Budget : les motions de censure de LFI et du RN rejetées par l'Assemblée nationale
latribune.fr

L'Assemblée nationale a rejeté ce lundi une motion de censure déposée par LFI (photo d'illustration).
Reuters
latribune.fr

L'Assemblée nationale a rejeté ce lundi une motion de censure déposée par LFI (photo d'illustration).
Reuters
[Article publié le lundi 03 juin 2024 à 16h33 et mis à jour à 16h50] L'Assemblée nationale a rejeté successivement deux motions de censure déposées par LFI et le RN, qui entendaient dénoncer la situation budgétaire du pays à six jours des élections européennes.
La motion, soutenue par la gauche et le RN, a recueilli 222 voix, loin de la majorité absolue de 289 voix nécessaire pour faire tomber le gouvernement de Gabriel Attal. Celle du RN n'a rassemblé que 89 voix. Pour rappel, une motion a besoin de recueillir la majorité absolue de 289 voix pour renverser un gouvernement.
Le Premier ministre Gabriel Attal a reproché à LFI et au RN « d'exécrer l'Europe » et de former « une communauté d'intérêts au service de l'instabilité » politique et économique avant les européennes et les Jeux olympiques. « La France n'a aucune difficulté à se financer. Et surtout, nous ne gouvernons pas pour les agences de notation mais pour les Français », a-t-il affirmé.
Auparavant, LFI a accusé le « macronisme » d'être en « faillite », en raison d'un « sabotage fiscal » favorable aux « ultrariches ». « Vous n'échapperez pas à la censure populaire car le vote de dimanche commencera l'après-Macron ! », a lancé le député insoumis Matthias Tavel à Gabriel Attal.
Le Rassemblement national s'en est pris pour sa part aux députés Les Républicains (LR), en reprochant à la droite de ne pas soutenir ces motions de censure et de« sauver la tête d'Emmanuel Macron ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

A la tribune, le chef des députés LR Olivier Marleix a balayé ce reproche. « Personne évidemment n'est dupe de la finalité de ces deux motions à quelques jours » des européennes, a-t-il lancé. « Elles font partie de ce que le général de Gaulle appelait les jeux, les poisons et les délices parlementaires ».
Les groupes LFI et RN ont déposé ces motions pour protester contre les coupes budgétaires du gouvernement de 10 milliards d'euros par décret au mois de février, sans soumettre un projet de loi de finances rectificative au Parlement. Vendredi, la France insoumise a été la première à dégainer sa motion, cosignée par les communistes et des écologistes. Les 106 signataires de gauche entendaient contester « la mise en place d'une austérité sans précédent », « insupportable sur le plan social et inefficace sur le plan budgétaire ». La gauche dénonce aussi le « surgel de 10 milliards d'euros supplémentaires » que le gouvernement cherche à « annuler avant la fin de l'année ».
Le RN, qui a ensuite déposé sa propre motion vendredi, avait confié son intention de voter celle de LFI pour tenter de faire tomber le gouvernement, avait dit Marine Le Pen. Mais sans le soutien de LR, la tentative de censure avait peu de chance d'aboutir.
Dans sa propre motion, le Rassemblement national accuse le gouvernement d'avoir « volontairement sous-évalué » le déficit et souligne que la dette publique a « atteint un seuil d'alerte ». Néanmoins, la motion du RN ne présente aucun risque pour le gouvernement de Gabriel Attal, puisque la gauche n'a pas l'intention de la soutenir.
LFI et RN avaient prévenu qu'ils déposeraient une motion de censure en l'absence de projet de loi de finances rectificative, reprochant à l'exécutif de ne pas soumettre au Parlement ses coupes budgétaires.
La dégradation de la note de la France de « AA » à « AA » par l'agence de notation S&P Global Ratings vendredi soir est venue rajouter de l'huile sur le feu et a poussé les oppositions a dénoncé la « gestion catastrophique » des finances publiques par le gouvernement. Et pour cause, il s'agit d'une première depuis 2013.
Pour le patron des Républicains Eric Ciotti, la France est « sanctionnée pour ses errements et ses inconséquences budgétaires », écrit-il sur le même réseau social, dénonçant « la piteuse gestion des finances publiques du duo Macron/Le Maire », tandis que la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse s'est indignée : « Ils ont cramé la caisse, et maintenant ? À quand le courage de la bonne gestion et une remise en ordre dans nos comptes ? ».
Pour le président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Eric Coquerel « il ne fait aucun doute que le Gouvernement va se servir de cette décision pour justifier de nouvelles coupes budgétaires ». « Les seuls résultats à attendre seront la dégradation de nos services publics et la réduction de nos moyens pour répondre aux urgences climatiques et sociales », a-t-il ajouté.
À lire également
Le député Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a déploré « la gestion calamiteuse des finances publiques du gouvernement », estimant qu'il était « temps » pour le ministre des Finances Bruno Le Maire « de démissionner et le reste du gouvernement avec ». Il a appelé les députés à « voter la motion de censure ce lundi ».
(Avec AFP)
latribune.fr
17 colis par an par Francilien : l'impact massif des livraisons en Île-de-France
La pérennisation du dispositif zéro chômeur longue durée à l’épreuve des contraintes budgétaires
Le big bang fiscal des économistes face au péril climatique et économique
« Le système international actuel est ploutocratique » : le scénario choc de Thomas Piketty pour une planète soutenable en 2100