Climat social : jusqu'où ira la tension française ?

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A l'image des taxis en 2015, les tensions catégorielles pourraient fortement s'accentuer en 2016
A l'image des taxis en 2015, les tensions catégorielles pourraient fortement s'accentuer en 2016 (Crédits : CHARLES PLATIAU)
La dernière note de conjoncture sociale réalisée par l'association Entreprise & Personnel ne table pas sur une explosion sociale en France mais pronostique une forte montée des tensions catégorielles et locales.

Ça se tend mais ça ne va pas forcément exploser au niveau national. En revanche, les conflits locaux pourraient se multiplier. C'est, en substance, ce qui caractérise le climat social actuel, selon la dernière note de conjoncture sociale réalisée chaque année par Entreprise & Personnel (E&P), une association qui regroupe plus d'une centaine de dirigeants d'entreprises afin d'échanger sur les problématiques liées aux ressources humaines et aux relations du travail.


La montée des tensions au sein de la société

Selon E&P donc, cette fin d'année 2015 est marquée par une montée des « tensions » alors que la situation économique peine à se décanter. Et ces tensions sont partout. Tensions politiques à gauche dans la perspective des élections régionales qui s'annoncent très difficiles... Sans oublier l'élection présidentielle qui apparaît déjà en point de mire. Tensions croissantes également au sein du monde syndical « avec un fossé croissant entre acteurs des réformes et opposants ». A cet égard, le récent accord sur les retraites complémentaires a en effet montré ce clivage. Mais tensions également dans l'opinion, après les évènements d'Air France et le débat qui s'est instauré sur « la violence réelle est la violence symbolique ». Tensions enfin dans le débat intellectuel avec le phénomène des « néo réac ».

E&P constate aussi une certaine radicalisation dans le domaine social, avec des camps "qui ont durci leurs discours". Ainsi, plusieurs thème apparaissent totalement clivants : « pour ou contre le Code du travail, pour ou contre une décentralisation du dialogue social, échec ou réussite du dialogue social à la française, régression sociale ou nouveaux droits, etc. ».

La flexibilité du travail à la française existe déjà

A cet égard, E&P semble s'étonner de la focalisation des débats sur le faux problème du droit du travail dont la complexité jouerait contre l'emploi. Pour ces professionnels des relations sociales, pas vraiment connus pour leur « gauchisme », « la flexibilité à la française existe » déjà : encadrement des licenciements, « barèmisation » des indemnités prud'homales, rupture conventionnelle du contrat de travail, recours amplifiés aux CDD et à l'intérim, etc.

Pour E&P : « Difficile d'aller plus loin sans se rapprocher d'un système à l'américaine (liberté de se libérer à tout moment d'un collaborateur) mais où le contrat social implicite repose sur une croissance priorisée et donc la possibilité elle aussi rapide de retrouver un emploi ».

Vers davantage de conflits locaux et catégoriels

Mais la question centrale que pose la note d'E&P est de savoir s'il y a un risque d'explosion sociale en France ? Les évènements d'Air France seraient-ils précurseurs de cette déflagration ? Les analystes d'E&P, à la lumière de leurs nombreuses interventions en entreprises n'y croient pas trop. Ils continuent de penser que "c'est lors des élections que le mécontentement s'exprimera" et non pas dans la rue. D'ailleurs, la note d'E&P estime qu'il est peu réducteur de parler d'un seul « climat social ». En fait, il y aurait différentes réalités à différents niveaux.

Ainsi, au niveau interprofessionnel, les mouvements sociaux sont quasi anecdotiques. Les journées d'action organisées par les confédérations syndicales ne remportent aucun succès. Toujours au niveau national, en revanche, les mouvements catégoriels se multiplient. Les mobilisations successives  des taxis, des paysans, des avocats, des policiers etc. pont payé. A chaque fois, le gouvernement a, en toute ou partie, reculé, ne voulant prendre aucun risque d'une déflagration sociale.

E&P s'attend aussi à de vives tensions dans le secteur public aux prises avec la nécessité de se restructurer. Il y a eu Radio France, puis Air France. Demain se sera peut-être le tour de la SNCF et de La Poste. Mais les experts d'E&P croient davantage « à des conflits éclatés sur le territoire autour le plus souvent de petites structures ».

Au niveau des entreprises privées, E&P perçoit un certain retour de la conflictualité, notamment sur la question des salaires. Selon la note, le « pilotage de la négociation annuelle obligatoire (NAO) 2016 sur les salaires va être délicat », tant les salariés ont le sentiment d'avoir perdu en pouvoir d'achat. Des conflits locaux sont donc très fortement envisagés.

Pas de déflagration nationale

En résumé, selon E&P, « Il semble que cette année 2015 marque un basculement progressif de la résignation vers des mobilisations, certes indépendantes les unes aux autres, chacune sur ses objectifs, mais nourries en arrière plan par un cran de plus dans le rejet de la politique gouvernementale par une fraction militante du mouvement syndical ».

Et d'ajouter :


"La politique menée aujourd'hui est comprise par une partie du salariat comme excessivement favorable aux entreprises, déséquilibrée, autrement dit « de droite ». Les sorties du ministre de l'Economie, la volonté du Premier ministre d'affirmer une posture d'autorité avec des mots forts sont exploitées et perçues comme autant de provocations".

Mais rien « n'explosera » sur la scène nationale car, selon la note, « ni la CGT, ni l'extrême gauche, ni FO ne sont capables d'organiser des mobilisations massives ».
En revanche, donc, les « colères » catégorielles risquent de se multiplier.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2015 à 20:35 :
Avec les 4 salariés d'Air France licenciés ce jour, 12 novembre 2015, il pourrait bien y avoir une explosion soudaine !!
Je ne cache pas que je soutiendrai....... en souvenir de la liquidation de l'usine dans laquelle je travaillais, et qui m'a jetée dans la rue avec un gosse de 5 ans !!
a écrit le 04/11/2015 à 21:16 :
Climat social : jusqu'où ira la tension française ?

La tension en France va aller jusqu'à une révolution soudaine, massive,

cette révolution va devenir un moment de vérité pour les traitres politiciens avec leurs intimes dirigeants cadres des syndicats gangrénés par la mafia pognon.

C'est un constat partagé par le plus grand nombre,

les syndicats sont les fidèles indéfectibles serviteurs des politicards au pouvoir depuis plus de 15 ans,
indirectement et en tout connaissance de cause assumée, les syndicats sont les plus zélés serviteurs des voyous de la finance :

Regardons un peu comment les syndicats font avorté l'expression des salariés :

c'est simple, les syndicats organisent les grèves lorsque le froid venu d'hiver combiné avec les fêtes de fin d'année, fait avorter les grèves ;

Chacun a bien comprit qu'un grève efficace, c'est un chapelet de grève qui dure tout la belle saison, celle ou les grévistes peuvent rester dehors sans craindre pour leur santé.

Mais voilà, la dirigeants des CGT CFDT FO préservent leurs privilèges, sur le dos des pauvres salariés qui sont trainés dans la misère.
Réponse de le 05/11/2015 à 8:26 :
Le syndicats, comme vous le dénoncez si bien, sont depuis environ 4 décennies les "zélés serviteurs" des "politicards au pouvoir" et, à travers ceux-ci, des "voyous de la finance".
Les politicards ont mis en place un "système mafieux" qui a très bien marché jusqu'à présent, mais qui est de plus en plus décrié. J'ai nommé : "le front républicain". C'est une alliance objective entre ceux de droite (en gros LR + UDI + MODEM) et ceux de gauche (en gros PS + EELV + FDG) qui sont européistes en diable. Ils ont mis en place ce "machin" qui leur permet d'enfumer et de manipuler les masses populaires en leur faisant croire qu'ils sont au service de leurs intérêts généraux, alors que ce sont à eux et à leurs intérêts personnels qu'ils pensent en priorité vire même en exclusivité. Un coup à droite, je me sers et j'arrose mes amis/coquins. Un coup à gauche, je me sers et j'arrose mes amis/coquins. Pour bien verrouiller le système, ils ont mis en place un "super machin" qu'ils ont baptisé "Europe" où se diluent, se fondent et se confondent le intérêts des nations qui sont dilapidés et siphonnés par une "bande mafieuse" puissant et organisée appelée "la finance étatsunienne et germanique". L'Europe est une unijambiste qui n'a qu'une jambe: celle de la finance. Il lui manque la jambe de l'humain et du social. C'est pourquoi, elle ne cesse de boitiller risquant de s'effondrer et de se disloquer à chaque difficulté d'un certain ordre ou d'un certain niveau. Seul l'argent la sauve de la débâcle annoncée parce que l'argent ne se laissera pas privera aussi facilement de son "bras armé", de sa "machine de guerre".. .
Il faut purement et simplement "casser" ce machin" e ce "système" quitte à faire "la révolution". Pas un "mouvement de rue" violent, instantané et illégal quoi que légitime, mais un "mouvement des unes", calme, durable à la fois légal et légitime..
Je ne suis politiquement encarté nulle part, même pas au FN, mais c'est à ce "Front Nouveau" autrement appelé "Front National" que je m'apprête, comme de millions d'autres Françaises et Français, à confier ce mandat et cette responsabilité. Je n suis pas dupe : c'et un mouvement "humain" qui comporte ses forces et ses faiblesses .. comme les autres. Mais la France et la nation Française seront mises en avant et en valeur ...au moins pendant quelque temps.
a écrit le 04/11/2015 à 18:49 :
Il va falloir attendre 2017 pour qu'il y ai a nouveau des grèves général de possible. Les syndicats affiliés au Parti Socialiste ne vont pas mordre la main qui les nourris. Il faut juste attendre que le PS perde le pouvoir.

