Marine Le Pen joue la force tranquille et ses concurrents travaillent pour elle
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Philippe Wojazer/AFP
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Philippe Wojazer/AFP
... de la raison sur le remboursement de la dette...
L'ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali a surpris son monde lorsqu'il a pronostiqué la prochaine victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2022 dans l'émission C ce soir sur France 5, le 6 mai dernier. « Si j'avais à faire un pronostic aujourd'hui, je pense que Marine Le Pen va être élue au mois de mai prochain », a-t-il déclaré. Face à lui, l'animateur Karim Rissouli, et la chroniqueuse Laure Adler, écarquillent les yeux. Leur étonnement n'est pas feint : comment un compagnon de route de Mitterrand peut-il être aussi froidement péremptoire au sujet de la fille Le Pen ? L'intéressé précise alors son analyse politique (et non son souhait) : « Je pense qu'on peut l'empêcher, je pense que c'est pas gagné mais je pense que si le scrutin avait lieu en septembre, elle serait élue. »
Et d'expliquer que cette possibilité est dans « l'air du temps », que la multiplication des faits divers aide la présidente du Rassemblement National, et qu'elle « cristallise toutes les fautes de ses adversaires ». Quelques jours après, sur l'antenne d'Europe 1, Attali enfonce le clou en comparant la situation politique de 2022 avec celle de 1981 pour François Mitterrand... Et de pointer l'envie de « dégagisme » visant la classe politique... et dont Macron et LREM pourraient faire les frais après en avoir profité cinq ans plus tôt.
À lire également
Si Jacques Attali précise que, personnellement, il ne souhaite pas la victoire de Marine Le Pen, ses prédictions ont également pour conséquence de crédibiliser encore un peu plus la candidate du Rassemblement National dans le « débat » public et médiatique à un an de la présidentielle. Par ses alertes, Attali veut-il laisser entendre à l'opinion et à la bulle politico-médiatique qu'Emmanuel Macron n'est pas forcément le meilleur rempart à l'extrême droite ? Veut-il piéger le jeune président sur son terrain, le prendre à son propre jeu avec le RN qui vise à laisser aux électeurs en 2022 un choix réducteur ?
Depuis la commission sur la libération de la croissance de 2007, les liens entre les deux hommes se sont largement distendus. Lors de la dernière présidentielle, Jacques Attali n'avait pas caché ses préférences pour Manuel Valls. Cela n'avait pas échappé à Emmanuel Macron qui estimait à la même époque que l'ancien conseiller de François Mitterrand était un « pipoteur », comme il nous l'avait confié lors d'une interview à Bercy.
Marc Endeweld