La moitié des salariés du privé travaillent dans des entreprises multinationales

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Les Etats-Unis sont le premier pays pour l'implantation en France, avec 388.000 salariés, suivis de l'Allemagne et du Royaume-Uni. La Chine est au dix-septième rang.
Les Etats-Unis sont le premier pays pour l'implantation en France, avec 388.000 salariés, suivis de l'Allemagne et du Royaume-Uni. La Chine est au dix-septième rang. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'étude de l'Insee qui dresse la cartographie des entreprises implantées en France est fort instructive. Taille, emploi, importance du contrôle par des capitaux étrangers... Quelques idées reçues sont mises à mal.

Tout savoir ou presque sur les entreprises implantées en France ! L'Insee a réalisé une cartographie très complète permettant de savoir dans quel type d'établissements travaillent les salariés du secteur privé (hors agriculture), quelles sont les entreprises qui exportent, celles qui délocalisent, etc. Instructif.

 

Près de la moitié des salariés travaillent dans des entreprises multinationales

En France, 46,5 % des salariés employés par des entreprises (secteur marchand hors agriculture et intérim) travaillent dans une firme multinationale, soit 6,8 millions de personnes en 2010. Parmi elles, 1,8 million sont employées dans une entreprise sous contrôle étranger. Les firmes multinationales sous contrôle français (hors agriculture, activités financières et d'assurance) déclarent par ailleurs employer 4,6 millions de salariés à l'étranger, soit 53 % de leur emploi mondial.

En 2010, 64 % des emplois de l'industrie sont dans des firmes multinationales (FMN) : 43 % dans des FMN sous contrôle français et 21 % dans des FMN sous contrôle étranger. Toujours selon l'Insee, les activités financières et l'information-communication sont les deux autres secteurs où les FMN occupent la majorité des emplois : 82 % dans les activités financières et 64 % dans le secteur de l'information-communication. Une vingtaine de réseaux bancaires, compagnies d'assurances et banques d'affaires concentrent près de 75 % des salariés du secteur. Il s'agit principalement de grandes entreprises sous contrôle français.

Par ailleurs, en France, 53 % des salariés des multinationales sous contrôle étranger travaillent dans une entreprise de taille intermédiaire (ETI). Le constat diffère pour les FMN sous contrôle français : 76 % de leurs effectifs est rattaché à une grande entreprise. À l'autre extrémité du spectre, 85 % des salariés des entreprises franco-françaises relèvent des PME,

 L'emploi dans des entreprises contrôlées par des groupes étrangers recule

Après une forte hausse dans les années 1990, l'emploi généré en France par des groupes étrangers a reculé depuis une dizaine d'années. Cette diminution accompagne le recul de l'emploi industriel, mais va au-delà de ce mouvement. Dans l'industrie manufacturière, l'emploi des filiales de groupes étrangers a en effet baissé de 33 % entre 2003 et 2010, contre une baisse de 17 % pour l'ensemble de l'industrie.  Les Etats-Unis sont le premier pays pour l'implantation en France, avec 388.000 salariés, suivis de l'Allemagne et du Royaume-Uni. La Chine est au dix-septième rang.

Lire aussi: "Attractivité la France décroche"

 La productivité estsupérieure dans les sites sous contrôle étranger

Précision intéressante de l'Insee, la productivité du travail des ETI industrielles sous contrôle étranger apparait plus élevée de 20% comparée à celle des ETI sous contrôle français internationalisées. Ces ETI sous contrôle étranger engagent un capital matériel par salarié supérieur de 59 %, avec des salaires en moyenne plus élevés de 14 %. Leur taux de marge reste légèrement supérieur à celui des ETI sous contrôle français internationalisées (25 % contre 23 %).

30.500 filiales à l'étranger

En 2010, hors agriculture et activités financières et d'assurance, 2.600 entreprises en France contrôlent 30.500 filiales à l'étranger. Parmi ces entreprises, 135 grands groupes concentrent  81 % des effectifs à l'étranger. La moitié d'entre eux est implantée dans au moins 23 pays. La France représente moins de la moitié de l'activité des grandes entreprises multinationales sous contrôle français, avec 45 % de leur chiffre d'affaires consolidé et 44 % de leur effectif mondial. Les ETI internationalisées à contrôle français sont davantage centrées sur la France (56 % de leur chiffre d'affaires et 57 % de leur effectif).

 On ne le sait peut-être pas assez mais l'Union européenne est la première zone d'implantation des firmes multinationales sous contrôle français. L'UE concentre 43% de leurs effectifs à l'étranger, devant les Etats-Unis (11 %) et la Chine (9 %). Les Etats-Unis sont le premier pays d'implantation. Les PME internationalisées se distinguent par leur développement au Maghreb et dans les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) (19 % et 14 % de leur salariés à l'étranger). En Chine, l'emploi est concentré dans l'industrie mais aussi dans la grande distribution.

