Commerce extérieur : les PME françaises, mauvaises élèves de l'Europe

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Avec les autres pays de l'Union européenne, le déficit commercial de la France s'est creusé à 3,70 milliards (contre 3,51 milliards en août).
Avec les autres pays de l'Union européenne, le déficit commercial de la France s'est creusé à 3,70 milliards (contre 3,51 milliards en août). (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
Les petites et moyennes entreprises (PME) tricolores sont en bas du classement européen en matière d'exportations en valeur. A l'occasion de la semaine européenne des PME qui se déroule jusqu'au 25 novembre, les défis du gouvernement d'Edouard Philippe pour réduire le déficit commercial français sont immenses.

Le commerce extérieur français souffre encore. Selon des récents chiffres d'Eurostat, le poids des petites et moyennes entreprises françaises (jusqu'à 249 personnes occupées selon la définition retenue par Commission européenne, ndlr.) dans les exportations en valeur à l'intérieur de l'Union européenne (*) est le plus faible d'Europe. Sept mois après l'élection d'Emmanuel Macron, le redressement du commerce extérieur français constitue un défi de taille pour le président, après plusieurs années de déficit.

La France à la peine

Bien qu'elles représentent la grande majorité des entreprises en France (95,1%), la part en valeur des PME françaises dans les exportations intra-européennes s'élèvent à 21,4% contre 44,6% en moyenne dans l'Union européenne selon des chiffres de la Commission européenne pour 2015.

Dans cinq États, les PME génèrent plus des deux tiers de la valeur totale des exportations de biens intra-UE: Chypre (88%) et la Lettonie (81%), suivis de la Belgique (70%), de l'Estonie (68%) et des Pays-Bas (67%). A l'inverse, les PME représentent moins du tiers de la valeur des exportations de biens à l'intérieur de l'UE comme la France, l'Allemagne (26%), la Slovaquie (30%) et l'Irlande (32%).

Du côté des importations, la France figure également à la dernière place du classement européen. Dans une large majorité d'États membres, au moins la moitié de la valeur des importations intra-UE de biens provient des PME. En particulier, les PME sont responsables de plus des trois quarts de la valeur totale des importations en Lettonie (85%), à Chypre (82%), en Estonie (79%), en Lituanie (78%) ainsi qu'à Malte (77%).

"Les PME représentent moins de la moitié des importations uniquement en France (31%), en Allemagne (34%), en République tchèque (47%), en Slovaquie (48%) et en Pologne (49%)."

Le poids des grandes entreprises

Si les derniers chiffres de l'institut européen de statistiques peuvent illustrer les difficultés des PME françaises à peser dans le commerce européen de biens, ils soulignent également que ce sont surtout les grandes entreprises qui pèsent à l'international. Les derniers résultats du commerce extérieur français pour 2016 publiés en février dernier rappelaient très bien que si les PME restent les entreprises les plus exportatrices en nombre (95 %), les grandes entreprises et les ETI sont largement majoritaires en montant d'exportations (86%). Sur l'année 2016, les grandes entreprises ont représenté seulement 0,4% du nombre d'exportateurs de biens mais plus de la moitié du montant des exportations (53,7 %).

Au delà du manque de compétitivité des entreprises françaises, l'une des faiblesses de l'appareil exportateur français souvent mentionnée par les experts est que le poids des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et leur rôle dans le commerce extérieur sont moindres que dans d'autres Etats. Et même si les comparaisons entre les ETI allemandes du Mittelstand et les ETI françaises présentent de nombreuses limites comme le souligne un rapport du ministère de l'Economie(*) sur "la croissance des petites et moyennes entreprises et leur transformation en entreprises de taille intermédiaire", le nombre d'entreprises de taille intermédiaire en France rapporté au nombre d'habitants est toujours inférieur à l'Allemagne quelque soit la source étudiée par les auteurs du document.

Le déficit commercial se creuse à nouveau *

D'après les derniers chiffres des Douanes publiés au début du mois de novembre dernier, le déficit commercial de la France s'est creusé de 0,5 milliard d'euros en septembre, à 4,7 milliards.

"La détérioration de la balance commerciale concerne essentiellement les produits agricoles et agroalimentaires (repli des exportations plus marqué que celui des importations) et les machines industrielles (contraction des ventes)."

Sur les neuf premiers mois de 2017, le déficit cumulé atteint 48,63 milliards (contre 35,87 milliards sur la période janvier à septembre 2016) soit l'équivalent du déficit commercial enregistré sur l'ensemble de l'année 2016, qui s'était élevé à 48,1 milliards d'euros.

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(*)Le commerce intra-UE désigne toutes les transactions (importations et exportations) entre États membres de l'UE.