D'un autre coté, si la grogne monte c'est parce que le PS n'a pas fait son travail. Ils n'ont pas à aller cirer les pompes de riches capricieux et laisser les plus pauvres dans leurs misère. Je crois qu'ils ont oubliés ce qu'être de gauche veux dire.
a écrit le 04/11/2015 à 14:33 :
Le problème avec la fuite en avant de l'assistanat et de la redistribution clienteliste, c'est qu'il ne produit plus ses effets : les personnes gavées de subvention, d'allocs, d'emplois aidés, exonérés de cotisation subventionnés etc pensent que l'autre touche plus que lui... et mérite moins que lui.

Suspicion, Jalousie... voila ce qui caractérise notre société.
a écrit le 04/11/2015 à 13:54 :
jusqu'au débordement ... il faut une COP21 de la fonction publique , là est le salut !
a écrit le 04/11/2015 à 13:10 :
Continuons et vous verrez bien.
a écrit le 04/11/2015 à 12:31 :
Les Syndicats représentent 7% des Actifs, et décident avec les gouvernements pour 93%. La C.G.T Communise dirige Les prudhommes, où vont voter 15% des salariés. Normal, qu'un employeur n'emploie pas en C.D.D, il perd toujours aux prudhommes. C'est un épouvantail, il ne gagnera qu'en appel, lorsque C.G.T et Sud extrêmes Gauchistes tous deux, ni jugent pas. Les français fument et boivent plus que les autres, et sont champions mondiaux en Anxiolytiques, et Somnifères. Au chomage de 50 à 65 ans, donc trop peu de retraite, et la misère, et des enfants déstabilisés pour la vie, plus de suicides qu'ailleurs.Les Gouvernements et L'administration empeche les français de respirer, plus de lois, plus de normes, plus de règlements, et réduit de plus en plus les libertés, et la confiance dans le citoyen : vers la quasi-suppression des règlements et retraits espèces, sauf pour montants modiques, explosion des impots. l'état le plus dépensier-gaspilleur du monde, et endetté à 100% du P.I.B, les déficits budgétaires les plus élevés d'Europe, 4%, faute de la moindre réforme, alors que le monde socialement et économiquement développés sans exception y compris Grece, les ont à présent toutes réalisées. Impossible en France : La campagne quinquennale de réélection commence le jour de l'entrée l'Elysée du nouveau président : et çà ne paie pas électoralement : depuis 1981 AUCUNE majorité Parlementaire n'a été reconduite. Les Français votent depuis 34 ans au coup de pied. Seuls les deux présidents de Cohabitation ont été réélus, dont les majorités parlementaires ont été battues, comme toutes, conduisant à une Cohabit, permettant au Président, d'avoir le beau role, de saboteur du Gouvernement de cohabit. Le F.N est aux portes du pouvoir : il ne sera battu qu'à 47 ou 48% dans 18 mois : 20 millions de voix pour l'un et 18 millions pour l'autre, au second tour, et l'emportera alors à coup sùr en 2022 : et c'en sera fini de la Démocratie : le pays s'effondrera en moins d'un semestre avec le F.N, arrivé au pouvoir par le vote coup de pieds de français A BOUT. Déjà les expatriations SILENCIEUSES des jeunes diplomés, des cadres, des talents, des scientifiques, des richesses sont inquiétantes par leur nombre croissant sans cesse. la france en déficit en tout est en déclin et déclassement irréversible, qui s'accélère.
Réponse de le 04/11/2015 à 14:39 :
"La C.G.T Communise dirige Les prudhommes"

Le conseil de prud'hommes est une formation paritaire élue en deux collèges : par les salariés, d'une part, et par les employeurs, d'autre part. Chaque « collège » (employeurs et salariés inscrits sur les listes prud'homales) élit le même nombre de conseillers.
Réponse de le 04/11/2015 à 14:53 :
"Normal, qu'un employeur n'emploie pas en C.D.D, il perd toujours aux prudhommes".

