Budget : la Cour des comptes étrille les prévisions du gouvernement

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Ce constat ne fait que confirmer que la France, du fait du caractère incomplet de l’assainissement de ses finances publiques, ne dispose que de peu de marges budgétaires pour faire face à un retournement conjoncturel ou à une situation de crise, explique la Cour des comptes.
"Ce constat ne fait que confirmer que la France, du fait du caractère incomplet de l’assainissement de ses finances publiques, ne dispose que de peu de marges budgétaires pour faire face à un retournement conjoncturel ou à une situation de crise", explique la Cour des comptes. (Crédits : Charles Platiau)
Le ralentissement de la conjoncture européenne et les mesures d'urgence économique et sociale jettent un doute sur les scénarios envisagés par le gouvernement, explique la Cour des comptes dans son dernier rapport.

C'est un véritable désaveu pour le gouvernement. La Cour des comptes dans son dernier rapport public annuel publié ce mercredi 6 février remet en cause les perspectives économiques de l'exécutif envisagées à l'automne dernier.

« Le scénario macroéconomique du gouvernement, qui reste celui présenté en septembre 2018 lors du dépôt du projet de loi de finances, ne tient compte ni de l'impact macroéconomique des mesures prises en fin d'année, ni, en sens inverse, de la dégradation de la conjoncture survenue depuis lors en Europe. »

Évidemment, la crise sociale est passée par là et les grandes économies européennes marquent le pas, mais le gouvernement reste malgré tout optimiste. Lors de ses vœux aux acteurs de l'économie il y a quelques jours dans la salle de conférence Pierre Mendès France à Bercy, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire avait annoncé un chiffre favorable pour l'activité tricolore. « Nous maintenons notre prévision de croissance à 1,7% pour 2019, qui est proche des évaluations du Fonds monétaire international (FMI) et qui est soutenue par les mesures récentes du gouvernement en faveur des salariés. »

Alors que le Grand débat a débuté il y a déjà plusieurs semaines, la publication du document de la Cour des comptes, qui fait plus 1.000 pages, devrait alimenter les discussions. En effet, le thème de la fiscalité et des dépenses publiques fait partie des sujets très débattus.

Lire aussi : Grand débat : le casse-tête de la fiscalité « plus juste et plus efficace »

Des mesures en faveur du pouvoir d'achat

En rappelant que l'Insee « prévoyait ainsi un acquis de croissance de seulement 1% à la fin du premier semestre », l'institution financière met en doute la crédibilité des projections macroéconomiques du gouvernement.

« Avec ce chiffre, atteindre la prévision de croissance annuelle du gouvernement en 2019 supposerait une très forte progression du PIB, de 0,9% par trimestre au second semestre 2019, ce qui ne s'est pas produit depuis le premier semestre de 2006. [...] Ce scénario de finances publiques, préoccupant, est en outre affecté de multiples fragilités. En particulier, le scénario macroéconomique sous-jacent ne tient pas compte des informations conjoncturelles récentes, globalement plutôt défavorables à la croissance française, ni, en sens inverse, de l'impact des mesures adoptées fin 2018 et certaines mesures annoncées pour limiter la hausse du déficit, d'un montant total de 3,7 milliards d'euros, restent à concrétiser. »

Par ailleurs, les auteurs du rapport remettent en cause les prévisions d'inflation présentées dans le projet de loi de finances en évoquant notamment l'annulation des hausses de fiscalité énergétique et le gel des tarifs du gaz et de l'électricité. « En outre, les prix du pétrole ont nettement reflué en novembre et décembre 2018 : s'ils se maintiennent durablement au niveau atteint en début d'année 2019, ils devraient tirer vers le bas les prix des produits pétroliers par rapport à la prévision du PLF. »

Tous ces facteurs devraient contribuer à relancer le pouvoir d'achat mais il reste à savoir si ces gains vont se traduire en épargne ou dans la consommation.

