Droits de douane : la pression de Donald Trump pèse sur les bénéfices du CAC 40
Maxime Heuzé avec AFP

Le chiffre d’affaires des entreprises du CAC 40 a diminué de 1 %.
ZUMA Press Wire via Reuters Connect
Maxime Heuzé avec AFP

Le chiffre d’affaires des entreprises du CAC 40 a diminué de 1 %.
ZUMA Press Wire via Reuters Connect
En six mois au pouvoir, Donald Trump a déjà plombé la Bourse française. Voilà ce que montre un décompte des bénéfices des sociétés du CAC 40 réalisé par l'AFP. Pour les 39 entreprises sur 40 qui ont publié leurs résultats semestriels, le bénéfice net cumulé tombe à 51,8 milliards d'euros, en recul de 28 % par rapport au premier semestre 2024 pour ces mêmes entreprises*. Le chiffre d'affaires cumulé est, lui, de 827,6 milliards d'euros, en légère baisse de 1 %.
Une baisse, qui vient en partie de la « faible croissance européenne qui a impacté l'activité des sociétés françaises », selon Joffrey Ouafqa, responsable de la gestion chez Auris gestion. Mais l'arrivée du nouveau président américain a aussi plombé les comptes de certaines entreprises tricolores. « L'incertitude entourant les droits de douane a amené les consommateurs et les entreprises à attendre avant d'investir et de consommer », ajoute le financier interrogé par La Tribune.
Autre facteur à ne pas sous-estimer : « la baisse du dollar face à l'euro - provoquée par la guerre commerciale - qui a été très négatif pour les boîtes du CAC 40 », explique Thibault François, président de Fastea Capital, interrogé par La Tribune. La monnaie unique a, en effet, vu sa valeur passer de 1,04 dollar au premier janvier à 1,19 dollar en juillet.
Autrement dit « les entreprises françaises gagnent aujourd'hui 15 % de moins sur les produits qu'elles vendent en dollars aux États-Unis qu'en début d'année », pointe l'observateur.
L'effet Trump n'a cependant pas touché de la même manière toutes les sociétés françaises. « Ce sont surtout les entreprises exposées aux États-Unis qui ont souffert », précise le président de Fastea Capital.
À commencer par l'automobile, très dépendant de son marché américain qui a connu un début d'année difficile. Renault, notamment, enregistre une lourde perte de plus de 11,2 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année, due à ses mauvais résultats. Son concurrent Stellantis affiche, lui, 2,3 milliards d'euros de perte en partie à cause de la faiblesse de la demande américaine. Son nouveau directeur général, l'Italien Antonio Filosa, a prévenu qu'il faudrait prendre des « décisions difficiles » pour « accélérer » fin 2025.
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Le luxe a également souffert du ralentissement du marché américain qui représente un tiers des ventes des groupes du secteur. Ainsi, Kering a affiché un bénéfice net en chute de 46 % pour Kering (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga...) quand LVMH a vu le sien fondre de 22 %.
À l'inverse, les entreprises de l'aérien et de la défense tirent leur épingle du jeu, portées par les tensions géopolitiques. Airbus a vu ses bénéfices bondir de 85 % et Safran de 11 %. Même constat pour les banques tricolores. BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale ont réalisé un total de 13,5 milliards d'euros de bénéfices, soit une hausse de 12 % par rapport au premier semestre 2024. Le plus gros bénéfice de l'indice revient d'ailleurs à BNP Paribas, qui vole la vedette à TotalEnergies et LVMH, duo en tête au premier semestre 2024.
Les choses pourraient-elles aller mieux au deuxième semestre ? Pas sur le papier puisque Bruxelles et Washington ont annoncé un accord prévoyant une taxe de 15 % pour les produits européens entrant aux États-Unis. La Maison-Blanche a précisé jeudi soir que les nouveaux droits de douane commenceront à être collectés le 7 août.
Pas de quoi faire paniquer les financiers interrogés cependant. « Les droits de douane vont impacter les entreprises françaises, c'est certain. Mais nombre d'entre elles ont communiqué sur leur capacité à augmenter leurs prix pour compenser les surtaxes et ne pas rogner sur leurs margés à l'image de LVMH qui a assuré qu'ils pourraient relever leurs prix de 5 % », rappelle Joffrey Ouafqa.
D'autant qu'une bonne nouvelle pourrait arriver. « Le cours du dollar va probablement remonter au vu de sa forte baisse des six derniers mois », estime Thibault François de Fastea capital. Un effet qui pourrait bien compenser toute ou partie des taxes américaines et qui permet aux analystes d'aborder ce deuxième semestre avec un regard optimisme sur la Bourse française.
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*La somme des bénéfices nets part du groupe calculé par l'AFP ne prend pas en compte d'éventuels résultats ajustés et exclut Pernod Ricard, dont l'exercice comptable est décalé et donc pas comparable.
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