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ÉconomieFrance

Ce samedi, manifestations partout en France contre le projet de loi El Khomri

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 09 avril 2016 à 08:09 - Mis à jour le 10 avril 2016 à 06:46

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Plus de 200 manifestations et rassemblements se déroulent partout en France, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl). Cette mobilisation s'annonçait en baisse par rapport à celle du 31 mars. Des heurts entre manifestants et force de l'ordre se sont produits à Rennes.

Les opposants au projet de loi sur le travail maintiennent la pression sur le gouvernement. Plus de 200 manifestations et rassemblements sont prévus partout en France, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, Fidl), qui s'attendait à une "mobilisation importante". Néanmoins, la mobilisation s'annonçait en baisse par rapport au 31 mars pour cette première journée d'action organisée un week-end et pendant les vacances scolaires.

Les premiers défilés organisés dans la matinée laissent en effet penser que la participation sera loin d'égaler celle de la précédente journée unitaire, le 31 mars, qui avait rassemblé entre 390.000 et 1,2 million de manifestants.

Des heurts à Rennes

A Rennes, comme le 31 mars, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre se sont produits ce samedi, alors que la manifestation rassemblait à la mi-journée 1.700 personnes selon la préfecture contre 6.500 le 31 mars. Selon la préfecture, deux CRS ont été blessés, dont un atteint de surdité. Un policier a aussi été touché par un projectile, une bille métallique, lancée contre lui. Les trois hommes ont été hospitalisés selon la même source. De son côté, le secrétaire départemental de FO Fabrice Lerestif a fait état auprès de l'AFP de 19 blessés, un chiffre non confirmé par la préfecture selon laquelle aucun manifestant n'avait été admis à l'hôpital peu avant 14H30.

En tout état de cause, le responsable de FO a assuré auprès de l'AFP qu'il se réservait "le droit de porter plainte pour violences policières".

A plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes contre des jeunes gens qui voulaient accéder à l'hypercentre historique de la ville, la place de la mairie et celle du Parlement de Bretagne.

Les CRS ont aussi chargé, a constaté la journaliste de l'AFP, et notamment "pour se dégager" quand ils ont été "pris à partie par des éléments extrêmement violents utilisant des fumigènes et des projectiles divers" contre eux, a indiqué la préfecture.

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Ambiance festive à Strasbourg

A Strasbourg, dans une ambiance festive, la manifestation a rassemblé 1.350 personnes selon la police, 3.000 selon les organisateurs. Le 31, ils étaient 5.000 selon la police et 8.000 selon les organisateurs. Beaucoup d'étudiants, de lycéens et de professeurs étaient absents pour cause de vacances scolaires, relevait un responsable CGT.

Mais à Toulouse, où les vacances n'ont pas encore commencé, la baisse de participation était tout aussi patente: les manifestants étaient entre 8.000 selon la police et 20.000 selon la CGT, contre 20.000 à 100.000 le 31.

"Travaille, consomme et ferme ta gueule, c'est quoi le message qu'on donne aux jeunes?", scandait au mégaphone une lycéenne devant plusieurs dizaines de camarades, une banderole proclamant l'"Etat d'urgence pour la jeunesse scolarisée", et une pancarte décrétant: "en avril, ne te démobilise pas d'un fil".

Les salariés de diverses entreprises étaient présents dans le cortège toulousain, en particulier les Continental en grève, ou encore la filière aéronautique avec Airbus et Liebherr, mais aussi des agents hospitaliers, territoriaux, de la CAF, la Poste, des télécoms, de l'Education nationale, cheminots, chômeurs et intermittents.

Appel à cesser le travail

L'appel à la mobilisation dans la rue s'accompagnait en effet samedi d'un appel à cesser le travail, qui se traduisait notamment par une grève dans les centres d'appel SFR.

A Paris, les jeunes d'abord réunis Place de la Nation, sous forte surveillance policière, ont rejoint à leurs aînés dans le cortège de la place de la République en direction de la Nation, derrière Philippe Martinez (CGT), Jean-Claude Mailly (FO) et William Martinet (Unef) notamment.

En soirée, ce sont les rassemblements citoyens "Nuit Debout" qui prendront le relais dans près de 60 villes, notamment pour la première fois à Lille, alors que ce sera la quatrième nuit consécutive à Toulouse. Depuis le 31 mars, le mouvement, qui dépasse largement les opposants à la loi travail, s'est réuni tous les soirs sur la place de la République, à Paris.

"On s'attendait à être un peu plus nombreux ce matin, mais ce qu'il faut retenir c'est que quelque chose s'est levé, quand on voit ce qui se passe à la Nuit debout", relevait Guillaume, étudiant à Paris, présent place de la Nation.

La mobilisation contre la réforme du code du travail s'intensifie. Etudiants et travailleurs se réunissent chaque soir, depuis plus d'une semaine, sur la Place de la République à Paris.Le mouvement "Nuit Debout " gagne progressivement d'autres grandes villes

Posted by La Tribune on Saturday, April 9, 2016

William Martinet, le leader du syndicat étudiant Unef, avait exhorté les jeunes à "rester mobilisés", jugeant que la journée de samedi serait "déterminante".

L'Unef et les autres organisations étudiantes et lycéennes seront reçues lundi matin par Manuel Valls, aprés l'avoir été déjà mercredi par plusieurs ministres.

La contestation contre le projet de loi est entrée dans son deuxième mois. Depuis le 9 mars, les partisans du retrait du texte ont organisé cinq journées d'action, dont deux réunissant jeunes et travailleurs.

Projet encore "libéral" par ses détracteurs

Pendant ce temps, le projet de loi porté par Myriam El Khomri (Travail) poursuit son parcours législatif. Les députés de la commission des Affaires sociales ont terminé jeudi son examen, apportant des modifications, notamment sur les mesures les plus polémiques: clarification des licenciements économiques, accords dits "offensifs", référendums d'entreprises...

Un projet qui, même amendé, est jugé "trop libéral" par ses détracteurs, qui craignent une précarité accrue.

"La philosophie du projet demeure", a relevé de son côté le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, interrogé vendredi soir sur France Info. "Cela justifie pleinement la mobilisation et l'appel à une nouvelle journée le 28 avril".

Les étudiants rencontrent Valls

Pour William Martinet, la journée de samedi sera "déterminante". Reçu mercredi par trois ministres, dont Myriam El Khomri (Travail) qui porte le projet de loi, le leader du premier syndicat étudiant a exhorté les jeunes à "rester mobilisés".

"Le désaccord persiste", a-t-il constaté après la rencontre, tout en saluant un "cadre de dialogue qui, on l'espère, permettra de faire bouger les choses en positif".

L'Unef et les autres organisations étudiantes et de lycéennes, qui seront reçues lundi matin par Manuel Valls, réclament des mesures contre la précarité des jeunes.

Le projet de loi sera débattu dans l'hémicycle à partir du 3 mai. L'intersyndicale compte maintenir la pression d'ici là, avec une "nouvelle journée de grève et de manifestations" le 28 avril.

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"Dans l'intervalle, prévient Eric Beynel, on va continuer de mobiliser au niveau local, organiser des manifestations, et on va interpeller les élus qui seront de retour dans leurs circonscriptions pendant les vacances parlementaires."

latribune.fr

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