Lire aussi : Les mesures "Gilets jaunes" devraient booster le pouvoir d'achat (des actifs)

La trajectoire budgétaire en doute

L'arsenal de mesures décidées par Emmanuel Macron le 10 décembre dernier à la suite des premières semaines de mobilisation des "Gilets jaunes" pourraient ajouter du flou sur les dépenses et recettes budgétaires en 2019. « Les prévisions de recettes de prélèvements obligatoires et de dépenses sont entourées d'incertitudes importantes. Déjà présentes pour certaines dans le PLF, elles ont été accrues du fait des mesures décidées en fin d'année 2018. » Des doutes subsistent notamment sur l'élargissement de la prime d'activité aux salariés autour du Smic avec un taux de recours aléatoire. Ce qui entraîne « des incertitudes significatives ».

Du côté des recettes, le report de la baisse du taux d'impôt sur les sociétés qui réalisent plus de 250 millions de chiffre d'affaires et la taxe sur les grandes entreprises du numérique - qui devrait rapporter 500 millions d'euros -, ne sont pas encore inscrits dans le marbre de la loi et « ne sont donc pas acquises » soulignent les magistrats. Au final, les projections du gouvernement relatives au déficit public prévu à 3,2% du produit intérieur brut paraissent bien « fragiles ».

Pour l'organisation basée à Paris, ce dépassement du seuil des 3% n'entraînera pas forcément l'ouverture d'une procédure pour déficit excessif, « si son retour sous ce seuil en 2020 est considéré comme crédible par les instances européennes, compte tenu de l'effet ponctuel de la transformation du CICE en baisse de cotisations ».

Lire aussi : Déficit excessif : la France sort de l'impasse

Des mesures transitoires

Pour se justifier, le gouvernement évoque, dans sa réponse, le caractère urgent des mesures prises en fin d'année 2018, qui devraient avoir un impact transitoire sur les finances publiques.

« Dans des délais extrêmement contraints, le gouvernement a revu la trajectoire de finances publiques afin de tenir compte de la mise en œuvre des mesures de baisse des prélèvements obligatoires et de hausse de dépenses annoncées par le président de la République en décembre dernier, en réponse à l'urgence économique et sociale. »

Ils rappellent également que la transformation du CICE en allègement de cotisations reste une mesure exceptionnelle.

Lire aussi : La difficile transformation du CICE en baisse de charges

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Commentaires
a écrit le 07/02/2019 à 8:20 :
La politique anti vieux de M. Macron et de LaREM une forme de racisme qui ne dit pas son nom m’a particulièrement énervé aussi depuis quelques mois j’ai fermé le robinet de la dépense. Je suis passé de dépense à épargne. Un exemple j’ai vendu une voiture la somme était prévue pour un nouvel achat j’ai préféré face à la politique anti vieux de M. Macron placer cet argent . Autant j’ai accepté pour ma part une augmentation de la CSG autant je n’ai pas accepté cette forme de dictature sur la fin de la revalorisation des retraites encore moins cette aumône de 0,3 point qui est en fait qu’un peu plus de mépris de M. Macron et de LaREM pour cette sous catégorie de citoyens. M. Macron qui comme l’ensemble de ses prédécesseurs jette à la poubelle les règles ou les accords et parfois pire la loi selon leur bon vouloir. Une remise en cause peut-être acceptée à condition qu’elle soit discutée et remplacée par une autre règle ou accord ou loi mais pas par un diktat autoritaire et surtout au mépris du respect des personnes. M. Macron dont j’ai du mal à comprendre cette haine envers les retraités qui oublie que ces méprisés du quinquennat ont des enfants qui pour bon nombre sont en phase avec leurs parents. M. Macron n’aura jamais ma carrière car sa politique sur la mobilité sur la rue à traverser sur se retrousser les manches pour un costard ma carrière avec un CAP a été une copie conforme de ses « conseils » heureusement que nous n’avons pas attendu M. Macron et encore moins les moutons de LaREM dont certains, comme Mme Bergé la plus haineuse envers les retraités, ne peuvent se vanter d’avoir une carrière à mettre des efforts sur le CV. Le discours lancinant anti vieux de M. Macron du gouvernement et des députés LaREM n’est plus supportable, demander des efforts pourquoi pas mais pas sous la « dictature » anti vieux et encore moins par l’attitude méprisante de ce pouvoir pour qui j’ai voté et qui comme ses prédécesseurs, malgré ses dires est bien loin du discours de campagne car le mensonge et l’oublie d’informer est bien la signature du programme. Alors la consommation NON, les vieux sont un vecteur de croissance et non seulement un cout pour la collectivité comme veut le montrer M. Macron et sa majorité. Fait il une politique pour les jeunes NON et la fin de certaines charges sociales sont de la poudre aux yeux pour les salariés car la note sera pire que celle d’aujourd’hui pour ces nouveaux entrant sur le marché du travail.
Réponse de le 07/02/2019 à 23:29 :
en effet , depuis le gouvernement de Vichy , aucun n'a plus jamais engagé une politique de discrimination envers une partie de la population ,sauf Macron et son parti LREM qui ont planifiés une communication stigmatisante répétée à longueur de déclarations contre les retraités ,et pris des mesures législatives destinées à les surtaxer et réduire leurs revenus .
les retraités et dans un amalgame prémédité , tout le corps social des personnes âgées sont devenus la cible responsable de tous les maux et charges qui pèsent sur les "actifs" .
la "nouvelle société" macronienne est en échec sur tous les domaines de sa politique : chômage qui ne baisse pas , activité économique embourbée , investissements en panne , fonction publique encore plus coûteuse et de moindre qualité des services dûs aux français , déficits publics qui explosent , cohésion sociale fracassée .
la commission européenne vient en plus de dénoncer la prévision de croissance du gouvernement pour 2019 annoncée à 1,7% et recadrée à 1,3% tout au plus , induisant ainsi que le déficit public s'aggravera encore .
gageons que la population âgée dont retraités servira encore de bouc émissaire et sera encore attaquée .
après les gilets jaunes , ... les cannes jaunes ?
a écrit le 06/02/2019 à 21:50 :
Le compte -rendu de LA TRIBUNE est malhonnête : la cour des comptes étrille aussi la gestion 2018.

