(Article publié le 30 octobre à 14h16 et mis à jour à 18h47)
Après une première vague de réformes - notamment celle du Code du travail -, le gouvernement a lancé un nouveau volet en présentant, ce lundi, la feuille de route de nouvelles réformes : apprentissage, formation professionnelle, assurance chômage ou encore enseignement supérieur.
Concernant ce volet, le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, ont annoncé à la presse le "plan étudiants" du gouvernement comprenant les nouvelles mesures concernant l'entrée à l'université. Qu'en est-il ?
C'était le point plus attendu de ces annonces, l'accès au supérieur. Dans ses réformes, le gouvernement a annoncé la suppression de la sélection par tirage au sort pour entrer à l'université. Mais aussi, la mise en place d'un nouvelle plateforme "plus simple et plus transparente" pour remplacer APB. Une bonne nouvelle lorsque l'on sait qu'Admission Post-Bac avait laissé sans affectation plus de 3.700 bacheliers avant la rentrée.
Le gouvernement assure également vouloir permettre aux futurs étudiants de pouvoir énoncer "10 vœux maximum et non hiérarchisés pour éviter les choix par défaut".
Si les bacheliers pourront toujours choisir librement leur filière, l'accès pourra être conditionné au suivi d'enseignements de rattrapage. Le projet d'orientation des élèves sera examiné par le conseil de classe. Si la filière est saturée, un examen individuel des dossiers remplacera le tirage au sort - un système que le Premier ministre, Edouard Philippe a qualifié "d'affligeant". Concernant les classes préparatoires aux grandes écoles ou les BTS, les formations sélectives le resteront.
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Pour améliorer l'orientation des futurs bacheliers dès le lycée, le gouvernement promet plusieurs mesures dont notamment l'accompagnement individuel des élèves par deux professeurs principaux en classe de terminal. Deux semaines dédiées à l'orientation seront intégrées à l'année de terminale pour tous les élèves et des journées "voire des semaines d'immersion" dans les universités seront proposées aux lycéens.
3.000 "étudiants ambassadeurs" en service civique iront à la rencontre des lycéens pour les conseiller dans leur projet à venir. Edouard Philippe a annoncé qu'ils étaient, pour l'heure, en cours de recrutement.
D'autre part, le gouvernement entend renforcer le dialogue entre enseignement secondaire et enseignement supérieur.
Sans grande précision, le gouvernement entend la création d'un "contrat de réussite pédagogique" qui permettrait de mieux suivre le parcours de l'étudiant. Mais aussi, la personnalisation possible du premier cycle. Le tutorat et l'accompagnement des étudiants seront renforcés avec la nomination d'un directeur des études et de nouvelles formes de pédagogie - "par projet, pédagogie inversée, enseignements par les pairs...", a énuméré la ministre - seront encouragées.
Les établissements pourront proposer des cursus pluridisciplinaires ainsi que des cursus accélérés permettant d'obtenir la licence en deux ans.
Frédérique Vidal est partie d'un constat clair : "Notre système de sécurité sociale ne marche pas bien." Avant de poursuivre:
Ainsi, dès la rentrée 2018, les étudiants seront rattachés au régime général alors qu'ils dépendent actuellement d'un régime de sécurité sociale spécifique.
Dans la thématique "conditions de vie étudiante", le gouvernement entend créer de nouveaux centres de santé au sein des universités. Mais aussi mettre en place un soutien à la mobilité allant jusqu'à 1.000 euros pour un étudiant qui change d'académie.
Dernier point annoncé, l'engagement financier de l'Etat pour accompagner la réforme. Il est question d'environ 1 milliard d'euros. 450 millions d'euros tirés du Grand Plan d'Investissement qui aideront à la mise en place des nouveaux cursus, la modularisation, la mise en œuvre des contrats de réussite et l'accompagnement personnalisé des étudiants. Les autres 500 millions d'euros serviront, sur l'ensemble du quinquennat, à ouvrir des places, créer des postes dans "les filières en tension" (ouverture de 130.000 places) et à "valoriser l'engagement des enseignants dans la mise en place de la réforme".
En direct, les réactions n'ont pas tardé à fleurir, et ce notamment concernant le montant de la participation financière de l'Etat. Présidente du syndicat étudiant UNEF à Paris 2, Mélanie Luce, a écrit sur Twitter :
Avant même l'annonce, l'économiste Thomas Piketty a rappelé à ce sujet sur son blog du Monde que si "le débat sur le budget 2018 s'est jusqu'ici concentré sur la question des cadeaux aux plus riches, [...] il est important d'insister aussi sur le revers de la médaille, autrement dit sur les perdants du budget 2018, et en particulier sur le sacrifice de la jeunesse, à travers la chute de la dépense par étudiant dans l'enseignement supérieur".
Avec d'un côté, un nombre d'étudiants qui augmente (+20% entre 2008 et 2018) et, d'un autre, un budget de l'enseignement supérieur qui progresse de moins de 10% (en euros constants), la dépense par étudiant (toujours en euros constants) chute de 10%. Ce qui fait dire à Thomas Piketty :
Outre le montant de l'aide financière jugée insuffisante, l'accès à l'université est également controversée à l'UNEF. Le syndicat voit, à travers les mesures du gouvernement, par l'étude du dossier d'un futur bachelier une sélection pour entrer à l'université. La présidente de l'UNEF, Lila Lebas s'est exprimée sur RTL :
Et d'ajouter :
Le syndicat étudiant a également partagé, sur Twitter, sa pétition pour interpeller le gouvernement face à ce qui est vu comme une "sélection à l'université".
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Sur fond de tensions concernant les réformes sociales avec la réforme du Code du travail, les syndicats CGT, FO, Solidaire et FSU ont appelé à une journée de mobilisation le 16 novembre prochain. L'Unef, la Fidl et l'Unel s'y sont aussi associés afin de s'opposer à l'instauration d'une sélection à l'entrée de l'enseignement supérieur.
Un projet de loi sera présenté au conseil des ministres le 22 novembre
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(avec agences)
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