Paiements : nouvelle descente aux enfers pour Worldline
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le champion européen des paiements a perdu 90 % de sa capitalisation en Bourse en trois ans.
GONZALO FUENTES
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le champion européen des paiements a perdu 90 % de sa capitalisation en Bourse en trois ans.
GONZALO FUENTES
Le soupçon est récurrent dans le monde des paiements, celui de n'être pas toujours « très regardant » sur les pratiques de certains clients lorsqu'il s'agit de collecter leurs paiements. L'ancienne star européenne des paiement Wirecard était ainsi réputée pour sa proximité avec des acteurs du jeu de hasard ou de la pornographie avant sa chute pour fraude comptable.
C'est au tour d'un autre acteur européen du paiement, Worldline, qui bénéficie pourtant d'une nouvelle gouvernance tirée au cordeau, sous l'impulsion de son principal actionnaire, le Crédit Agricole, de faire face à un risque de réputation.
Selon l'enquête internationale « Dirty Payments », menée par plusieurs médias du réseau EIC, dont Mediapart en France, le groupe Worldline a couvert pour des milliards d'euros de transactions douteuses pour le compte de pirates en ligne, de casinos illégaux, d'éditeurs de sites pornographiques ou de prostitution en ligne, voire même de sites de blanchiment d'argent sale.
L'enquête est basée sur des documents internes. Ces informations ont immédiatement fait plonger le titre en Bourse, de près de 40 %, faisant passer sa capitalisation sous les 800 millions d'euros. « Si elles sont confirmées, les allégations de EIC pourraient avoir des conséquences considérables pour Worldline. La visibilité sur les perspectives du groupe - qui était déjà limitée suite à la décision du nouveau PDG de reporter les prévisions pour l'ensemble de l'année jusqu'à la publication des résultats du premier semestre 2025 est encore détériorée », souligne une note du bureau de recherche indépendant AlphaValue.
À lire également
Ce n'est pas la première fois que le groupe est confronté à une telle défiance. Il est même coutumier des mauvaises surprises. En octobre 2023, le cours de l'action avait dévissé de 60 % en une seule séance suite à un avertissement sur des résultats, signant ainsi une déroute historique pour une valeur du CAC 40. Depuis, Worldline n'a cessé de décliner en Bourse, a été sorti du CAC 40, malgré une reprise de main et une nouvelle gouvernance finalisée en juin dernier, avec notamment l'arrivée au conseil d'administration de Jérôme Grivet, directeur général délégué de Crédit Agricole SA .
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