(**) Extrait : "Toute comparaison en nombre entre les ETI françaises, qui regroupe des entités légales dans des entreprises, et le nombre d'entreprises du Mittelstand allemand ou de tout autre pays apparaît extrêmement hasardeux et affirmer qu'il existe 12.000 ETI allemandes relève davantage de l'exercice de communication que d'une réalité avérée."

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Commentaires
a écrit le 11/05/2018 à 13:26 :
je cherche un offre de emploi de logistigue
a écrit le 26/11/2017 à 10:20 :
UN MOUTON TONDU NE PEUT PAS VENDRE DE LAINE
a écrit le 26/11/2017 à 1:17 :
Pour moi le plus gros problème reste la logistique, il ne s'agit pas seulement de produire quelque chose, mais de le transporter.
un colis de France vers l'Allemagne coûte 2x plus cher que l'inverse, quand à aller plus loin ça devient astronomique, x 10 france chine.
Nos pme sont condamnées à du local, et le géant Alibaba ne viendra pas éclairer leurs chaumières.
Sinon à nous gens de l'ouest aux pme les plus dynamiques de France, le déficit de la balance commerciale ne nous concerne pas, que mr Macron aille voir du côté de l'île de France et paca.
a écrit le 25/11/2017 à 15:55 :
Il y a une trentaine d'années on à provoqué la fermeture de plein d'usines (textile ,cuir, cartonneries ,machines-outils ,etc...) en disant que le tourisme compenserait , oui, nous sommes devenu "le bronze cul de l'Europe" , mais fourguer quelques pizzas et autres glaces ne peut pas apporter autant que ce qui faisait la force de notre pays jadis.
a écrit le 25/11/2017 à 9:46 :
@ Attendre … Rien
« quand aux CCI, si elles avaient été utiles à l'industrie l'on ne parlerai pas de désindustrialisation massive depuis 15 ans ... »
Le système n’est pas parfait et certaines entreprises profitent des trous dans la raquette, c’est une évidence !
Mais Hollande, certainement en toute connaissance de cause, a financé à un haut niveau l’investissement et la R&D, et les résultats sont maintenant là.
Observez donc maintenant toutes les PME et startups qui partent avec des brevets attaquer le marché international, souvent avec le soutien de Bpifrance, Business France ou à l’aide d’un mixte fond français public-privé ou fond public français + privé étranger.
10 années plus tôt, elles se faisaient majoritairement avaler tout cru par des groupes étrangers.
Je ne dis pas que c’est parfait, mais c’est déjà moins pire !
On était au fond du trou !
L’urgence était la relance, la méthode peu toujours être discutée et améliorée.
Dans l’urgence et avec les caisses vides, ça ne pouvait pas être parfait !
Relancer rapidement et massivement par le CICE (2014) est un choix !
Commencer par faire la police et choisir si telle ou telle entreprise avait le droit à une aide, et en se basant sur quels critères et sur quelles années de référence ? Et puis selon des humeurs des secteurs, les résultats de certaines entreprises peuvent considérablement évoluer d’une année sur l’autre. Mieux vaut des mesures globales CICE, suramortissement, aide au 1er emploi pour les PME, sans trop chercher la petite bêbête, sous peine de pondre des usines à gaz. Déjà que les PME grognent parce que trop de paperasses. Et on serait encore bien dans la mouise ! Là ça commence à s’améliorer, pour des mesures effectives depuis 2014 qui ont commencé à monter en puissance en 2015, c’est déjà pas si mal ! Et promettre aux entreprises, leur dire achetez des robots et investissez dans la R&D et l’Etat vous remboursera après n’est pas sérieux !
Les entreprises manquaient déjà de trésorerie, quand elles n’avaient pas un méga trou dans la caisse.
Et puis certains entrepreneurs n’avaient plus confiance dans les promesses depuis longtemps.
