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ÉconomieFrance

Commerce extérieur : une autre raison du succès allemand et des déboires français

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 26 juin 2015 à 13:59 - Mis à jour le 19 juin 2017 à 22:18

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Une note de l'Insee publiée vendredi compare les stratégies d'internationalisation de l'économie française et de l'Allemagne, notamment. La compétitivité hors-prix n'explique pas à elle seule les écarts de performance entre la France et l'Allemagne.

Pas facile de sprinter sur une jambe quand votre principal concurrent dispose de l'intégralité de ses moyens. C'est, en résumé, la conclusion fournie par une étude de l'Insee publiée vendredi pour expliquer les écarts de performance dans le domaine du commerce extérieur entre l'Allemagne.et ses principaux concurrents industrialisés, dont la France.

Un écart ? Un gouffre, plutôt. En 2014, notre principal partenaire et concurrent a dégagé un excédent commercial de 214 milliards d'euros quand les Douanes enregistraient de ce côté-ci du Rhin, un déficit de 53 milliards.

Une compétitivité hors-prix imbattable

La principale explication à cette supériorité allemande est depuis longtemps connue. La compétitivité hors-prix du made in Germany est quasiment imbattable dans le domaine industriel. Elle est si forte que les industriels allemands sont bien souvent à l'abri de la concurrence et peuvent imposer leurs prix à leurs clients.

Ce que l'on sait moins, et c'est ce que révèle cette étude de l'Insee, c'est que ce succès s'explique également par la conjonction de deux phénomènes d'internationalisation bien distincts. Pour conquérir des marchés étrangers, les entreprises allemandes ne se contentent pas de s'implanter. Elles exportent également en masse.

La France soutient la comparaison

Que font les entreprises françaises ? Leur stratégie d'internationalisation repose sur un seul élément : l'implantation à l'étranger. De ce point de vue, elles soutiennent la comparaison avec leurs homologues allemandes. " les ventes de leurs multinationales par des filiales implantées à l'étranger ont un poids similaire rapporté à leur PIB ", constate l'Insee qui estime ces ventes à 69% pour les deux pas pays, soit respectivement 1.400 et 1.800 milliards d'euros.

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Concrètement, voici comment et dans quel secteur se décompose la stratégie allemande. " Le commerce de gros et d'automobiles représente 29 % des ventes des filiales situées à l'étranger des multinationales sous contrôle allemand ", constate l'Insee. Pour la France, cette proportion n'est que de 8 %. Ces ventes représentent 528 milliards d'euros pour l'Allemagne (dont 200 milliards pour le commerce d'automobiles) contre respectivement 116 milliards pour la France. " Ces écarts peuvent en partie s'expliquer par une part importante des reventes en l'état des exportations allemandes via ces filiales commerciales situées à l'étranger. Pour la France, en revanche, la part de la production à l'étranger semble être plus importante. De fait, près de 60 % des ventes des filiales situées à l'étranger de multinationales sous contrôle français sont réalisées par des filiales d'activité industrielle (contre 42 % pour l'Allemagne)", détaille l'Insee.

En revanche, les entreprises françaises exportent moins, en grande partie parce qu'elles sont peu nombreuses. La France ne compte que 121.000 entreprises exportatrices, trois fois moins qu'en Allemagne.

Résultat, selon l'Insee, le poids des exportations de biens et services s'élevait à 27 % du produit intérieur brut (PIB) de la France en 2011, soit autant qu'en Espagne et au Royaume-Uni, mais beaucoup moins qu'en Allemagne où il atteignait 51 % du PIB allemand.

La France exporte trop peu

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Au regard de ces éléments, que peut faire le gouvernement ? Soutenir les entreprises et:en particulier les PME à l'export est une mission qu'il s'est fixé depuis longtemps, avec des résultats jusqu'ici bien mitigés. Cette stratégie fut à tel point une priorité que le soutien public à l'export est désormais un maquis que les chefs d'entreprises jugent inextricables et donc inefficace. Que ce soit l'État, les Régions, les réseaux consulaires, le secteur privé, qui n'a pas son dispositif de soutien à l'export ? Selon un sondage réalisé par l'IFOP pour les opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI) publié en 2013, huit entreprises sur dix se lançait alors seule à l'export, sans aucun soutien. Un gâchis ?

Fabien Piliu

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