Le télétravail consacre la mort du « petit chef »

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(Crédits : Reuters)
SONDAGE EXCLUSIF. Selon notre sondage Ifop-La Tribune-Europe 1-Public Sénat, 36% des actifs ont expérimenté pendant ces deux mois de confinement le travail à distance.

Pendant que les personnels soignants, la « première ligne » et les professions essentielles (logistique et distribution), la deuxième ligne, étaient au front, 36% des actifs ont expérimenté pendant ces deux mois de confinement le travail à distance. Soit 8 millions de Français qui ont travaillé de la maison, et l'ont plus ou moins bien vécu selon l'état de préparation de leur entreprise, leur structure familiale (avec et sans enfants) et leurs conditions de logement.

Qui a télétravaillé ? Principalement les catégories supérieures (55%) dont beaucoup étaient parties dans leur résidence secondaire et les professions intermédiaires (50%), loin devant les catégories employé et ouvrier.

Majoritairement diplômés du supérieur, principalement habitants de la région parisienne ou des grandes métropoles, les télétravailleurs expriment massivement leur souhait de continuer le travail à distance, à 82%, dont plus de 50% qui souhaitent y avoir accès plus qu'avant le confinement.

Toutes les catégories sociales sont sur la même longueur d'onde, même les dirigeants d'entreprise qui y ont goûté en même temps que leurs salariés. Et, signe d'un malaise spécifique lié sans doute aux transports publics après les grèves de cet hiver, 9 franciliens sur 10 veulent continuer à télétravailler, un score supérieur à la moyenne.

LES ATOUTS ET DÉFAUTS DU TRAVAILLER CHEZ SOI

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Pour Frédéric Dabi, DGA de l'Ifop, la victoire du travail à distance consacre la tendance à la « mort du petit chef » : les principaux avantages perçus sont la meilleure maitrise de son temps, qu'il s'agisse de transports, ou de l'aspiration à être au calme et à faire preuve d'autonomie avec des horaires flexibles. Alors que nombre d'entreprises peinent à faire revenir leur salarié au bureau, le confinement a aussi été le révélateur d'un malaise au travail.

Si nombre de salariés ne veulent pas revenir au bureau, c'est peut-être qu'ils n'y sont pas heureux, d'où l'urgence d'un dialogue social pour tirer des leçons collectives pour l'organisation du travail. Car les télétravailleurs sont aussi lucides sur ses inconvénients : isolement des collègues, outils informatiques pas toujours adaptés, coûts de connectivité, porosité avec la vie familiale et personnelle, les limites du télétravail sont bien identifiées.

Pour les entreprises, c'est un défi de plus à relever, pour apprendre à mixer créativité et convivialité au bureau avec productivité et liberté à distance. Une chose est certaine : on ne reviendra pas en arrière. Il faudra trouver le bon équilibre vie perso-vie au boulot et adapter les organisations, les outils et les pratiques managériales à qui va rester comme la nouvelle normalité de l'après crise sanitaire, avec des conséquences sur l'immobilier, de bureau et résidentiel, et sur la vie en ville.

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a écrit le 05/07/2020 à 15:08 :
Dans mon entreprise, 90 % des salariés ont apprécié le télétravail. Effectivement, ils ont gagné en autonomie et ont été plus efficace d’après leurs propres responsables d'équipe. Seuls quelques grognards ont besoin de leur petite cour et sont pressé de faire revenir les salariés sur site. Du point de vue social économique et écologique, obliger les salariés a faire 2 ou 3 heures de transport tous les jours est une aberration. La France est un pays ou la hiérarchie est pesante, le télétravail est une solution pour apaiser les relations de travail. Le droit du travail restera le meme,
a écrit le 05/07/2020 à 9:41 :
Le petit chef peut toujours contrôler à distance la présence des salariés avec des outils comme sametime, slack etc..ou l'on peut voir les connections des uns et des autres en temps réel.
a écrit le 05/07/2020 à 9:27 :
et a moyen terme la mort des entreprises
le danger est la main mise par les drh sur l'entreprise
avec toute les dérives incontrôlables
et que dire de ceux qui aurons plusieurs emplois dans des entreprises concurrentes
voir des couples
a écrit le 04/07/2020 à 9:02 :
Mort du petit chef, c'est bien ça. J'en ai connu un pénible et incapable de faire la moindre de réunion de service. Toujours avec ses petites notes. Si le télétravail évite la mort du petit alors on aura, fait un grand pas pour de meilleures relations de travail en France. D'ici 2035 il y aura plus de 1 milliard, de personnes en télé travail dans le monde. Vraie révolution que le télé travail ! Oui la crise du covid aura changer beaucoup de choses dans le monde du travail. Vive l'horizontalite et, vive le numérique.
Réponse de le 05/07/2020 à 9:30 :
le chef n'a pas a faire de réunionite
il est la pour suivre et organisé la production
une réunion est un manque de production
a écrit le 04/07/2020 à 0:31 :
"signe d'un malaise spécifique lié sans doute aux transports publics après les grèves de cet hiver,",
après les grèves cet hiver ??? quelle méconnaissance des souffrances engendrées CHAQUE JOUR !
les transports en IdF dysfonctionnent en permanence, les travaux de rénovation, de remplacement, et même de simple entretien ont été négligés depuis 40 ans, et le pb serait les grèves de cet hiver ??
Les RER B, D, C et même E ne sont plus fiables, plusieurs lignes transiliennes sont dans le même état..
Les pannes majeures et mineures sont bi-quotidiennes, les retards ingérables, les conditions humiliantes... et pourtant leur fréquentation augmente à mesure que le déséquilibre géographique habitat/travail s’accroît et au rythme des projets immobiliers qui se succèdent.
suivez les comptes officiels de ces lignes sur Twitter, et comptez les alertes .... plusieurs dizaines par jours.
a écrit le 03/07/2020 à 21:18 :
Comme d'habitude, ce seront les ricains qui donneront le la ...et les français suivront , ce peuple de veaux comme disait le grand Charles ... Le management français est mauvais et cela ne date pas d'hier ...
a écrit le 03/07/2020 à 17:42 :
"la mort du « petit chef "

