Ces marchands de chaos qui jouent Le Pen à l'Elysée
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
POOL
Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
POOL
Il y a trois ans, Nicolas Sarkozy espérait encore pouvoir revenir un jour au pouvoir. C'était l'époque de l'affaire Benalla. En coulisses, la tension montait déjà entre le groupe Bolloré et l'Elysée. Dans les médias, Alexis Kohler devenait une cible de choix. Et il y eut aussi l'irruption des Gilets jaunes. À cette époque, le publicitaire Jacques Séguéla, compagnon de route de Nicolas Sarkozy, avait d'ailleurs inventé un nouveau slogan pour son ami : « Si c'est le chaos, c'est Sarko ». On connaît la suite de l'histoire : Nicolas Sarkozy fut condamné par la justice dans l'affaire des écoutes et pour le dossier Bygmalion. Depuis, sa lune de miel avec le président Emmanuel Macron ne s'est jamais démentie.
Les deux hommes n'ont cessé de s'appeler ces derniers mois : « Macron appelle Sarko tous les jours », nous assure un proche de l'ancien président. Par ses conseils, Nicolas Sarkozy espère pousser son avantage. Des circonscriptions réservées à ses proches pour les prochaines législatives ? Vendu ! « C'est en fait acté depuis plusieurs mois », explique notre source sarkozyste. L'idée de nommer Christine Lagarde à Matignon ? Le président n'a pas dit non. « Elle ne te fera pas d'ombre », a dit en substance Sarko au chef de l'État. « Comment la nommer en pleine lutte des classes, c'est impossible ! », persifle une de ses collègues chez LR. Et puis, il y a d'autres noms qui circulent sur la place de Paris pour Matignon. Parmi les macronistes pur jus, les noms de Julien Denormandie, d'Elisabeth Borne ou même... d'Alexis Kohler sont les plus souvent cités.
À lire également
Le secrétaire général de l'Elysée est effectivement omniprésent dans l'organisation de la campagne. C'est lui qui fut à la manœuvre pour assurer le ralliement d'Éric Woerth. Et il y a un mois, une réunion au sommet s'est tenue à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron en présence d'Alexis Kohler. Alors, Sarkozy « croit être au centre du jeu mais Macron n'en a pas besoin sur le plan politique », tacle une figure de la droite française. Pour autant, entre les deux hommes, les liens sont davantage structurels que politiques. Ils partagent un héritage commun : celui de la cohabitation Balladur-Mitterrand. Et ils ont des proximités communes comme avec Bernard Arnault ou David de Rothschild. Et puis, en cas de coup dur, une figure macroniste a été jusqu'à laisser entrevoir à Nicolas Sarkozy « le recours au droit de grâce ». Sur ce dernier point, un proche de l'ancien président n'y croit pas : « Vous verrez, une fois au pouvoir, Emmanuel Macron se foutra de sa gueule comme il l'a fait avec tout le monde, et dira en s'excusant faussement : "Nicolas, j'ai fait le maximum" ».
Marc Endeweld