C'était l'issue la plus probable et elle a bien eu lieu. Le gouvernement, par la voix de son Premier ministre Michel Barnier, a engagé ce lundi la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale en activant le 49-3. « C'est maintenant à vous (...) de décider si notre pays se dote de textes financiers responsables, indispensables et utiles à nos concitoyens. Ou alors si nous entrons en territoire inconnu. Les Français ne nous pardonneraient pas de préférer les intérêts particuliers à l'avenir de la Nation », a ainsi justifié le Premier ministre.
Une décision qui a entraîné le dépôt immédiat d'une motion de censure de la part des Insoumis, suivi de peu par une autre motion de la part du Rassemblement national qui s'est également engagé à voter celle de la gauche. Avec 307 députés favorables à la motion de censure sur les 288 minimum pour avoir la majorité, l'issue semble donc inévitable : la chute du gouvernement. Cette dernière devrait arriver au plus tôt mercredi, après un délai de 48 heures de réflexion entre le dépôt de la motion et le vote.
Pourtant, le gouvernement avait laissé la porte ouverte à l'extrême droite et s'était « engagé à ce qu'il n'y ait pas de déremboursement des médicaments » en 2025, l'une des lignes rouges du RN. Insuffisant pour le Parti de Marine Le Pen, qui demandait de revoir la revalorisation des retraites. Le gouvernement avait déjà multiplié au cours de la dernière semaine les concessions au RN, que ce soit sur les taxes sur l'électricité ou l'Aide médicale d'Etat. Si la chute de l'exécutif est actée, que deviennent alors les deux textes de budget pour 2025, à savoir le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale ?