Le gouvernement a promis aux agriculteurs de concrétiser ses promesses avant le Salon de l'agriculture. Il soutient qu'il veut avancer « vite ». Mais la promesse faite aux agriculteurs de revoir l'indicateur mesurant l'utilisation de produits phytosanitaires se heurte à la colère des ONG environnementales. Emmanuel Macron va recevoir dans les prochains jours l'ensemble des syndicats agricoles.La question ultra-sensible de l'utilisation des pesticides risque-t-elle de contrarier les efforts du gouvernement pour apaiser les agriculteurs en colère ? Le scénario n'est pas à exclure au vu du déroulé du Comité d'orientation et de suivi (COS) qui s'est tenu lundi 12 février dans l'après-midi au ministère de l'Agriculture.
Les défenseurs de l'environnement sont vent debout contre l'une de concessions du gouvernement aux principaux syndicats agricoles, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea) et les Jeunes agriculteurs : à savoir la mise « à l'arrêt » du troisième plan Ecophyto, visant à réduire l'utilisation de pesticides, mais aussi la mise en place d'un « nouvel indicateur », qui, selon eux, biaiserait complètement les résultats. Conviées au COS, avec quatre ministres (le ministre de l'Agriculture, la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, le ministre de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires et la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche), ainsi que des élus et des représentants des agriculteurs et de l'industrie, huit ONG environnementales ont finalement claqué la porte avant le début de la réunion.
L'objectif maintenu, l'indicateur discuté
« L'invitation qui nous a été envoyée jeudi dernier ne contenait ni ordre du jour ni documents de travail en préparation de cette réunion », déplore l'une d'entre elles, Générations futures, dénonçant un manque de « volonté de travailler dans une logique de concertation et d'écoute ».
Et la demande des ONG de lire en début de séance une déclaration commune a été réfutée par le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau.
« Nos ONG lui ont alors remis (le texte, ndlr) avant de quitter la salle », ajoute l'association, tout en souhaitant « un échange au plus vite avec le Premier Ministre et les ministres concernés afin de renouer le dialogue avec la société civile (...) ».