Dérapage du déficit : Moscovici et Tavernier sur le gril à l'Assemblée
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les auditions doivent reprendre le 15 janvier prochain à l'Assemblée nationale.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les auditions doivent reprendre le 15 janvier prochain à l'Assemblée nationale.
Reuters
Le brouillard va-t-il enfin se lever sur la dérive des comptes publics ? Pour tenter d'y voir plus clair, la Commission d'enquête pilotée par le président de la Commission des finances Eric Coquerel (LFI), Mathieu Lefèvre (EPR) et Eric Ciotti vont poursuivre leurs auditions à partir de la semaine prochaine et en février. Objectif : trouver les causes des écarts de prévisions fiscales et budgétaires sur les exercices 2023 et 2024.
Pour rappel, l'ex-ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, avait prévu un déficit de 4,4% du produit intérieur brut en 2024 dans la loi de finances. Le solde budgétaire devrait être finalement de 6,1 % en fin d'année dernière. De son côté, le gouvernement de François Bayrou s'est fixé un objectif de déficit entre 5 % et 5,5 % du PIB en 2025, mais les marges de manœuvre vont être réduites compte tenu des négociations en cours et d'une croissance au ralenti.
Parmi les auditions attendues, figure en premier lieu le président de la Cour des comptes Pierre Moscovici le 21 janvier prochain. En pleine préparation du budget 2025, l'ancien commissaire européen a mis sur la table douze propositions pour faire des économies rapidement sans peser sur la croissance. Critiquées par les magistrats financiers, les aides massives à l'apprentissage devraient être ciblées vers les jeunes les plus éloignés du marché du travail.
Également convoqué par la commission d'enquête parlementaire, le directeur général de l'Insee Jean-Luc Tavernier devra s'expliquer sur les modèles de prévision utilisés à l'institut de statistiques. D'autres économistes comme Olivier Garnier, directeur des études à la Banque de France ou encore Laurent Bach, coresponsable du pôle Entreprises à l'institut des politiques publiques (IPP) le 28 janvier. Spécialiste des finances publiques, François Ecalle devrait être entendu le 23 janvier.
À lire également
S'agissant des politiques, il existe encore beaucoup d'incertitudes à ce stade. Les auditions devraient débuter après le projet de loi de finances, selon nos informations. En première ligne dans la crise des finances publiques, les premiers ministres Élisabeth Borne, Gabriel Attal et Michel Barnier ont aussi reçu des convocations. Les ministres de l'Économie, Antoine Armand, et du Budget, Laurent Saint-Martin, pourraient être amenés à devoir s'expliquer également. Quant au secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, le bureau de la Commission des finances doit encore se réunir pour voter sur sa convocation mercredi prochain. Interrogé sur l'implication du chef de l'État Emmanuel Macron dans les arbitrages budgétaires, l'ancien directeur de cabinet de Michel Barnier Jérôme Fournier a mentionné des réunions à l'Élysée. Reste à savoir ce qu'il ressortira de cette enquête inédite.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
