Impôts : « Il ne faut pas faire d'opération punitive », alerte Jean-François Husson (LR), rapporteur du budget au Sénat
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Le sénateur (LR) Jean-François Husson.
Reuters
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Le sénateur (LR) Jean-François Husson.
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LA TRIBUNE- Le chef du gouvernement Michel Barnier a ouvert la brèche à de possibles hausses d'impôt. Quelles seraient les pistes à explorer selon vous ?
JEAN-FRANCOIS HUSSON- Le président de la République Emmanuel Macron par sa décision insensée de dissoudre l'Assemblée a mis la France sous tensions. Je me refuse aujourd'hui à dire de mettre des lignes rouges. Il faut regarder qui est prêt à accepter de se mettre autour de la table pour se retrousser les manches et conduire une opération de redressement des comptes publics. Il ne faut pas faire d'opération punitive. Ce serait terriblement injuste. Ce ne sont pas les Français qui sont responsables. Les choix du gouvernement ont conduit à une dépense folle et une gabegie.
Il faut d'abord faire un inventaire pour réduire la dépense publique. Le sujet de l'augmentation des taxes et impôts est sensible. L'ancien ministre des Finances et désormais président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, avait sonné l'alerte sur le ras-le-bol fiscal il y a 10 ans. Je pense que les hausses d'impôt ne sont pas la priorité, mais je n'exclus rien. Il faut regarder quelles mesures peuvent être prises. Certaines dépenses fiscales n'ont plus lieu d'être. Il faut être sincère et honnête à l'égard des Français.
Vous pensez à quelle dépense fiscale en particulier ?
J'ai identifié 150 possibilités de trouver des économies. Mais il faut des arbitrages et des priorités à fixer pour redresser nos finances. Des mesures pourraient être mises en oeuvre mais ne répondent pas forcément aux attentes du nouveau gouvernement ou des partenaires sociaux. Le but est d'avoir un laissez-passer et non pas une obstruction. La France a besoin d'un sursaut collectif.
Le Premier ministre Michel Barnier et Matignon n'ont pas envoyé les lettres de plafonds du budget aux parlementaires malgré l'insistance des élus. Comment expliquez-vous ce refus de Matignon de communiquer les documents ?
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Je comprends l'impatience des députés de l'Assemblée nationale, car ce sont eux qui vont attaquer l'examen du projet de loi de finances. Aujourd'hui, j'ai le regret d'avoir été compréhensif quand le ministre des comptes publics (Thomas Cazenave) m'a appelé à la mi-juillet pour me dire qu'il envisageait de ne pas adresser certains documents, contrairement aux obligations inscrites dans la LOLF (loi organique relative aux lois de finances). Le tiré-à-part donne la trajectoire budgétaire provisoire avant la présentation du projet de loi de finances en octobre. Je pensais que l'on aurait ce document début septembre. Mais le président de la République joue à un jeu dangereux depuis la dissolution.
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