Budget : l'exécutif réfléchit (encore) à une taxe sur les gros patrimoines
latribune.fr
Une taxe sur les hauts patrimoines existe déjà en France : l'impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui remplace depuis 2018 l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin aurait évoqué cette possibilité lors d'une rencontre avec des représentants de la gauche mercredi, selon des informations du journal L'Opinion.
Taxer le patrimoine des plus riches. C'est une des pistes évoquées par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, devant les représentants socialistes, communistes et écologistes qu'elle a rencontrés le 8 janvier, selon le journal L'Opinion. Joint par l'AFP, le cabinet de la ministre n'a pas souhaité faire de commentaire.
Pour rappel, une taxe sur les hauts patrimoines existe déjà en France : l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Celui-ci remplace depuis 2018 l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Selon L'Opinion, la piste de nouvelle taxe avancée consisterait en une nouvelle taxation réservée aux patrimoines les plus élevés, sans qu'il ne soit spécifié si elle inclurait également le patrimoine financier, qui n'est pas pris en compte dans le calcul de l'IFI.
Effort budgétaire de 50 milliards d'euros
Avec le ministre de l'Économie Eric Lombard, Amélie de Montchalin reçoit depuis le 6 janvier les forces politiques pour tenter de dénicher un compromis sur le projet de budget 2025. Et ce, avant la déclaration de politique générale du Premier ministre François Bayrou, prévue le mardi 14 janvier. Pour rappel, le gouvernement de Michel Barnier a été censuré début décembre, après avoir déclenché l'article 49.3 pour adopter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Résultat, la France n'a toujours pas de budget voté pour cette nouvelle année. Or, le pays se retrouve embourbé dans un déficit à plus de 6,1% pour 2024.
Pour y remédier, le nouveau gouvernement souhaite un effort budgétaire d'environ 50 milliards d'euros cette année, principalement par le biais d'une réduction des dépenses publiques. Objectif ? Ramener le déficit entre 5 et 5,5% du PIB. I n'a pas exclu des hausses d'impôts en parallèle, en particulier pour les contribuables les plus aisés. « On peut trouver des mécanismes qui visent à ce que les personnes qui ont des revenus importants participent à l'effort fiscal », avait estimé à ce propos lundi Eric Lombard.
Ce dernier avait alors indiqué son souhait de reprendre le principe de deux mesures de l'ancien projet budget du gouvernement Barnier : la taxe sur les profits des grandes entreprises et la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus. Il faut veiller « à ce que le niveau d'impôt que les très riches paient soit homogène à celui que payent les autres Français », a-t-il ainsi déclaré en début de semaine. Et d'après L'Opinion, cette taxe sur le patrimoine des plus riches viendrait « en lieu et place » de la « contribution différentielle » sur les hauts revenus
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D'ailleurs, lorsque le précédent gouvernement de Michel Barnier avait proposé la mesure sur la « contribution différentielle » sur les hauts revenus dans son projet de budget pour 2025, la gauche souhaitait déjà y ajouter une contribution sur le patrimoine des plus riches. De leur côté, Laurent Wauquiez et une délégation d'élus LR ont eux aussi été reçus jeudi à Bercy, où ils ont répété leurs demandes d'écarter toute hausse d'impôts et de prioriser la baisse des dépenses.