Je comprends mieux pourquoi, le patronat veut faire maigrir le code pour ... gagner .80% des litiges aux prud'hommes sont liés à de non versement de salaire par l'employeur d'HS ou primes diverses non payé , et tu souhaites que le salarié perde ,étonnant comme discours.
a écrit le 04/11/2015 à 12:04 :
la repartition des richesses par les reformes du gouvernement commence a se voir; sauf pour ceux qui paye un peux plus et qui rale un peux plus,; mais il arrivent maintenent a rectifier les mauvaisses desitions: c est le signe qu il commence a etre matur ;?, laissons les finir leurs mandats avant de les juges , ???
a écrit le 04/11/2015 à 10:19 :
Note qui ne sert à rien. Tout comme les prévisions économiques. Se souvenir que le feu aux poudres commence toujours par une étincelle.
a écrit le 04/11/2015 à 10:09 :
situation qui me parait normal, après pas loin de 10 ans de crise et d'augmentations d'impôts. Historiquement on râle plus quand la croissance frémit car on veut toucher des augmentations et pas qu'en France, mais partout. A ce sujet, on peut observer que pendant les 30 Glorieuses, toujours présentées comme des années fastes, la conflictualité était infiniment plus violente et les jours de grève innombrables.
On vit donc globalement mieux, n'en déplaise aux néoreacs et autres conservateurs de gauche.
a écrit le 04/11/2015 à 9:03 :
La situation de la France est catastrophique car la paix sociale y repose sur le mensonge et l'argent public. Ce dernier se faisant rare, il ne reste que le mensonge mis subitement au jour. Ce pays socialiste souffrira beaucoup et finira colonisé par les grandes puissances économiques.
a écrit le 04/11/2015 à 8:32 :
Article pas très sérieux
Reprendre une obscure association pour nous dire que la flexisecurite est déjà en place en France c'est ridicule

Prenons l exemple d un artisan qui n a pas gagné un sous depuis 5 ans si il veux licencier 3 salariés il faudra 6 mois et à lui coûtera 60000 minimum autant la fin des haricots
Réponse de le 04/11/2015 à 10:16 :
@Pierre
Si votre artisan ne gagne pas un euro depuis 5 ans, il faut qui vire son expert comptable et s'il n'en a pas, ou parce qu'il n'a pas les moyens de le payer, c'est que son entreprise est mal gérée et n'est pas viable.
Rester artisan avec des salariés est la pire des solutions, il faut passer en société, ce qui laisse la possibilité de déposer le bilan, sans risque excessif pour le chef d'entreprise....qui peut rebondir dans son activité d'artisan... seul.
Réponse de le 04/11/2015 à 10:46 :
si tu prends pas un sou pendant 5 ans (enfin officiellement hein), la société doit pas être florissante...En ce cas le licenciement économique ça existe depuis longtemps... La rupture conventionnelle aussi mais c'est plus récent et encore plus pratique... On parle pas d'un plan social, ça va vite. Par ailleurs c'est normal que les salariés aient droit à leurs indemnités légales et c'est pas des golden parachutes, faut pas exagérer non plus!
C'est largement améliorable ok, mais il y a effectivement déjà des éléments de flexibilité et de sécurité.
Réponse de le 04/11/2015 à 12:58 :
Vous ne devez pas être à votre compte mes chers lecteurs
Consulter dès spécialistes ils vous diront que pour licencier meme avec des deficits on y laisse un bras et ça dure des mois
Pour moi ça roule très bien ..
Réponse de le 04/11/2015 à 13:43 :
entrepreneur depuis 2008, 6 salariés en CDI....pas eu à faire de licenciement économique parfois interrompu des CDI en période d 'essai, employé en CDD régulièrement, pris des intérimaires, parfois des sous traitants, des apprentis, des stagiaires et fais une rupture conventionnelle.
Pas un spécialiste, mais j'ai les mains dans le cambouis aussi et je redis que de la flexibilité y en a. Encore une fois, qu il y ait des améliorations possibles sans doute, mais ne pas nier tout ce qui existe déjà non plus.

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