Comme SARKOZY, MACRON camoufle la nullité de sa politique par du déficit public.
a écrit le 06/02/2019 à 19:04 :
Quand on veut remercier ses électeurs en eleur faisant cadeau de l'ISF , on s'assure d'abord d'avoir l'argent au lieu de prendre dans la foulée de la mesure de l'argent aux retraités. On s'aperçois du coùt de toute l'envergure de ce gouvernement en matière d'économie . Un petit cadeau pour faire des économies parmis tant d'autres , arrêter de subventionner la Villa Médicis en Italie et c'est qu'un exemple je peux vous en trouver plein d'autres qui affectent l'économie gravement depuis des décennies .
a écrit le 06/02/2019 à 18:04 :
La cours des comptes... et bien nos politicards s'en assoient dessus confortablement...
Toujours pas d'économie en vue et les impôts vont donc inexorablement augmenter. Nos élus ne doivent pas savoir que les impôts peuvent baisser.
Tout va bien !
Réponse de le 06/02/2019 à 18:36 :
Le déficit chronique étant de 70 Milliards d'Euros par an, donnez nous votre recette chiffrée pour en économiser autant sans impacter la redistribution sociale.
Réponse de le 06/02/2019 à 19:15 :
@tototiti
Que faites vous de la gestion publique où rien n'a été fait sérieusement...
A titre d'exemple, on a embauché plus de 600000 fonctionnaires territoriaux...en 14 ans !!!!
Vous avez raison continuons à augmenter massivement les impôts.
Réponse de le 07/02/2019 à 10:01 :
@Tototti, bonjour, La redistribution sociale voilà l’arme fatale du et des pouvoirs depuis des années. Deux grandes dépenses dans notre pays sur le plan social, la santé et les retraites.
Prenons quelques chiffres pour un peu plus de réalité sur le lancinant discours de la dépense publique. Tout d’abord le budget de l’état , dépenses 391 mds ( env 52 mds pour le seul fonctionnement de l’état) recettes 292 mds un delta de 99 mds qui obligera l’état c’est à dire le citoyen à aller les chercher sur les marchés. Dans les dépenses environ 39 mds pour la retraite des fonctionnaires et ces derniers ont droit à une retraite pour le travail effectué s‘ils sont trop nombreux ou mal affectés la faute est aux politiques pas aux agents. . La retraite du privé est pour une grande partie couverte par les cotisations pour l’autre partie par l’emprunt, emprunt garantie par l’état mais pas à la charge du budget sauf pour environ 5 pour cent. Pour ce qui est de la santé l’état là encore garantie la dette mais n’est pas prise en compte sur le budget mais sur la dette du pays . Par contre dans les dépenses directes de l’état on peut citer l’aide au logement, les aides pour la transition écologique une partie liée aux dépenses de la CAF …..Nos politiciens comme bon nombre d’économistes montrent du doigt les dépenses sociales françaises par rapport au PIB. Une information tout à fait réelle mais qui par exemple pour la santé à un autre vocabulaire pour les US. Prenons cet exemple, aux US les dépenses santés sont estimées à 18 pour cent de « la richesse nationale » en France 11 pour cent « du Produit intérieur Brut » un vocabulaire bien différent qui voudrait laisser croire que richesse nationale et PIB n’ont pas la même signification. Donc notre pays ampute non pas sur la richesse nationale mais sur un fantasme que nos dépenses sociale fortes, la dessus j’en