Ces chevènementistes de choc au service d'Emmanuel Macron
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Un homme d'ordre. Didier Lallement affectionne tout particulièrement qu'on le présente ainsi. Le préfet de police sait faire aussi dans la provoc'. Pour sa carte de voeux 2021, il avait choisi une citation du fondateur de l'armée rouge Leon Trotsky. Quelques mots martiaux : « Je suis profondément convaincu, et les corbeaux auront beau croasser, que nous créerons par nos efforts communs l'ordre nécessaire. Sachez seulement et souvenez-vous bien que, sans cela, la faillite et le naufrage sont inévitables ».
Car, à l'origine, Lallement fut un jeune homme de gauche. Ancien leader étudiant de l'UNEF à la fac Panthéon-Sorbonne, il s'engage très tôt au CERES (Centre d'études, de recherches, et d'éducation socialiste), le courant de Jean-Pierre Chevènement au PS. Avant que ce dernier ne l'appelle comme conseiller à son cabinet de l'Intérieur sous le gouvernement Jospin, il commencera sa carrière à Epinay-sur-Seine, auprès du socialiste Gilbert Bonnemaison, spécialiste des questions de sécurité au PS. Tout naturellement, le « Che », peu de temps avant sa démission fracassante du gouvernement Jospin, nommera préfet cet homme qui délaisse alors la révolution pour l'ordre.
Et malgré ses coups d'éclat médiatiques, Didier Lallement conserve toute la confiance du président de la République, qui adore plus que tout s'entourer, sur les questions régaliennes, d'anciens compagnons de route de Chevènement. C'est le canal « républicain » d'Emmanuel Macron, qui, jeune étudiant, côtoya quelques temps le Mouvement des Citoyens (MDC). C'est ainsi que l'un des plus fidèles amis du préfet Lallement, le haut fonctionnaire Didier Leschi, lui aussi passé par le CERES (mais lui est un ancien trotskiste de la LCR) prend de plus en plus d'importance au sein de la macronie. Ses avis comptent au plus haut niveau de l'Etat.
À lire également
Comme Lallement, Leschi s'était retrouvé place Beauvau à la fin des années 1990 au cabinet de Jean-Pierre Chevènement, comme « attaché parlementaire », chargé des relations avec les élus. Depuis, ce haut fonctionnaire, qui dirige l'Office français de l'immigration et de l'intégration, s'est spécialisé dans les questions relatives aux cultes et à la laïcité. C'est justement pour cette raison que l'Elysée envisage de lui confier une mission sur le sujet, alors que l'Observatoire de la laicité, qui avait été présidé par Jean-Louis Bianco, a été supprimé il y a quelques semaines. Leschi, d'obédience chevènementiste, devrait contenter les tenants d'une laïcité « dure » qui ne cessaient d'accuser l'Observatoire de « laxisme ».
Marc Endeweld
🔴SpaceX, l'Australie contre les droits de douane de Trump, loi de programmation militaire... L'essentiel de l'actualité ce jeudi 4 juin
La crise énergétique menace jusqu'à 1,3 million d'emplois en Europe
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France
Ruptures conventionnelles : voici de combien sera réduite la durée de votre allocation chômage