Commerce extérieur : qui pour aider les entreprises ?

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Moins d'une entreprise sur deux connaît Business France, l'agence publique de soutien à l'export et à l'attractivité du territoire.
Moins d'une entreprise sur deux connaît Business France, l'agence publique de soutien à l'export et à l'attractivité du territoire.
Une journée d'informations sur l'export est organisée ce mardi à Bercy. Une journée bien utile. Selon une étude dévoilée par Kantar Public, les organismes de soutien à l'export et les aides qu'ils proposent sont méconnues des entreprises.

Ce mardi, Christian Eeckert, le secrétaire d'Etat chargé du Budget et des comptes publics a participé à Bercy à la journée d'information « La douane vous aide à exporter ». Dédiée à l'accompagnement des entreprises à l'exportation, cet événement qui a réuni près de 500 entrepreneurs et professionnels du commerce international servait un objectif : expliquer aux entreprises les procédures et les démarches essentielles pour exporter. Au programme : une présentation des fondamentaux du commerce international et des procédures douanières tel que le nouveau Code des Douanes de l'Union européenne (CDU) entré en application le 1er mai 2016, mais aussi du dédouanement national centralisé et des avantages liés au statut d'opérateur économique agréé (OEA). Des tables rondes ont également été organisées, illustrées par des témoignages de sociétés présentant leur success story dans les filières agroalimentaire et industrielle à l'exportation.

Un tissu économique bien faible

Cette journée d'information n'est pas un luxe. La France souffre de la faiblesse de son tissu d'entreprises exportatrices. Selon les Douanes, elle n'en compte que 125.000. Certes, ce chiffre a augmenté de 3% entre 2014 et 2015. Mais cette progression ne permet pas à la France de rivaliser avec ses concurrents européens. L'Allemagne et l'Italie, qui affichent des excédents commerciaux, disposent d'une force de frappe estimée à 310.000 entreprises exportatrices pour la première et à 210.000 pour la seconde.

Les raisons expliquant cette faiblesse structurelle sont nombreuses et ont été maintes fois évoquées par les économistes. La principale ? Les difficultés des entreprises à grandir jusqu'à une taille critique qui leur permettrait de se lancer à l'export ou de mettre en place une stratégie innovante ambitieuse.

L'information peine à circuler

Un autre facteur peut être avancé. Selon une étude réalisée par Kantar pour Business France, les entreprises françaises souffrent d'un manque d'informations sur les aides à l'exportation.

Interrogées sur leurs besoins pour réussir à l'export, 63% d'entre elles expriment le souhait d'être accompagnées dans leurs démarches. "Mais les dispositifs d'aides, de même que les organismes qui les gèrent bénéficient d'une notoriété encore trop relative", observe l'étude.

Ainsi, parmi les acteurs de l'accompagnement à l'export des entreprises, Business France, né de la fusion entre Ubifrance et l'agence française pour les investissements internationaux (AFII) le 1er janvier 2015, est spontanément cité par la moitié (48%) des entreprises françaises, juste derrière les CCI (51%).

Qui connaît le prêt développement export ?

Point relativement encourageant, plus des deux tiers des entreprises interrogées (69%) connaissent le Volontariat international en entreprises (VIE) et son fonctionnement. Pour mémoire, ce dispositif a été créé en 2000... En quelques mots, il permet aux entreprises, et en particulier aux plus petites, de recourir aux services d'un jeune diplômé pour prospecter un marché à l'étranger et, à moindre coût et avec une gestion administrative allégée.

En revanche, le Crédit d'impôt export et le Label France ne sont connus que d'un peu plus de la moitié des entreprises interrogées (respectivement 57% et 52%). Quant au prêt de développement export mis en place par BPI France et Coface, il reste très méconnu. Moins d'un tiers des entreprises (31%) disent connaître ce dispositif.

