Budget : toutes les retraites seront revalorisées sur l'inflation en cas de censure
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Le projet de sous-indexation des retraites fait partie des raisons de la potentielle fin précipitée du gouvernement actuel.
Reuters
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Le projet de sous-indexation des retraites fait partie des raisons de la potentielle fin précipitée du gouvernement actuel.
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Les retraités feraient-ils partie des « gagnants » en cas de censure du gouvernement ce mercredi ? Oui, a reconnu la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet.
Pour rappel, en vertu du Code de la Sécurité sociale, les retraites de base sont chaque année augmentées au 1er janvier. Elles sont alors indexées sur la hausse des prix à la consommation (hors tabac) constatée par l'Insee pour l'année précédente. Une mesure sur laquelle comptait revenir le gouvernement en 2025 pour économiser 3 milliards d'euros. Dans le budget de la Sécurité sociale, les pensions ne devaient en effet être augmentées que de la moitié de l'inflation au 1er janvier, soit +0,8%. Avant qu'un complément du même niveau ne soit octroyé le 1er juillet pour les retraites inférieures à 1.500 euros bruts.
Sauf que ce texte pourrait ne pas passer. Le Premier ministre Michel Barnier a tenté de l'adopter lundi en dégainant l'article 49.3 de la Constitution, afin de faire passer son Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) sans vote. Une action qui a déclenché le dépôt de deux motions de censure, l'une par le Nouveau Front populaire (NFP), l'autre par le Rassemblement national (RN), qui a promis de voter les deux. Or, les forces de gauche réunies à celles du RN permettraient d'obtenir la majorité absolue (autour de 330 suffrages, largement au-delà des 288 requis). Et donc de renverser le gouvernement.
Avant que l'éventuel couperet ne tombe, la ministre du Travail a encore défendu, ce mercredi, la mesure de désindexation partielle des retraites souhaitée par le gouvernement.
Ainsi, « les petits retraités, les petites pensions, c'est souvent des gens pour lesquels la pension vient payer l'essentiel du logement et ceux-là il faut les protéger », indique-t-elle. Ce qui serait assuré d'après elle dans le budget de la Sécu pour 2025. Dans le même temps, « il y a 75% des retraités qui sont propriétaires » et certains « peuvent, je pense, participer à l'effort de redressement de nos comptes publics. Au même titre que les actifs, au même titre que les entreprises. Il est là le débat fondamental », estime la ministre.
Le projet de sous-indexation des retraites fait en tout cas partie des raisons de la potentielle fin précipitée du gouvernement actuel. Car la cheffe de file des députés d'extrême droite, Marine Le Pen, avait lancé un ultimatum au Premier ministre lundi en lui demandant d'y renoncer faute de quoi son groupe voterait la censure. Michel Barnier lui avait répondu avec une fin de non-recevoir. Après avoir cédé sur une autre mesure - le déremboursement des médicaments - le chef du gouvernement avait estimé que Marine Le Pen était entrée « dans une sorte de surenchère ».
Un avis partagé et critiqué par la ministre de la Santé, Geneviève Darrieussecq. « Je veux bien qu'on arrive avec une liste de courses, et qu'on les égrène » mais « ce n'est pas comme ça que ça doit se passer », a-t-elle taclé ce mercredi sur BFMTV.
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Sans budget de la Sécu, il n'y aura pas cette année « 9 milliards de plus pour l'Assurance maladie, dont 3 milliards pour les hôpitaux », a par ailleurs ajouté la ministre de la Santé. À son image, d'autres membres du gouvernement jouent la carte alarmiste. À commencer par Michel Barnier, qui a dramatisé l'enjeu mardi sur TF1 et France 2, répétant que la censure rendrait « tout plus difficile et plus grave ».
La ministre du Travail en a remis une couche ce mercredi, assurant que sans budget, la France se retrouvera dans « un océan de difficultés ». « 17 millions de foyers » verront leurs impôts augmenter et « rien ne peut être fait pour éviter cette situation », a-t-elle insisté.
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La conférence des présidents de groupe à l'Assemblée est en tout cas fixée à 16 heures ce mercredi pour l'examen des motions de censure déposées. L'adoption d'une telle motion serait une première depuis le renversement du gouvernement de Georges Pompidou en 1962. Celui de Michel Barnier deviendrait alors le plus court de l'histoire de la Ve République.
(Avec AFP)
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