Si, on pouvait rajouter deux trois couches supplémentaire du dessus ce serait bien aussi .Trop de strate stérile qui ne servent à rien à par s'empiffrer sur le dos des autres.
a écrit le 03/07/2020 à 15:08 :
@matin calme
Pas du tout d'accord avec votre 1ere phrase, même si en France ça pourrait prendre plus de temps qu'ailleurs et necessite moins de politique interne qu'actuellement.
a écrit le 03/07/2020 à 13:00 :
Tous ces gens qui ne veulent pas revenir en entreprise seront a terme ecartes voire vires.
Tuer le "petit chef" en France, voeu pieu, il restera puisqu'il est dans l'adn du francais.
a écrit le 03/07/2020 à 12:21 :
Si les petits chefs disparaissent, ça fera moins d'arrêts de travail, de dépressifs, de suicides et d'invalides.
La société entière y gagnera en bien être et en dépenses de santé.
a écrit le 03/07/2020 à 12:12 :
Le "petit chef" est loin d'être mort avec le télétravail, il lui suffit de programmer des visios de "coordination" matin et soir et il ne s'en prive pas.

Et il est vrai qu'à terme le risque est fort que les emplois de nombreux télétravailleurs soient largement délocalisés dans des pays où ont fait plus d'heures par semaine et où le code du travail ne fait pas 3800 pages...
a écrit le 03/07/2020 à 10:58 :
Au contraire, tous ceux qui télétravaillent dans mon entourage ont constaté que la hiérarchie en manque de "victimes" sous la main mettait une pression supplémentaire. Enfin, il n'y a que les naïfs pour ne pas comprendre que le télétravail sera progressivement délocaliser au Maghreb, ou ailleurs en "douce".
Réponse de le 03/07/2020 à 11:41 :
Vous avez une vision exclusivement conflictuelle du travail. Vous utilisez le mot "victime" pour les travailleurs et "en douce" pour le patron donc "forcément malhonnête". Vous n'êtes pas heureux dans votre entreprise, c'est clair, et vous ne voyez aucune évolution positive possible... C'est bien triste
a écrit le 03/07/2020 à 8:55 :
"Si nombre de salariés ne veulent pas revenir au bureau, c'est peut-être qu'ils n'y sont pas heureux, d'où l'urgence d'un dialogue social pour tirer des leçons collectives pour l'organisation du travail"

Un salarié motivé sera aussi efficace chez lui qu'à son lieu de travail de même pour le salarié démotivé qui aura autant de mal à bosser chez lui qu'à son boulot, la méthode important peu seul l’environnement matériel l'est. Un espace nécessaire, des outils de base et ensuite ça roule. C'est la notion de travail en elle-même et non son organisation qui est directement concernée.

Pareil pour votre petit chef comme vous le nommez, si c'est un bon, certes rares il faut bien l'avouer la plupart étant profondément déficients intellectuellement seulement là pour expulser leurs nombreux ressentiments et de ce fait bosser hors de chez soi ne peut que motiver d'avantage le salarié et augmenter sa productivité, énième aberration oligarchique s'il en est, maintenant si c'est un bon il manquera dans le travail à domicile.

Tout est affaire d'hommes à savoir la variable qu'ont totalement oublié les propriétaires de capitaux et d'outils de production voyant dans le salaria soit le placement de leur filiation bien souvent déficiente générant moult catastrophes menaçant directement l'activité des entreprises même de plus en plus, soit des gens corvéables à merci remplaçables en un claquement de doigt et à rémunérer le moins possible.

Comment des coffres forts sous terrains seraient en capacité de gérer des humains ? Avec cette équation insoluble vous avez la problématique actuelle or sachant que l'on ne peut pas remplacer la classe productrice la solution est simple comme bonjour mais tout le monde fait semblant de ne pas la voir, pire tout le monde montre du doigt autre chose sur lequel faire peser leurs responsabilités.
a écrit le 03/07/2020 à 8:46 :
le télétravail, c'est la télé insécurité pour les salariés, l'éloignement, les petits chefs vont agir dans le dos des petites mains ...

le télétravail c'est la porte grande ouverte aux violations de la confidentialité dans les affaires, le contrôle de la confidentialité est matériellement impossible, et encore plus impossible humainement

l'on va en mesurer les dégâts !!!
Réponse de le 03/07/2020 à 21:30 :
Aaah, encore et toujours cette même paranoïa des méchant patrons qui sont partout...

Le problème, maintenant, se situe surtout au niveau des employés sur-protégés par des lois anti-patronat.

À force d'être assisté depuis la naissance, on oublie que le travail, c'est d'abord travailler.

Mais le français ne sait que contester, protester et manifester. Et dès qu'on demande un effort, ça crie au scandale.

Ça et un refus quasiment systématique du progrès.
a écrit le 03/07/2020 à 8:38 :
Le télétravail généralisé (ou presque) c'est la fin prévisible du code du travail et dans un deuxième temps du salariat. On revient (avec raison sans doute) à la fin de la spécialisation des personnes, des tâches, des lieux et chacun va devoir assumer son travail, ses résultats et ses possibles erreurs professionnelles. L'entreprise sera le lieu de rencontre des compétences sur des missions ou chantiers précis. Les moins qualifiés devront beaucoup plus apprendre, se former et être en capacité de changer.

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