Budget, retraites : le RN fustige les négociations entre le PS et le gouvernement

Les députés RN Sébastien Chenu et Jean-Philippe Tanguy avant leur entrevue à Bercy avec Eric Lombard et Amélie de Montchalin.
Reuters

Les députés RN Sébastien Chenu et Jean-Philippe Tanguy avant leur entrevue à Bercy avec Eric Lombard et Amélie de Montchalin.
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Les discussions s'annonçaient électriques dans les bureaux de Bercy. Avant de recevoir les députés du Rassemblement national (RN), Jean-Philippe Tanguy et Sébastien Chenu, vendredi après-midi, le ministre de l'Economie Eric Lombard avait annoncé la couleur au micro de France Inter en début de semaine : « Je pense qu'il y a plus de perspective d'un dialogue fécond avec les partis de gauche qu'avec le Rassemblement national ».
Au sortir de l'échange d'une heure et demie, les deux élus du Palais Bourbon ont tiré à boulets rouges sur les négociations entre le Parti socialiste (PS) et le gouvernement de François Bayrou. « Cet accord est une espèce d'escroquerie politique qui s'organise avec les sociaux-traîtres », a dénoncé le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy.
Echaudé par l'échec de Michel Barnier en décembre à négocier avec le parti d'extrême droite, François Bayrou espère arracher un accord de non censure avec les forces de gauche, hors la France Insoumise. Mais compte tenu du poids du RN à l'Assemblée nationale, les ministres Eric Lombard, Amélie de Montchalin (Budget), Patrick Mignola (Parlement) ont dû se rendre à ouvrir des pourparlers avec les députés nationalistes à quelques jours de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Contrairement à la plupart des autres groupes politiques depuis le début de la semaine, les ministres Lombard et de Montchalin ne sont pas venus serrer la main des parlementaires RN devant les caméras et les photographes.
Retraites : « sa suspension ne serait qu'un artifice » (Tanguy)
Suspension, abrogation, retraites à points, financement par capitalisation ? Au centre des négociations depuis le début de la semaine, la réforme des retraites a suscité de vifs débats au ministère des Finances. Pour les députés d'extrême droite, « la suspension de la réforme des retraites ne serait qu'un artifice et un nouveau mensonge des socialistes et de la macronie pour gagner du temps et empêcher temporairement une censure » a pointé Jean-Philippe Tanguy.
Particulièrement remonté, l'ancien collaborateur de Nicolas Dupont Aignan a appelé « à la vigilance des Françaises et des Français ». « Il n'y aura rien sur les retraites », prédit l'élu. « Prétendre qu'on peut garantir une retraite à 62 ans sans effort budgétaire, c'est une mystification ». « Et le Rassemblement national ne rentrera jamais dans ce mensonge fait aux Français », a-t-il ajouté. Opposée à une désindexation des pensions de retraite sur l'inflation, Marine Le Pen avait fait reculer le gouvernement de Michel Barnier sur ce point sensible à l'automne.
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Censure : le RN laisse planer le doute
Interrogé sur la possibilité d'une censure du gouvernement de François Bayrou, le Rassemblement national a laissé planer le doute. « Nous pouvons censurer comme nous pouvons ne pas le faire. [Cette réunion] C'était le premier acte finalement de la pièce qui est en train d'être écrite », a déclaré Sébastien Chenu.
S'agissant de la fiscalité, Jean-Philippe Tanguy s'est montré inquiet. « Sur les impôts des particuliers, ça reste très flou, a affirmé le cadre RN. J'estime qu'à quelques jours du discours de politique générale, il faut de la clarté sur la fiscalité alors que la croissance sera en baisse ».
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Côté finances publiques, les députés ont jugé qu'il n'est « pas acceptable d'acter un déficit public de 5,4% alors que les pistes des économies ont à peine été effleurées ». Dans le viseur du parti nationaliste, figurent les opérateurs de l'Etat, l'aide médicale d'Etat, la prime d'activité réservée uniquement aux nationaux, la contribution de la France à l'Union européenne. En présentant son « contre budget » au Palais Bourbon à l'automne dernier, le Rassemblement national (RN) avait détaillé quinze milliards d'euros d'économies.