Coup de frein sur le télétravail !
Estelle Peard et Sandra Biffot-Lacut, AFP

Photo d'illustration
Reuters
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Si seulement un quart des salariés travaillaient sur site fin mars, ils étaient déjà 50% fin mai. Fin juillet, le télétravail, en plein essor avec le confinement, ne concernait plus qu'un salarié sur dix, selon les dernières données du ministère du Travail.
Pour ce quadragénaire qui encadre une petite équipe dans le domaine informatique au sein d'une filiale d'EDF, septembre a donc sonné le retour au régime ante-Covid, après du télétravail à 100% pendant le confinement et un retour très progressif ensuite, au siège situé à la Défense.
Cette annonce a fait l'effet d'une "douche froide" et "les gens râlent un peu", confie ce Parisien qui passe 1h30 en moyenne quotidiennement dans les transports en commun.
Car si beaucoup ont apprécié le télétravail en termes de gain de temps dans les transports et d'équilibre des temps de vie, d'autres, parmi lesquels des responsables d'équipe, émettent des réserves.
Aujourd'hui, les administrations publiques reviennent à "un fonctionnement quasi-normal", indique à l'AFP Johann Theuret, président de l'association des DRH des grandes collectivités. Avec un changement notable: "des demandes massives de un à deux jours par semaine de télétravail, appuyées par les directions des ressources humaines".
Selon un sondage OpinionWay réalisé fin mai pour ce cabinet de conseil aux entreprises, 85% des télétravailleurs souhaitent conserver la possibilité de faire du télétravail mais une majorité veut aussi plus de règles pour l'encadrer.
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Les partenaires sociaux doivent décider vendredi s'ils lancent la négociation d'un accord national interprofessionnelle (ANI), souhaitée par les syndicats.
Dans de nombreuses entreprises, comme le constructeur automobile PSA ou le gestionnaire d'aéroports ADP, direction et syndicats ont déjà entamé, ou vont lancer, des négociations pour s'accorder sur les règles du télétravail.
Avec un premier accord sur le télétravail signé en 2009, Orange a un certain "recul" sur le sujet, explique à l'AFP Martine Bordonné, directrice Télétravail et Nomadisme du groupe.
En France, avant le Covid, 36.000 salariés (environ 39% des effectifs éligibles) bénéficiaient régulièrement ou occasionnellement, sur la base du volontariat et via un avenant au contrat de travail, de trois jours de télétravailmaximum par semaine.
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Depuis le 1er septembre, ce régime est maintenu mais "une mesure de +télétravail élargi+ permet aux salariés qui ne l'avaient pas expérimenté et à ceux qui ne télétravaillaient qu'une demi-journée ou un jour par semaine, de le faire jusqu'à deux jours par semaine", selon Mme Bordonné.
Estelle Peard et Sandra Biffot-Lacut, AFP