Bureau de l'Assemblée nationale : le NFP remporte plus de la moitié des postes, le RN dénonce des « magouilles »
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Yael braun-pivet, lors de son discours apres avoir ete elue presidente de l'assemblee nationale
Sarah Meyssonnier
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Yael braun-pivet, lors de son discours apres avoir ete elue presidente de l'assemblee nationale
Sarah Meyssonnier
Le bureau de l'hémicycle passe à gauche. Après deux journées passées à voter pour élire les 22 membres du bureau, dont un président - Yaël Braun-Pivet (Ensemble pour la République), réélue mercredi - six vice-présidents, trois questeurs, et douze secrétaires, les 577 députés sont parvenus à attribuer tous les postes.
Vers 4H00 du matin, l'Assemblée a découvert que le Nouveau Front populaire était majoritaire au sein du bureau de l'Assemblée, après avoir raflé à la surprise générale vendredi et samedi 12 postes de sa plus haute instance exécutive. Le NFP a obtenu deux vice-présidences sur six, une questure sur trois, et neuf postes de secrétaire sur 12 de cette instance présidée par Yaël Braun-Pivet, chargée notamment de décider des sanctions contre les députés. Le reste des sièges étant divisés entre les groupes du camp présidentiel (cinq), la Droite républicaine (trois), et les indépendants de Liot (deux).
Prenant la parole à l'issue de la proclamation des résultats, le député écologiste Benjamin Lucas s'est réjoui que l'Assemblée nationale puisse « tourner la page d'une dérive autoritaire », dans une allusion aux nombreuses sanctions infligées aux députés de gauche lors de la précédente législature. Et pour cause, l'élection des vice-présidents a été fortement perturbée vendredi par un incident au premier tour. Les urnes contenant plus d'enveloppes que de votant, celui-ci a dû être annulé puis réorganisé.
« Ces décisions rendent pour l'avenir les décisions de ce bureau parfaitement illégitimes », a estimé Marine Le Pen autour de minuit, annonçant que son groupe ne prendrait pas part à la dernière élection, concernant les secrétaires.
Après ces votes difficiles, le Rassemblement national n'a remporté aucune des six vice-présidences, pas de poste de questeur sur les trois en jeu, pas même un secrétaire sur douze: Marine Le Pen et ses alliés sont restés à l'écart des postes du bureau de l'Assemblée, sa plus haute instance exécutive. Il y a deux ans, la macronie avait concédé au Rassemblement national deux vice-présidences, dans le souci d'une représentation équitable des groupes, comme le préconise le règlement de l'Assemblée. Cette fois-ci, rien de tel: le groupe Ensemble pour la République (EPR) présidé par Gabriel Attal avait décidé lundi de ne mettre aucun bulletin « ni pour le RN, ni pour LFI », et de s'affranchir de cette proportionnalité. Une consigne qui a opportunément permis à la macronie d'offrir à ses propres troupes et à ses alliés de La Droite républicaine plusieurs postes au sein du bureau.
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Marine Le Pen s'est empressée de dénoncer des « magouilles » et des « achats de poste » qui « foulent aux pieds la démocratie », privant les « 11 millions d'électeurs » du RN de représentants dans les instances de l'Assemblée.
Après moult rebondissements, la gauche remporte donc la plupart des postes clé du bureau, ce qui « va changer un peu l'ambiance de travail à l'Assemblée nationale », a affirmé à l'issue du scrutin la cheffe des députés LFI Mathilde Panot, dénonçant les sanctions contre son groupe sous la législature précédente, dont les plus sévères sont proposées par ce bureau. « Je vous assure que beaucoup de choses vont changer », a-t-elle lancé.
Car les vice-présidents partagent avec Yaël Braun-Pivet, à la fois présidente de l'Assemblée nationale et du Bureau, la responsabilité de présider les séances dans l'hémicycle depuis le fameux « perchoir ». Ils attribuent la parole, veillent au bon déroulement des débats, tranchent certains litiges et disposent d'un pouvoir de sanction sur les autres députés lors de ces séances. Ils participent également à la conférence des présidents de l'Assemblée, qui statuent entre autres sur l'ordre du jour de ses travaux dans l'hémicycle et président chacun une délégation (aux activités internationales, à la transparence, à la communication, etc.)
Les trois membres de la questure, quant à eux, tiennent les cordons de la bourse au Palais Bourbon et disposent d'une large compétence sur le budget de l'institution. « Aucune dépense nouvelle ne peut être engagée sans leur avis préalable », précise le règlement de l'Assemblée nationale. Ils ont aussi un pouvoir important dans la gestion administrative de l'institution et le poste, déjà prestigieux, est accompagné de certains avantages matériels, comme un appartement de réception mis à disposition et des indemnités supplémentaires conférées, à l'instar des autres membres du Bureau.
Enfin, les secrétaires surveillent les opérations de vote et le dépouillement de certains scrutins, soit quand un vote électronique n'a pas fonctionné, soit quand la forme d'un scrutin nécessite une opération de vote par bulletin individuel. C'est le cas notamment pour les célèbres motions de censure, destinées à renverser le gouvernement. Moins prestigieux sur le papier que les autres postes, ils permettent toutefois également aux groupes qui les ont décrochés d'avoir une place au Bureau de l'Assemblée et de participer à ses décisions.
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(Avec AFP)
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