Le CICE va donc être pérennisé, c’est ainsi !
Par contre tous les outils liés à l’exportation peuvent certainement être mieux structurés.
Les programmes Nouvelle France Industrielle, Robot Start PME, France Brevet amélioré avec le Fonds souverain de la propriété intellectuelle FSPI, French Tech, Alliance Industrie du Futur, Suramortissement, Programme 3D Start PME + Allègement fiscal pour les PME intéressées par l’acquisition d’équipements de fabrication additive, Fench Touch étaient bons, et la French Fab à venir le sera certainement.
Dès fin 2013, Hollande a fait la politique industrielle que la droite Sarko-Chirac avait oublié.
Maintenant Macron a 4 années pour améliorer tout le système d’aide et pour fusionner encore plus les R&D publique et privée.
Il faut faciliter la sortie des chercheurs du privé pour aller exploiter leurs trouvailles dans le domaine privé, ça Bpifrance sait faire. Et inviter les GE à travailler encore plus avec les PME et startups sans toutefois les écraser. Les OPA hostiles devraient être interdites entre entreprises françaises. On est en 2017, la seigneurie médiévale que quelques grosses entreprises françaises n’est plus d’actualité.
La recherche publique est excellente, mais pourra toujours mieux faire avec plus de moyens.
La recherche privée n’investit pas encore suffisamment, elle est à la ramasse par rapport à ses homologues allemande ou suédoise. Puisque qu’avec le CICE elle a récupéré des marges……. ?
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« désindustrialisation massive depuis 15 ans »
Oui mais plus depuis quelques années et notamment depuis 2014 :
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INVESTISSEMENTS DES BRANCHES INDUSTRIELLES, ENSEMBLE DE L’INDUSTRIE :
En Mrd€
2000 : ~ 64
2006 : ~ 68
2007 : ~ 75
2008 : ~ 76
2009 : ~ 67
2010 : ~ 72
2011 : ~ 76
2012 : ~ 76
2013 : ~ 76
2014 : ~ 83
2015 : ~ 80
2016 : ~ 83
2017 : ~ 88 estimation
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INDUSTRIE TOTALE FRANCE
Est-ce que les emplois dans l’industrie totale française déclinent ?
Avant 2011 : oui fortement
Depuis 2012 : oui moins rapidement
En pourcentage d’emploi :
1980 : 24,1%
1990 : 20,3
2000 : 16,7
2005 : 14,8
2006 : 14,4
2007 : 14,1
2008 : 13,9
2009 : 13,3
2010 : 12,9
2011 : 12,8
2012 : 12,7
2013 : 12,5
2014 : 12,4%
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Parallèlement la part de l’industrie dans le PIB a quasiment stoppé sa chute depuis 2011.
Parce que si le taux de l’industrie diminuait c’est aussi parce que les services grimpaient très vite !
La part mondiale de l’économie française a enrayé sa chute en 2014.
Les chiffres CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) confirment aussi en 2015 et 2016.
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Avec la vérité vraie c’est tout de même mieux, il est inutile d’en rajouter une couche pour raisons trolliques, idéologiques ou politiques
Réponse de le 25/11/2017 à 10:24 :
Correction :
Il faut faciliter la sortie des chercheurs du public pour aller exploiter leurs trouvailles dans le domaine privé, ça Bpifrance sait faire !
Réponse de le 25/11/2017 à 13:55 :
"Il faut faciliter la sortie des chercheurs du public, pour qu'ils aillent exploiter leurs trouvailles dans le domaine privé"
a écrit le 24/11/2017 à 17:02 :
Voilà une véritable défi à relever, aussi il faut favoriser l'investissement direct das les PME.
a écrit le 24/11/2017 à 14:07 :
Il ne faut pas se faire du souci : d'ici 2 ans (d'après M. LE MAIRE), grâce à la limitation des indemnités de licenciement et la baisse de la taxe d'habitation, nous allons faire plein de produits de haute valeur ajoutée, de grande qualité et parfaitement adaptée au marché.

