La réaction des marchés est mesurée à la suite du bombardement de l’Iran par les États-Unis. Compte tenu d’un niveau d’incertitudes très élevé, les marchés se raccrochent à la « hard data » et aux résultats des entreprises encore peu affecté par la guerre commerciale et la crise au Moyen-Orient. Les mois à venir s’annoncent plus compliqués.Dans le célèbre film Margin Call, qui relate la crise financière de 2008, le patron de la banque d'investissement au bord de la faillite, joué par Jeremy Irons, s'interroge : « Pourquoi je suis nommé à ce poste ? Pour entendre la musique qui se jouera dans une semaine, dans un mois, dans un an. Mais, cette nuit, je n'entends rien, sinon le silence. » Sans prédire pour autant une prochaine crise financière, nous pouvons nous interroger de ne rien entendre de particulier des marchés financiers depuis des mois, en dépit d'une succession de chocs géopolitiques de grande ampleur.
Les droits de douane les plus élevés depuis les années 1930 ? Oubliés avec des marchés actions étonnement résilients et des actions américaines revenues à leur niveau de valorisation élevée. Un dérapage programmé sans précédent du budget américain ? Les taux longs américains restent coincés entre un plancher de 4,2 % et un plafond de 4,5 %. Soit la même fourchette qu'un an plus tôt.
Un marchérisk on
Et le bombardement surprise des sites nucléaires iraniens samedi par les États-Unis devait, en toute logique, provoquer une onde de choc sur les marchés, une « fuite vers la qualité » sur un marché devenu risk off (aversion au risque), avec en prime, une flambée des prix du pétrole. Rien de tout cela ce lundi.
Les marchés actions - les plus risqués - sont étrangement calmes et le prix du Brent oscille autour des 72 dollars, après, il est vrai, une remontée de 20 % depuis le plus bas de la mi-mai. Rien de dramatique donc. « Les marchés sont très attentifs au prix du pétrole. S'ils devaient monter à 90 dollars, la Bourse pourrait flancher », prévient néanmoins Antoine Fraisse-Soulier, analyste de marché chez le courtier en ligne eToro. La banque JP Morgan avait estimé mi-juin qu'un emballement régional (au Moyen-Orient) pourrait faire grimper le baril à 130 dollars. Nous en sommes encore bien loin.
Eric Benhamou et Maxime Heuze