Bruno Le Maire prépare deux plans d’économies

Nicolas Prissette
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Le 10 février à l’hôtel Matignon.
© MIGUEL MEDINA/AFP

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Sortir du déni, vite. Bruno Le Maire s'apprête à annoncer une substantielle mise à jour de la prévision de croissance pour 2024. Pour le ministre de l'Économie, il y a urgence à remettre les pendules à l'heure. Il en va non seulement des comptes du pays mais aussi de la campagne de la majorité pour les élections européennes. Hier, les ministres réunis en séminaire ont pu l'entendre, ainsi que son ministre délégué au budget, Thomas Cazenave, exposer la situation dégradée des finances publiques.
De quoi s'agit-il ? L'objectif officiel d'une hausse du PIB de 1,4 % cette année, adopté dans la loi de finances à la fin de l'an dernier, a perdu toute crédibilité. La conjoncture est plus mauvaise que prévu. Jeudi, la Banque de France a confirmé que l'économie française tournait au ralenti, le premier trimestre oscillant entre +0,1 % et +0,2 %. Les experts de Bercy tableraient désormais, officieusement, sur 0,9 % pour l'ensemble de l'année.
L'écart avec la prévision initiale peut sembler minime, mais il signifie un « trou » d'une petite dizaine de milliards d'euros dans les caisses, par manque de recettes fiscales et sociales. Sans compter les 400 millions d'euros lâchés aux agriculteurs. En conséquence, le déficit ne pourra pas être contenu à 4,4 % du PIB, chiffre inscrit dans la loi de finances et promis aux partenaires de la zone euro. Un dérapage qui place Gabriel Attal devant un dilemme.
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D'un côté, pour éviter que la dette ne s'enfonce davantage dans le rouge, l'exécutif devrait freiner les dépenses, au plus tôt. Il s'agit de prendre des mesures « justes, ciblées et temporaires », a plaidé un participant au séminaire ministériel hier. Une telle option rassurerait sans doute les agences de notation financière, qui vont publier leur évaluation des comptes tricolores en pleine campagne des européennes. Moody's doit se prononcer le 26 avril, et Standard & Poor's, fin mai. Une baisse de la note fournirait un carburant supplémentaire aux droites radicales, qui auraient beau jeu de fustiger une forme de laxisme. Impensable pour les ministres de Bercy.
Nicolas Prissette