En plus, grâce au latin au collège, nous aurons des commerciaux capables de discuter dans une langue moderne et pleine d'avenir. (dixit BLANQUER) Le latin, c'est quand même plus classe que l'anglais.

Que des réformes magnifiques que le monde nous envie !!!
(dixit, LA TRIBUNE, LES ECHOS, LE MONDE, LE POINT, en bref, quasiment toute la presse française, à part LA CROIX, SUD-OUEST.)
a écrit le 24/11/2017 à 10:47 :
Commerce extérieur : les PME françaises, mauvaises élèves de l'Europe

c'est la conséquence de ce que les CCI ne font pas leur travail, leurs fonctionnaires sont a ranger dans les ramiers de services incompétents notoires, et sont inutiles, bonnes à fermer comme une priorité des priorités...
a écrit le 24/11/2017 à 9:05 :
Demain (et c'est le cas) je m'associe dans une TPE industrielle qui a un produit qui peut se vendre partout dans le monde... pas besoin de l'adapter... pas compliqué à livrer... et un réel bénéfice pour l'acheteur.
Mais comme pour tous il faut le vendre etc L'export est un levier très pertinent.
Seulement au départ nous n'avons pas de quoi nous payer une étude de marché mondiale, 6 commerciaux exports ou je en sais quoi.
Puis-je m'appuyer sur la CCI ou je ne sais quel organisme d'Etat ?
Puis-je me faire inviter dans l'avion dans grand groupe qui me parrainant m'emmènerait dans tel ou tel pays ?
...
Dans beaucoup de domaines il y a des choses simples qui ont été mises en place mais sur l'export...
Réponse de le 24/11/2017 à 17:20 :
quel est votre produit je peux vous trouver des acheteurs en Allemagne : ne cherchez pas la Chine, cherchez la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg qui sont des marché à nos portes !!!
Réponse de le 24/11/2017 à 17:30 :
Les pôles de compétitivité, utiles pour trouver des débouchés aux innovations.
Puisque le nerf de la guerre est bien la compétitivité, et qu'il passe par un maximum de R&D (% du CA). Le dépôt des brevets est très important. Les conseillers à l’exportation, CCI évidement, autres entreprises, syndicats PME, BPI France, Business France, ambassades, Douanes, salons et foires, fond d’investissements, Coface, Moci, Snci, Odasce, cabinets pour le développement international, site internet, concourir peut être un bon moyen pour se faire connaitre et qualifier votre produit ou service, comme trouver des entreprises pour faire découvrir votre produit à de potentiels acheteurs, il est aussi préférable de jouer collectif (consortium) afin de proposer un ensemble produits-services plutôt qu’un seul service ou produit, et si possible passer un maximum de temps avec de potentiels clients pour bien définir leurs besoins, et ne jamais être satisfait, toujours se remettre en cause, etc.
Des règles simples qu’on aurait tendance à zapper trop rapidement.
http://www.snci-fr.com/
http://www.cci.fr/web/international/contacts
http://www.lemoci.com/
http://www.businessfrance.fr/exporter
http://www.youbuyfrance.com/
http://www.odasce.asso.fr/Site_Odasce/colloque.htm
http://www.coface.fr/
https://www.eventseye.com/salons.html
Ce type de forum peut-être utile, chaque nation a un ou plusieurs outils de ce type :
http://www.forum-implantation.ch/
Réponse de le 24/11/2017 à 17:38 :
Y' a pas que l' export, essayer de faire financer votre PME ou reprise de PME par une banque .. Je sors de ce débat qui n' est jamais clos puisque les lignes restent figées sur un non catégorique ..


La France a fait délibérément le choix des grands groupes depuis 30 ans -qui exilent fiscalement- en condamnant ses PME..

Macron vient ensuite nous dire sa messe unioniste en nous demandant de lutter contre des emplois délocalisés à 400 euros à l' est !

Il n' y a plus alors qu' à leurrer sur l' issue des ..réformes cad dégrader nos salaires et nos acquis sociaux.

CQFD.
Réponse de le 24/11/2017 à 18:35 :
pour comprendre la vrai personnalité de Macron et la macronie,

il suffit de bein garder en tête ses déclarations spontanées, son naturel :

Lors de son discours d'inauguration de la Station F à Paris jeudi, où un millier de start-up sont accueillies,

sont aussi présents des cadres d'entreprises et des dirigeants de PME qui voyagent professionnellement sans compter leurs heures ...etc ...

Macron déclare, «des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien»...!

c'est cela la macronie... rien de rien

quand aux CCI, si elles avaient été utiles à l'industrie l'on ne parlerai pas de désindustrialisation massive depuis 15 ans ...

faut pas être sorti de la cuisse de jupiter pour comprendre !
Réponse de le 25/11/2017 à 13:24 :
Pour ce qui concerne l'industrie, en plus des chiffres d'Alain d, voir les chiffres de la Banque de France dans le sujet ci-dessous, à 13:42.
http://www.latribune.fr/economie/france/l-insee-confirme-la-reprise-de-l-economie-francaise-752974.html#awaitingComment1832824
On voit très bien que tous les chiffres font un sérieux bon de 2014 à 2016.
Donc le reprise est en marche, elle semble puissante, et il faut prendre en compte qu'en 2016 le BTP et le logement étaient encore HS.
Cette reprise était donc déjà bien engagée avant Jupiter, ces données le prouvent !!!
Progresse mais peut encore mieux faire !
Le lien vers la BdF, vous pouvez vérifier par vous même :
https://publications.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/bdf212web1807.pdf#page=15
Marco 1
a écrit le 24/11/2017 à 8:49 :
Pour la plupart nos patrons de PME ont hérité de leurs entreprises qu'ils laissent du coup gérer par leurs avocats fiscalistes, leurs banquiers et leurs comptables, ça ne fait pas un dynamisme économique ça, ça ne le peut pas.

Où sont donc passés les aventuriers créatifs ?
Réponse de le 27/03/2018 à 15:47 :
En France y a trop de charges pour les PME on peut pas développé sans refaire une mise au norme qui coûte chers au finale faut deux année de vente pour payer un salaire et rembourser l'emprunt et encore en ayant un chiffre d'affaire de 40000 euros.

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