Les grandes ambitions politiques d'Agnès Pannier-Runacher
Marc Endeweld
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Photo d'illustration
Blondet Eliot/ABACA via Reuters Connect
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Il va y avoir du sport dans les Hauts-de-France : face à Xavier Bertrand et au RN, pas moins de cinq ministres et secrétaires d'Etat se retrouvent dans cette région candidats sur les listes LREM aux prochaines élections. A commencer par la tête de liste : le plutôt méconnu Laurent Pietraszewski, secrétaire d'Etat chargée des Retraites, qui est pourtant un pur produit du coin en étant un ancien haut cadre d'Auchan avant de se lancer en politique en 2017. À ses côtés, on trouvera aussi Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises, ancien président de la chambre des métiers et de l'artisanat du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que trois poids lourds du gouvernement : Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et ancien maire de Tourcoing, Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, ainsi qu'Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l'Industrie.
Lorsque la candidature de cette dernière fut officialisée, l'équipe de Xavier Bertrand en contesta la validité, en soulignant qu'elle était « inscrite, au moins jusqu'à l'année dernière, sur les listes électorales de Paris », puisque candidate aux municipales dans le 16e arrondissement. En réponse, l'entourage de la ministre rétorqua qu'elle était « très sereine » puisqu'elle avait « désormais une partie de sa vie personnelle dans le Pas-de-Calais ». En d'autres termes, Agnès Pannier-Runacher assume totalement ce que, dans l'ancien monde, on qualifiait de « parachutage » politique.
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Cette arrivée dans le Pas-de-Calais de cette « techno » habituée aux postes de direction dans le privé comme dans le public est un signe qui ne trompe pas : qu'on se le dise, Agnès Pannier-Runacher a de grandes ambitions politiques. Et c'est pourquoi la ministre souhaitait se sortir de son image Auteuil-Neuilly-Passy, le célèbre triangle d'or parisien. Quoi de mieux pour cela que de se lancer dans une terre industrielle sinistrée socialement... Pour ce nouveau défi, Pannier-Runacher va recevoir l'aide de son « conseiller politique et élus locaux », Nicolas Bays, qui a toute sa confiance. Ce régional de l'étape a été député du Pas-de-Calais sous Hollande, après avoir servi deux anciens barons locaux : il fut l'assistant parlementaire de Daniel Percheron, et le chef de cabinet de Jacques Mellick. L'ex camarade socialiste Bays, proche de Jean-Christophe Cambadélis, est aussi devenu un très proche d'Emmanuel Macron.
Marc Endeweld
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