Délocalisations: d'abord en Europe

Sur la période 2009-2011, selon  l'Insee, les sociétés de 50 salariés ou plus membres d'un groupe déclarent avoir supprimé directement près de 20.000 postes en France (6.600 par an) à la suite d'une décision de délocalisation, soit 4% de l'emploi en 2011 des sociétés ayant délocalisé. La première destination des délocalisations est l'Union Européenne : l'UE à 15 (39 % des cas) et les nouveaux États membres (22 %). L'Afrique y compris le Maghreb(24 %) est aussi en bonne place ainsi que la Chine (18 %) et l'Inde (18 %).

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Commentaires
a écrit le 19/10/2013 à 14:15 :
merci pour cet article helàs bien verdict , primo en france les entreprises françaises sont pas terrible en matière de recherche ( R&D) sauf via le contribuable , un comble .. en matière fiscale guère mieux , les actions sont dévalorisés vu les taxes et re-taxes , les petits épargnants vu les risques boursiers et les taxes sont pas encouragés a placer leur epargne dans des entreprises mais sur du livret A sans risque et sans taxes .. enfin pour ces multinationales elles peuvent chercher le client et on déjà une expérience dans leur pays d'origine ou les aides sociales , fiscales aux entreprises n'est pas un état de fait , ce qui fait de ces entreprises des attaquants de première grandeur , alors que d'autres geignent et viennent trop souvent au trésor public car le client lui c'est trop dur a convaincre ne serait sur un produit on l'on gagne a peine 1 euro toutes taxes enlevées .. enfin s'attaquer aux multinationales pourrait faire de graves degats sur l'emploi , ambiguité française ..
a écrit le 19/10/2013 à 7:32 :
Les multinationales? C'est bien ces entreprises qui vivent sur "la bête" pour nourrir leurs actionnaires?
a écrit le 18/10/2013 à 19:07 :
les multinationales, c'est c'est entreprises qui payent bien les gens et que le gvt francais cherche en consequence a mettre dehors avec un remerciement a la francaise taille 45?
a écrit le 18/10/2013 à 12:15 :
Normal que la productivité des sociétés étrangères soient plus élevées. Elle ne peuvent pas se permettre de faire du clientélisme, et doivent recruter les meilleurs CV, d'ou l'attractivité des salaires. Les candidats les plus compétents entraînent mécaniquement de biens meilleurs performances de l'entreprise. Les méthodes de management sont aussi plus souples dans les sociétés étrangères pour conserver leur potentiel humain indispensable pour faire de l'argent, sinon risque de fuite des compétences, d'ou de meilleurs conditions de travail. C'est du vécu : j'ai travaillé pour des multinationales françaises et étrangères.
Réponse de le 18/10/2013 à 16:50 :
Vu votre niveau en orthographe , ces multinationales ne sont pas très exigeantes , à ce que je vois...
Réponse de le 18/10/2013 à 19:14 :
Pour être technicien de surface, mon orthographe est suffisante :)
Réponse de le 18/10/2013 à 23:59 :
C'est justement la différence entre une société française qui s'intéresse à la forme et une étrangère qui prête attention au fond. Vous avez donc tout à fait le profil type du recruteur français. De plus je suis suisse et je parles 4 langues, avec quelques fautes du fait de mon niveau qui n'égale certainement pas le votre. En suisse nous recrutons des français qui font des photes, mais avec eux ont fait un max d'argent.
Réponse de le 19/10/2013 à 7:09 :
Bien dit Realistik!

complètement d'accord avec vous!
Réponse de le 19/10/2013 à 10:54 :
@realistik : +1
a écrit le 18/10/2013 à 11:17 :
L'avenir de notre pays avec les socialistes c'est un secteur public hypertrophié qui représentera 70 ou 80 % de l'activité (financé par la dette) + quelques multinationales comme Mac Do et des milliers de sous-traitants ou auto-entrepreneurs.
Réponse de le 18/10/2013 à 12:20 :
@cassanco: non, l'avenir de notre pays, qui est une démocratie, c'est nous tous qui le l'influensons dans nos actes de citoyens. Nous ne sommes pas obligé de cautionner la politique actuelle. Nous sommes tous responsables!
Réponse de le 18/10/2013 à 16:52 :
En dehors de vos fautes d'orthographe , on ne comprend pas grand chose à votre essai d'explication.
Réponse de le 18/10/2013 à 19:21 :
Ceux qui ne sont pas capables de s'adapter vont disparaitre.

