entre la droite et le bloc central s'illustre par ses désaccords sur nombre de sujets, dont l'immigration. Le Premier ministre a ainsi demandé à ses équipes de « Veiller à l'esprit d'équipe et au collectif », selon les services de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, alors que les désaccords se multiplient autour du budget.
Le manque d'unité se voit quasi quotidiennement à l'Assemblée sur les textes budgétaires peu défendus ou même contestés par une partie de la majorité. Le gouvernement a été ainsi défait à de nombreuses reprises sur les questions fiscales, le dernier exemple en date étant la refonte des cotisations patronales rejetée jeudi par les macronistes, la droite et le Rassemblement national.
« Il y a un besoin que, dans le pack qui s'est constitué autour de Michel Barnier, on essaie de définir ce sur quoi on est d'accord pour que ça suscite une forme de mobilisation », avait déjà reconnu dimanche sur France Inter le chef de file des députés Modem Marc Fesneau, en appelant le gouvernement à « tenir compte des débats parlementaires », par exemple la pérennisation de la surtaxe sur les hauts revenus votée par la gauche et le Modem.
Dans le même temps les députés reprendront l'examen de la partie recettes du budget de la Sécurité sociale avec à la clé un probable rejet, ce qui vaudrait refus de l'ensemble du texte. Le volet dépenses ne serait alors pas examiné, ce qui épargnerait au gouvernement une discussion perdue d'avance sur le report au 1er juillet de l'indexation des retraites, honni de toutes parts.
Les députés s'attelleront ensuite de nouveau aux discussions sur la partie recettes du budget de l'État alors qu'il reste quelque 1.500 amendements à débattre. Un rejet est attendu, comme en commission, la majorité ne cautionnant pas les milliards de recettes supplémentaires votées par les députés du Nouveau Front populaire. Là aussi, un feu rouge emporterait l'ensemble du texte qui partirait au Sénat dans sa version originale, avant une commission mixte paritaire pour que les deux chambres tentent de se mettre d'accord sur une version commune.
Au bout du processus, le gouvernement ne devrait cependant pas pouvoir échapper à un 49.3 pour faire adopter ses deux textes budgétaires, la gauche et le RN ayant déjà annoncé leur intention de voter contre.
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(Avec AFP)
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