Comment se prépare le plan national en faveur des territoires ruraux

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Le député (LREM) de la 2e circonscription d’Indre-et-Loire Daniel Labaronne.
Le député (LREM) de la 2e circonscription d’Indre-et-Loire Daniel Labaronne. (Crédits : DR)
Au lendemain de la conférence de presse du président de la République le 25 avril dernier, le Premier ministre Édouard Philippe a chargé le député (LREM) de la 2e circonscription d’Indre-et-Loire Daniel Labaronne de plancher sur un "agenda rural". Déjà missionné par la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault sur ce sujet, le parlementaire y travaille depuis fin mars avec les présidents des associations des maires ruraux de France (AMRF) Vanik Berberian et Nouvelles Ruralités Patrice Joly, ainsi qu'avec les maires (UDI) Pierre Jarlier et (LREM) Cécile Gallien.

Lors de la conclusion du grand débat national le 25 avril dernier, le président Macron a prononcé les deux mots magiques que les élus locaux attendaient depuis son élection il y a bientôt deux ans : "décentralisation" et "différenciation". La majorité avait promis de ne pas se lancer dans un "nouvel acte" de décentralisation, mais sous la pression des édiles, un projet de loi dédié arrivera bien au Parlement fin 2019. La "différenciation", inscrite dans le projet de loi de révision constitutionnelle ajourné à l'été 2018 à la suite de l'éclatement de l'affaire Benalla, demeure à l'ordre du jour de cette modification de la Constitution de la Vème République voulue par le chef de l'État.

Une ruralité hétérogène

"La deuxième partie du quinquennat va tourner autour des questions territoriales", confirme le député (LREM) de la 2e circonscription d'Indre-et-Loire Daniel Labaronne, chargé fin mars par la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault et le 25 avril par le Premier ministre Édouard Philippe de formuler un "agenda rural". "L'idée est de dire qu'il n'y a pas une ruralité, mais une ruralité extrêmement hétérogène dont il faut prendre en compte la diversité."

L'ex-maire de la commune de Bléré (5.000 habitants) et vice-président de la communauté de communes Bléré-Val de Cher raconte que dans sa circonscription, "quelqu'un qui veut se rendre chez Pôle Emploi ou chez le médecin, s'il n'a pas de voiture, c'est impossible" en l'absence de service collectif de transport. Toujours pour illustrer son propos sur la diversité des situations en milieu rural, il cite la signature d'une convention entre le ministère de la Santé et le centre hospitalier intercommunal d'Amboise-Château-Renault afin de proposer une offre de soins spécifique : la prise en charge des jeunes mères victimes de baby-blues (une phase de dépression que certaines mères subissent après la naissance de leur enfant, ndlr).

"Aller chercher les bonnes idées"

Le député Labaronne préparerait-il le dispositif "rural" du volet "différenciation" du projet de loi de révision constitutionnelle ?

"La crise des gilets jaunes a montré que les territoires ruraux ont le sentiment d'être à l'abandon ou en relégation", élude-t-il.
"Nous nous devons d'apporter des réponses extrêmement précises, notamment sur les besoins prioritaires non-satisfaits (art, culture, démographie, dépendance, jeunesse...)".

Le parlementaire rêve en fait de davantage de coopérations entre les métropoles et les collectivités environnantes, citant, encore une fois, son territoire et précisément la métropole de Tours qui a signé des conventions de réciprocité avec l'ensemble des intercommunalités du département d'Indre-et-Loire. "C'est original. Pourquoi ne développerait-on pas ces solutions innovantes à l'échelle nationale ? Nous allons chercher toutes les bonnes idées."

Au menu, l'audition d'acteurs de terrain


Missionné avec les présidents des associations des maires ruraux de France (AMRF) Vanik Berberian (ex-MoDem) et Nouvelles Ruralités Patrice Joly (PS) ainsi qu'avec les maires Pierre Jarlier (UDI) et Cécile Gallien (LREM), le parlementaire bénéficie de l'appui de fonctionnaires du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) et du réseau des préfectures, qui comptent chacune un sous-préfet dédié à la ruralité.

A son agenda, figure également l'audition d'universitaires et d'acteurs privés "qui apportent des solutions à ces problématiques". Il va notamment travailler avec "1.000 doctorants pour les collectivités", une plateforme de mise en relation entre collectivités locales et directeurs de thèses. Les territoires bénéficient ainsi d'un "regard neuf", et les étudiants d'un "terrain de recherche super" (sic).

Sa première proposition ? Le "VTA"


Plus généralement, le gouvernement attend du député Labaronne et de ces élus qu'ils formulent "des propositions novatrices et structurantes pour l'action de l'État en faveur du développement des territoires ruraux tout en veillant à l'articulation entre son action et celle des collectivités territoriales".

Sans attendre la fin de ses travaux, le représentant de la 2ème circonscription d'Indre-et-Loire a déjà une piste en tête. Sur le modèle du volontariat international en entreprise (VIE) ou du volontariat territorial en entreprise (VTE) prévu par le programme "Territoires d'industrie", il propose de créer le "Volontariat territorial en administration" (VTA) pour qu'"un jeune aille passer un an dans une administration locale à l'issue de sa formation et y apporte un œil nouveau".

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Commentaires
a écrit le 02/05/2019 à 14:25 :
Ils vont en trouver des actions à faire.
Tant mieux pour les journalistes, ils vont se régaler aussi. Car il faut bien couvrir médiatiquement cet évènement intergalactiquement génial.
a écrit le 01/05/2019 à 20:38 :
La différenciation, qui sous-tend la créativité... est à la fois une caractéristique majeure de la tenue remarquable d'une nature diversifiée (très éloignée de l'agriculture industrielle mortifère actuelle...), et de ce que nous révèle le cosmos tout entier sur la diversité infinie des systèmes solaires et exoplanètes aux fonctionnements approchants tout en étant très différents.
Notre monde saura-t-il sortir du travail à la chaîne pour retrouver l'inventivité prodigieuse et foisonnantes des sociétés anciennes, qui se procuraient ainsi attention d'apprentissage de survie des jeunes..., et joie de découvrir de nouvelles méthodes de développement ?
Sans un État devenu appauvri car seulement répétitif, au point que notre société trop formatée ne sait plus donner de l'intérêt et assez d'emploi, même pour les plus diplômés..., alors qu'une surpopulation (pas régulée alors qu'elle aurait due de toujours l'être...!§!) devient tragique pour en trouver et survivre..., jusqu'à provoquer des révoltes à pourtant devoir corriger de manière interactive au niveau mondial (famine, désertification émigration..., menant droit à des réarmements insensés...!§!).
a écrit le 01/05/2019 à 18:17 :
VTA la solution près de chez soi avant un VIE.
C’est une bonne idée pour re dynamiser les jeunes à s’intéresser aux régions et non forcément à l’international.
Un projet donnant- donnant ( gagnant - gagnant)

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