La présidente du groupe Rassemblement national au Palais Bourbon a indiqué ce mercredi que son groupe votera la censure « si le pouvoir d'achat des Français est amputé » par le gouvernement Barnier dans le budget 2025.
[Article publié le mercredi 20 novembre à 9h12 et mis à jour à 10h13] Marine Le Pen ne fera aucun cadeau à Michel Barnier. La présidente du groupe Rassemblement national a déclaré, ce mercredi sur RTL, être prête à voter la censure du gouvernement « si le pouvoir d'achat des Français est amputé » dans le budget 2025.
« C'est une ligne rouge. Et si effectivement cette ligne rouge est dépassée, eh bien nous voterons la censure » a-t-elle affirmé.
Le vote de cette motion de censure interviendrait dans la deuxième quinzaine de décembre lorsque le gouvernement aura recours au 49.3, comme c'est probable faute de majorité, pour tenter de faire adopter sans vote le budget de l'Etat.
En chiffres, pour que le gouvernement soit renversé, les 126 députés du Rassemblement national (141 avec les députés d'Éric Ciotti) doivent unir leurs voix à celles du Nouveau Front populaire (192 députés). La majorité absolue est fixée à 289 voix.
Par ailleurs, le RN n'entend pas déposer ou voter de motion de censure sur les autres textes (fin de gestion de 2024 et budget de la Sécurité sociale) qui pourraient être adoptés par le 49.3 avant le projet de loi de finances de l'Etat pour 2025, a précisé Marine Le Pen.
Waterloo budgétaire
Pour le Rassemblement national, cet automne ressemble à un Waterloo budgétaire. Alors que les députés du mouvement avaient fixé leurs conditions au gouvernement en septembre - ne pas alourdir la fiscalité des particuliers, protéger les retraités, etc. -, ils n'ont pas été entendus par Matignon qui n'a repris aucune de leurs propositions. Marine Le Pen a en particulier jugé « inadmissible » la hausse envisagée par le gouvernement des taxes sur l'électricité, mais qui a été supprimée par l'Assemblée en première lecture.
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«Taper sur les entreprises, sur les retraités, c'est inadmissible», a-t-elle ajouté.
Sous la menace d'une censure, Michel Barnier l'a invitée à venir le rencontrer lundi prochain rue de Varennes. La présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée se rendra à ce rendez-vous dans l'idée de renouveler ses demandes politiques. Si aucun compromis n'est trouvé, le sort de l'hôte de Matignon pourrait être rapidement scellé.