Affaire des assistants parlementaires : le procès de tous les dangers pour Marine Le Pen
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Marine Le Pen, le 26 août.
LTD/ GONZALO FUENTES/REUTERS
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Marine Le Pen, le 26 août.
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[Article publié dimanche 29 septembre, mis à jour ce lundi à 6h30] L'automne commence tout juste, la grisaille enveloppe Paris. Pendant la pause déjeuner, non loin de l'Assemblée, un député Rassemblement national s'inquiète un peu. « Le RN a beaucoup de retard dans le temps de parole médiatique, constate-t-il. On va être beaucoup invités en plateau ces prochains jours... » Plutôt rompus à l'exercice télévisuel, les poids lourds du parti nationaliste savent qu'à partir de ce lundi, et à intervalles réguliers pendant deux mois, ils seront apostrophés sur une affaire gênante.
Ce lundi - comme prévu depuis le printemps - s'ouvre le procès dit des assistants parlementaires européens du Front national. Ce dossier lourd, touffu mais accablant, empoisonne la vie de Marine Le Pen depuis des années. Une parmi 27 prévenus, auxquels s'ajoute son mouvement en tant que personne morale, la cheffe du groupe frontiste au Palais-Bourbon sera jugée par le tribunal correctionnel pour « détournement de fonds publics » et « complicité de détournement de fonds publics ».
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Le moment est paradoxal. Jamais le Rassemblement national n'a connu de dynamique comparable à celle des deux dernières années. Au lendemain des élections européennes, où la liste conduite par Jordan Bardella est arrivée largement en tête avec 31,4 % des suffrages et 30 sièges au Parlement de Strasbourg, le RN a fait élire (en comptant ses alliés) 143 députés aux législatives anticipées. On l'a même annoncé, un temps, capable d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale et donc de gouverner. Malgré la contre-performance de juillet, Marine Le Pen s'est remise au centre du jeu politique en faisant de sa non-censure préalable le respirateur artificiel du nouvel exécutif et de Michel Barnier. Au point que, cette semaine, un ministre s'est vu rappelé à l'ordre par Matignon pour avoir affirmé que le RN n'appartenait pas à l'« arc républicain ». L'élue du Pas-de-Calais, elle, a eu droit à son coup de fil d'excuses de la part du Premier ministre.
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