conviens, sont pries sur un budget complètement déconnecté de cette richesse nationale. Pour ce qui est de la gestion des dépenses de santé le gouvernement devrait avant tout par commencer à combattre cette maladie française de la paperasse dans la santé publique comme celle imposée aux acteurs privés et des agences qui foisonnent parfois en double et pire triple emplois. Le gouvernement actuel comme les précédents REFUSE de s’attaquer à la paperasse, aux normes inutiles les deux ont un cout qui ne peut-être marginal. Les gouvernements et plus particulièrement celui-ci veut culpabiliser le citoyen en nous bassinant sans arrêt sur la dépense dite publique en se gardant bien de montrer ses propres incohérences en terme de gestion du budget. Je suis un électeur tourner vers l’économie de marché mais cela ne veut pas dire que le discours facile du politique et de certains économistes sur la dépense publique est à prendre comme argent content, certainement pas.
a écrit le 06/02/2019 à 16:14 :
les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs au vues des résultats ! des notes aux dignitaires ? et les rémunérer au mérite ..et non aux destructions. ils soignent bien leur apannge
a écrit le 06/02/2019 à 16:00 :
filière du sang 2019 : - de dons en 2018, une catastrophe pour les plaquettes/plasma en France suite au scandale des machines et des joints défectueux : des produits importés à prix d'or. Attirez les donneurs avec un ticket restaurant, une nuit d'hébergement pour se reposer ....
a écrit le 06/02/2019 à 15:26 :
mr MACRON EST Aux commandes depuis bientôt deux il annonce toujours de nouvelles depenses de nouveaux impots mais pas d'économies IL N'est plus credible ex promesses de campagne un gouvernement restreint 15 a vingt La semaine derniere il nomme le 35E ,,,,,,??????
a écrit le 06/02/2019 à 14:30 :
La Cour des comptes dénonce les avantages des employés E.D.F. Elle doit maintenant dénoncer toutes les catégories de fonctionnaires bénéficiant d'avantages en numéraire ou en nature, de grilles et d'avancement très avangateuses. Les fonctionnaires logés gratuitement (Exemple: les gendarmes etc.) qui en profitent pour avoir les moyens en ne payant pas de loyer d'investir dans l'immobilier en bénéficiant de Loi de défiscalisation. Actuellement Pinel.
a écrit le 06/02/2019 à 14:30 :
La Cour des comptes dénonce les avantages des employés E.D.F. Elle doit maintenant dénoncer toutes les catégories de fonctionnaires bénéficiant d'avantages en numéraire ou en nature, de grilles et d'avancement très avangateuses. Les fonctionnaires logés gratuitement (Exemple: les gendarmes etc.) qui en profitent pour avoir les moyens en ne payant pas de loyer d'investir dans l'immobilier en bénéficiant de Loi de défiscalisation. Actuellement Pinel.
a écrit le 06/02/2019 à 14:16 :
le problème c'est qu'avec la ponction csg et la pension non indexé cela fait 3 pour cent de prélèvement. cette année pas de travaux alors que chaque année je faisais une enveloppe travaux alors s'il reste un peut d'argent ce sera pour le livret A pour toutes les hausses à prévoir en 2020
a écrit le 06/02/2019 à 13:53 :
Vous la sentez venir l'austérité après la votation,ou le doux rêve des gilets jaunes.....

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