Chômage des jeunes en hausse : les pistes du gouvernement

Le chômage frappe « 19 % » des jeunes, déplore le Premier ministre, François Bayrou.
Reuters

Le chômage frappe « 19 % » des jeunes, déplore le Premier ministre, François Bayrou.
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«Le chômage des jeunes augmente en France.» C'est l'un des constats partagés par François Bayrou dans le deuxième épisode de ses «échanges de l'été», publié sur YouTube ce mercredi 6 août. Le chômage atteint chez les jeunes « 19 % », déplore le Premier ministre, « c'est-à-dire un jeune sur cinq dans notre pays est au chômage, et les entreprises ne trouvent pas de gens pour travailler et elles ferment leurs portes ».
Les chiffres du service statistique du ministère du Travail (Dares), publié mardi dernier, montrent une forte hausse du chômage chez les jeunes sur un an au deuxième trimestre. Le nombre moyen de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail en catégories A, B, C a augmenté de 15,1 % par rapport au deuxième trimestre 2024, contre +3 % entre 25 et 49 ans et +1,4 % chez les plus de 50 ans.
« Un scandale que nous ne pouvons pas accepter », selon François Bayrou. Le Premier ministre a appelé ce mercredi à un « plan d'urgence pour qu'on puisse proposer un travail à un plus grand nombre de jeunes et inciter les jeunes à accepter le travail qui leur mettra le pied à l'étrier ». Cette annonce intervient quelques jours après que le gouvernement a présenté des « pistes » de mesures en faveur de l'emploi des jeunes.
Le gouvernement déplore en effet qu'« un jeune sur trois [connaisse] une trajectoire marquée par le chômage ou l'inactivité après ses études », que « le taux d'emploi des jeunes de 15 à 24 ans demeure inférieur à celui des pays du Nord de l'Europe », ou encore que « près de 1,4 million de jeunes âgés de 15 à 29 ans ne sont aujourd'hui ni en études, ni en emploi, ni en formation [les "NEETs"] », selon un communiqué des ministères de l'Éducation nationale, du Travail, des Sports et de la Jeunesse, publié à la mi-juillet.
En cause : « Une connaissance insuffisante des métiers et du niveau d'insertion à l'issue des formations suivies [...] une survalorisation du diplôme et de la formation initiale théorique longue, plutôt que de l'expérience et de la formation pratique ou continue », ou encore « un éloignement encore trop grand des formations et politiques publiques d'accompagnement des besoins de l'entreprise et du monde du travail en général », détaille le communiqué commun publié par les trois ministères.
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Le gouvernement reconnaît enfin qu'« un grand nombre de politiques publiques et de parties prenantes agissant en faveur de l'emploi des jeunes existent, mais ont trop rarement été réellement synchronisées les unes avec les autres ».
Pour Bruno Coquet, économiste associé à l'OFCE, interrogé par La Tribune, la hausse du chômage chez les jeunes est également liée à un « ralentissement conjoncturel ». « Quand il y a un ralentissement conjoncturel, la première chose que font les employeurs est d'embaucher, et éventuellement de débaucher ensuite et de ne pas renouveler les contrats courts, auxquels les jeunes sont fortement exposés », explique-t-il.
« Il est habituel que le chômage des jeunes augmente avant le chômage général quand la conjoncture de l'emploi ralentit », ajoute le spécialiste du marché du travail.
Face à cette situation difficile pour l'emploi des jeunes, les trois ministères ont dévoilé le 16 juillet, dans le prolongement du plan « Un jeune, une solution », une liste de onze pistes de mesures soumise au Conseil national pour l'emploi (CNE). Tout d'abord, le gouvernement propose d'« enrichir les données d'Inserjeunes et d'Insersup pour mieux informer sur les débouchés et les réussites des parcours ».
Il prévoit ensuite de « mobiliser davantage les entreprises dans les parcours de découverte des métiers dès le collège, avec une attention à la féminisation des filières scientifiques ». Le gouvernement veut aussi « proposer à tous les lycéens professionnels en dernière année des ateliers collectifs et des entretiens individuels avec France Travail et les Missions Locales [dispositif Avenir Pro] ».
Autres mesures : « développer 50 000 places en deux ans de formation de spécialisation d'un an en alternance sur les premiers niveaux de qualification », « systématiser une expérience en entreprise dans les deux premiers mois du contrat d'engagement jeune (CEJ) », ou encore « construire et déployer une formation de référence pour les conseillers du réseau pour l'emploi ».
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Parmi les pistes également, « mobiliser les task force entreprise pour engager les employeurs en faveur de l'emploi des jeunes », « assouplir conditions d'exercice d'une activité professionnelle de courte durée ou à temps partiel pour les étudiants », « piloter l'obligation de formation des 16-18 ans dans une logique de résultats », « développer et mobiliser les solutions de parcours intensifs pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi » et, enfin, « renforcer le pilotage du mentorat et l'orienter vers les publics prioritaires ».
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