Au revoir ......
a écrit le 18/10/2013 à 11:13 :
Et l'autre moitié des fonctionnaires ou hommes politiques!!!
a écrit le 18/10/2013 à 10:57 :
Mais quelle surprise de constater que les "méchantes" multinationales créent plus d'emploi que les socialistes.
a écrit le 18/10/2013 à 10:43 :
L'emploi dans les entreprises étrangères a baissé de 33 % entre 2003 et 2010, alors que chaque année l'Insee nous présente des statistiques indiquant des créations d'emplois par ces entreprises ?
a écrit le 18/10/2013 à 10:38 :
L'Insee a fait un bon boulot et merci a LT d'avoir mis cet article à la une. A première vue, cette étude mettrait en avant l'importance des échanges mondiaux et en particulier pour les multinationales françaises l'importance des échanges européen et en détail la ZE. L'effet serait indéniable: 1 boulot sur 2 dans le privé en dépend; mais cela est faux! Les chiffres sont déja hors agriculture, activités financières et d?assurance et hors intérim; le secteur des services pourrait baisser le % mais augmenterait le nombre absolu d'emploi dépendant de l'activité internationale. Les chiffres sont "faux", car ils ne prennent pas compte de l'emploi "indirect" des fournisseurs, sous-traitants et prestataires de services (intérim déjà) nationaux qui n'ont pas d'activité à l'international. Ainsi que les entreprises américaines et allemandes soient les premiers employeurs étranger est une certitude, mais les chiffres concernent que les filiales et sont en réalité bien plus élevés en raison des emplois indirects (car souvant des entités nationales sont crées bien qu'elles dépendent d'une idée / production / logistique / réseau etc étranger(e). Inquiétant que dans l'industrie l'investissement (et l'emploi) étranger reculait, car la base est encore en 2010 (et non pas en 2012/13!). En ce qui concerne le mythe de la délocalisation française, le constat est également intéressant qu'il ne concerne en cible qu'en priorité la ZE et puis 2emement le reste de l'UE. Cependant, je cite l'étude de l'insee: ". Elles (les délocalisations ) ne constituent pas un bilan de la mondialisation en matière d?emploi : elles n?incluent pas les suppressions d?emploi provoquées chez les fournisseurs ou sous-traitants en France ni, à l?inverse, les emplois des entreprises relocalisées en France ou ceux créés grâce aux gains de pouvoir d?achat induits par la mondialisation." A ce sujet, il existe une autre étude de l'Insee (de mémoire datant de 2009) qui démontre clairement que le bilan; donc le ratio des localisations en nombre d'emploi 100 et pondéré par 2 emplois perdus par une "délocalisation" en France. Si les français veulent toujours travailler dans l'avenir, il faudrait bien qu'ils ne se présentent pas au reste du monde comme une exception culturelle (j'inclus notre président et gouvernement) ; ils n'iront pas loin ainsi du moins pas plus loin que pôle emploi en tout cas.
a écrit le 18/10/2013 à 10:14 :
Travaille pour et non pas dans. Cela signifie subisse la flexibilité dont les internes sont exempts et ne profitent pas du quart de leurs avantages.
a écrit le 18/10/2013 à 9:29 :
Les électeurs du FN devraient lire cet article. Ceux qui sont capables de le comprendre, remetront certaines idées recues du FN en question.
a écrit le 18/10/2013 à 9:27 :
et comme le gouvernement ,pour faire plaisir aux gauchistes de melanchon, fait fuire les multi, notre chomage s'agrave .
Réponse de le 18/10/2013 à 10:00 :
L'article peut etre lu de bien des façon. par ex: il faut continuer a aider fiscalement les multinationales car elles crées la moitié de l'emploi en France. ou : une productivité plus élevée de 20% n'est pas tres rentable car la marge n'augmente que de 2 points. etc...
a écrit le 18/10/2013 à 9:26 :
Ajoutons au tableau que les multinationales "françaises" sont contrôlées pour plus de 50 % par des capitaux étrangers...
Réponse de le 18/10/2013 à 9:57 :
"travaillent dans une firme multinationale, soit 6,8 millions de personnes en 2010. Parmi elles, 1,8 million sont employées dans une entreprise sous contrôle étranger" : soit plutot 26.47%.
Réponse de le 18/10/2013 à 10:08 :
50% des multinationales françaises sont controlées par des capitaux étrangers !!! cela me parait bien excessif ! Que les fonds de pension américains soient actionnaires d'accord , vous pensez à quelles sociétés ?
Réponse de le 19/10/2013 à 7:11 :
sauf erreur de ma part il me semble que les société du cac40 sont majoritairement détenues par des fonds étrangers (il faut dire aussi qu'avec toutes ces taxes on n'encourage pas les francais a investir dans leur multinationales...)

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