Code du travail : Laurent Berger (CFDT) est contre une "réforme hâtive"

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Fraîchement nommé Premier ministre, Edouard Philippe a affirmé son intention d'appliquer le programme du président Macron, notamment en ce qui concerne la réforme du droit du travail par ordonnance.
Des objectifs que ne partage pas le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Dans une interview aux Echos ce mardi, le leader de la première centrale syndicale du privé ne s'est pas montré opposé à l'usage des ordonnances; "ça, c'est une question qui concerne l'exécutif et le parlement"; mais sur le tempo de la réforme.
> Lire aussi : Que signifie réellement légiférer par ordonnances ?
Dans une lettre adressée au nouveau président de la République, publiée dans Le Monde, Laurent Berger avait déjà fait part de la position de la CFDT de n'être "ni un allié docile, ni un opposant de principe" face au gouvernement. Le syndicat ne compte pas nécessairement s'opposer aux réformes, à condition qu'une réelle et constructive consultation des partenaires sociaux soit faite.
Là est toute l'inquiétude du syndicaliste, de voir Emmanuel Macron utiliser les ordonnances en bâclant les discussions. Car le président de la République a maintenu son intention de lancer la réforme dès l'été, ou au plus tard à la rentrée. Un tempo jugé trop lent par Laurent Berger :
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Le plafonnement des indemnités prud'homales par l'imposition d'un barème fait partie des mesures que souhaite appliquer en urgence Emmanuel Macron. La loi travail a déjà instauré un barème indicatif, accepté par la CFDT et qui faisait déjà figure de lourde concession. "Ne faudrait-il pas en mesurer les résultats ?" avant d'aller plus loin, se demande Laurent Berger.
Laurent Berger estime aussi que, du côté des représentants des salariés, la part du travail a largement été faite. A l'inverse le patronat ne fait pas d'effort:
Alors que le modèle allemand est constamment mis en avant par les milieux économiques comme un modèle de réussite, le leader de la CFDT plaide pour que les patrons français "s'inspirent" aussi du modèle de dialogue social qui s'y applique, notamment sur la cogestion dans l'entreprise. "Emmanuel Macron a évoqué ce sujet pendant la campagne, il est pour nous essentiel", insiste Laurent Berger.
Enfin, sur la réforme de l'assurance-chômage, aujourd'hui gérée par les partenaires sociaux mais qui devrait être étatisée, Laurent Berger estime "qu'aujourd'hui nous sommes dans une forme de tripartisme inavoué", car l'Etat reconnaît les conventions et garantit la dette du régime de l'Unédic. En revanche, il met en garde le chef de l'Etat qu'"il n'est pas question que nous soyons exclus de la définition des règles et de la gestion de l'assurance-chômage".
Laurent Berger juge aussi "cosmétique" la proposition d'Emmanuel Macron d'obliger les chômeurs à ne pas refuser plus de deux offres d'emploi. "Il existe déjà un dispositif de sanction ! Il faut arrêter avec cette idée reçue du chômeur à qui on doit mettre un coup de pied aux fesses pour qu'il retrouve du travail", rappelle le leader de la CFDT.
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