Éric Coquerel et Charles de Courson s'apprêtent à fixer une date limite à Michel Barnier. Si ce lundi soir le Premier ministre ne leur a pas communiqué les lettres-plafonds qui prévoient le montant des dépenses de chaque ministère pour 2025, alors les deux députés toqueront mardi à la porte de Matignon, fait savoir leur entourage. Ils viendront eux-mêmes extirper les documents des tiroirs, en vertu de leur droit d'investigation. La loi autorise les parlementaires chargés des finances à effectuer « toutes investigations sur pièces et sur place » sur les sujets budgétaires.
Ces fameuses lettres-plafonds ont été envoyées par Gabriel Attal aux membres de son gouvernement démissionnaire le 20 août. Le président Insoumis de la commission des finances et le rapporteur centriste les ont déjà réclamées à Bruno Le Maire, en vain.
Une descente à Matignon serait une première. Par le passé, des rapporteurs du budget se sont rendus à Bercy en arguant de leur droit de contrôle. Jamais aux étages supérieurs du pouvoir. Le cabinet du Premier ministre se refusait hier à tout commentaire.
Sur le fond, l'opposition entend accentuer la pression sur le nouveau chef du gouvernement. Le NFP dénonce d'ores et déjà un budget de rigueur. D'autres craignent qu'un tour de vis excessif éteigne la croissance économique, sachant que l'Insee anticipe désormais un recul du PIB de 0,1 % au quatrième trimestre. Une inquiétude partagée par Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, que les députés doivent auditionner mercredi.