Alerte rouge chez Stellantis pour 2025
Alain-Gabriel Verdevoye
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le flux de trésorerie industriel de Stellantis se révèle lourdement négatif de 3 milliards au 30 juin.
Stephanie Lecocq
Alain-Gabriel Verdevoye
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le flux de trésorerie industriel de Stellantis se révèle lourdement négatif de 3 milliards au 30 juin.
Stephanie Lecocq
Stellantis redonne des prévisions financières, qu'il avait supprimées il y a trois mois... Mais ce n'est pas pour annoncer de bonnes nouvelles. Car les perspectives à court terme ne sont guère optimistes. Le groupe créé début 2021 par la fusion du Français PSA et de l'italo-américain FCA (Fiat Chrysler Automobiles) a annoncé ce mardi, pour son deuxième semestre, « une marge opérationnelle courante à un chiffre dans le bas de la fourchette ». Et c'est tout !
Il vise également « une amélioration du flux de trésorerie industriel ». Sans autre précision. Le flux pourrait donc être encore négatif sur les six prochains mois.
En conséquence, Stellantis devrait a priori enregistrer sur l'année 2025 un résultat parmi les pires de l'industrie auto mondiale. Vendredi dernier, Volkswagen tablait sur une marge opérationnelle comprise entre 4 et 5% pour l'année. BMW anticipe pour sa part une marge située entre 5% et 7% pour ses activités automobiles. Renault, qui a annoncé mi-juillet une marge de 6% sur les six premiers mois, prévoit 6,5 % sur l'ensemble de l'exercice. L'Américain GM s'attend en 2025 à un bénéfice d'exploitation compris entre 10 et 12,5 milliards de dollars et un flux de trésorerie positif de 7,5 à 10 milliards de dollars.
Stellantis confirme par ailleurs ce mardi ses contre-performances du premier semestre. Il en avait averti les marchés dès le 21 juillet dernier. Le géant franco-italo-américain annonce ainsi une perte nette semestrielle de 2,3 milliards d'euros, alors qu'il enregistrait un bénéfice de 5,6 milliards sur la même période de 2024. Stellantis affiche en outre une marge extrêmement faible de 0,7% à peine au premier semestre, contre 4,2% pour le groupe Volkswagen, 6% pour Renault !
À lire également
Et la marge semestrielle de Stellantis ne tient pas compte des... 3,3 milliards d'euros de charges nettes avant impôts, « liées aux coûts d'annulation de programmes, aux dépréciations de plateformes (...) et aux restructurations ». Après l'arrivée du nouveau directeur général Antonio Filosa le 23 juin dernier, Stellantis passe logiquement des charges exceptionnelles, alourdissant au maximum le bilan de l'ancien patron Carlos Tavares, forcé à la démission début décembre 2024.
Alain-Gabriel Verdevoye