Ces résultats sont à mettre en rapport avec ceux d'un sondage réalisé en 2013 par l'IFOP pour les opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI). Selon celui-ci, seuls 39% des dirigeants d'entreprises considéraient alors le système comme efficace. Un tiers seulement le jugeait clair, compréhensible et adapté au contexte économique actuel. Ils étaient 78% des chefs d'entreprise à se déclarer se charger eux-même de la commercialisation de leurs produits à l'exportation.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2016 à 18:37 :
Communiqué (engagement du 04 novembre) :
Agriculture + Export : Une offre de couverture d'assurance-crédit export publique court terme est opérationnelle pour les exportateurs français de produits agricoles à destination de l’Algérie, du Liban et de l’Egypte. 18 mois maximum.
Pour "de les soutenir dans leurs exportations vers des pays présentant des défaillances de marché"
"En l'occurrence, gros importateurs de produits alimentaires -en particulier de céréales-, l'Algérie, le Liban et l'Egypte ont vu leurs notes de risques pays se dégrader ces derniers mois suite à leur difficultés économiques et financières, notamment liées au contrecoup de la chute des cours des hydrocarbures et du ralentissement de l'économie et du commerce mondiaux."
a écrit le 22/11/2016 à 14:42 :
Capacitaire en droit, Martine Pinville est fonctionnaire des IMPÔTS...Secrétaire d’État Chargé du Commerce, de l'Artisanat,de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire.
Voilà pourquoi cela ne va pas en France...et c'est un véritable foutoir de mettre des gens qui ne connaissent absolument pas le terrain. Ce sont des gens de la société civile qui doivent être mis en place, et qui puissent défendre les intérêts des entreprises françaises à l'export. Cela me parait être un minimum .
Comment se fait il que nous soyons toujours à la traine (les infos ne circulent pas)? Comment font donc les Allemands??????
a écrit le 22/11/2016 à 12:45 :
Exporter, c'est bien... Mais il faudrait aussi penser à ne pas se laisser envahir par des importations de plus en plus sauvages, par des pratiques commerciales douteuses.
Le libre-échange c'est bien... quand il y a des règles admises et respectées par tous.
Si le "Monde libre" ne réagit pas, l'empire du milieu ( la dictature communiste chinoise) le fait courir à sa perte. Je suis loin d'être pro-américain et otaniste, ( US GO HOME) cependant je considère que le "péril jaune" est une réalité autrement plus préoccupante. Nous sommes trop complaisants avec la Chine, il est urgent de la contenir. Cela aura un coût: celui de la Liberté.
a écrit le 22/11/2016 à 12:12 :
les Francais ne veulent pas apprendre l'Anglais et craignent l'international. pas étonnant qu'ils ne connaissent pas les dispositifs. et ils attendent qu'on vienne à eux.
aide-toi et...
Réponse de le 22/11/2016 à 12:50 :
@gfx
Et pourquoi pas le Chinois puisqu'on nous dit que la Chine sera bientôt la 1° puissance mondiale?
Réponse de le 22/11/2016 à 14:58 :
ni hao,
le Chinois aussi, bien sûr.
dans l'ouest, on va devoir s'y mettre pour fournir lait et cochons.
xie xie
(je connais que ces 2 mots)
a écrit le 22/11/2016 à 11:42 :
En effet pour nos patrons de PME cela devrait être une priorité, d'autant qu'avec internet les relations internationales sont quand même bien plus facilitées.

Quand je vois une amie artisan qui confectionne des bijoux fantaisies et qui a réussi à se trouver en 6 mois une bonne clientèle au Japon est quand je vois nos patrons de PME incapables de penser exportation je me dis qu'il est évident que les capitaux et donc outils de productions ne sont décidément pas dans les bonnes mains.

C'est vraiment un état d'esprit or nos héritiers sont habitués à vivre de rentes liés à du commerce national, du coup ils se veulent d'abord rentiers avant d'être investisseurs, enfin si investisseurs dans la finance à savoir dans ce qui ne créé aucune richesse. Et le nombre de patrons de PME séduits par les idées du front national fini de nous faire comprendre que nous n'arriverons pas à faire exporter la production de ces gens là le mieux étant d'exporter ces gens là directement, ils adorent Poutine, la Russie semble être une destination faisant un bon compromis.

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