Déficit public : François Bayrou confirme l'objectif de 3% en 2029
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A Bercy, les échanges avec la gauche se sont multipliés pour tenter d'éviter une nouvelle censure du gouvernement.
Reuters
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A Bercy, les échanges avec la gauche se sont multipliés pour tenter d'éviter une nouvelle censure du gouvernement.
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Réduire le déficit. C'est bien l'objectif des économies que devrait contenir le projet de loi de finances (PLF) 2025, le précédent ayant été bloqué après la censure du gouvernement de Michel Barnier. « Depuis la guerre, la France n'a jamais été aussi endettée qu'elle ne l'est aujourd'hui », a souligné François Bayrou lors de son discours de politique générale ce mardi. Et « cette dette est une épée de Damoclès au-dessus de notre pays et de notre modèle social », a-t-il estimé.
Cet objectif pourrait se révéler difficile à atteindre, tant les marges de manœuvre de l'exécutif s'annoncent réduites. Pour tenter d'éviter une nouvelle censure et ainsi faire passer son projet de loi de finances, il entend, en effet, compter sur la gauche. Mais celle-ci conditionne son soutien. Lors des entretiens entre le ministre de l'Économie, Eric Lombard, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avec le Parti socialiste, Europe écologie les Verts (EELV) ou encore le Parti communiste, la réforme des retraites a occupé une grande partie des échanges. Celle-ci reste un sujet de crispation majeur pour le camp de la gauche qui réclame sa suspension en vue d'obtenir son abrogation. Une décision qui pèserait sur l'objectif de déficit prévu par le gouvernement.
Sans compter que la croissance pourrait, elle aussi, le remettre en question. En décembre dernier, la Banque de France a, en effet, assombri ses prévisions, estimant que la croissance du PIB devrait atteindre 0,9% en 2025, soit 0,3 point de moins qu'à la mi-septembre (1,2%). La révision à la baisse de la croissance « est liée à l'incertitude sur la situation budgétaire qui joue négativement sur l'activité », analysait, à ce propos, Olivier Garnier, directeur des études à la Banque de France.
« Le gouvernement a donc décidé de revoir sa prévision de croissance pour 2025 », a annoncé François Bayrou ce mardi : elle passe ainsi de 1,1% avant la censure à 0,9%, « conformément aux prévisions de la Banque de France ».
Face à ces difficultés, le Premier ministre a assuré, pendant son discours de politique générale, que « des économies importantes seront proposées » et évoqué « un puissant mouvement de réforme de l'action publique ». Et de préciser que des « budgets redéfinis, repensés » seront demandés « à tous les ministres (...) dès le printemps ». « C'est un effort dont personne ne pourra s'exclure, chacun à sa manière dans l'exercice quotidien de ses missions », prévient-il.
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Pour rappel, le déficit devrait atteindre 6,1% du PIB en 2024. Un chiffre bien loin des prévisions du précédent ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui l'avait d'abord estimé à 4,4% à l'automne 2023. Il avait ensuite été revu à la hausse à 5,1% au printemps.
A l'initiative du président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI), une instance a été mise sur pied, obtenant ainsi, pour six mois, les pouvoirs d'une commission d'enquête (convocations avec obligation pour la personne de l'honorer, pouvoirs d'investigation, auditions sous serment...). L'ambition : faire la lumière « sur les causes de la variation et des écarts des prévisions fiscales et budgétaires » constatés pour les années 2023 et 2024. Dérapages que l'ancien gouvernement impute notamment à des recettes plus faibles qu'attendu.
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Une situation, combinée à une incertitude politique, qui a conduit l'agence de notation Moody's à abaisser de manière inattendue la note de crédit à long terme de la France le 14 décembre dernier. Elle est ainsi passée de « Aa2 » à « Aa3 ». « Nous nous attendons à ce que le nouveau gouvernement fasse adopter une loi spéciale garantissant la continuité de l'administration publique en 2025. Toutefois, en ce qui concerne l'avenir, la probabilité que le prochain gouvernement réduise durablement l'ampleur des déficits budgétaires au-delà de l'année prochaine est désormais très faible », a-t-elle asséné dans une note. De quoi renforcer davantage la pression qui pèse sur le nouvel exécutif.
(Avec AFP)
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