D’après l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire, le secteur paye l’effort budgétaire demandé par l’État aux collectivités.Alors que le gouvernement Barnier requérait de la part des collectivités des économies de l'ordre de cinq milliards d'euros, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 de l'exécutif en place s'est avéré moins sévère. Finalement, 2,2 milliards d'euros d'efforts budgétaires seront demandés aux plus grandes collectivités. Des ajustements toutefois « insuffisants » pour l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes) qui anticipe des dégâts importants.
« Nos craintes sont extrêmement fortes pour les mois à venir », s'inquiète David Cluzeau, son président, lors d'une conférence de presse tenue ce 28 février. En France, le secteur de l'économie sociale et solidaire (ESS) représente 220 000 entreprises (majoritairement des TPE), 2,7 millions de salariés (14 % de l'emploi privé) et 10 % du PIB.
Un impact cumulé des coupes estimé à 8,26 milliards d'euros
L'Udes tire donc la sonnette d'alarme. D'après l'organisme, l'impact cumulé des coupes budgétaires pour l'ESS est estimé à 8,26 milliards d'euros. « Certains acteurs vont renoncer à recruter, d'autres vont réduire ou ne vont pas développer leurs activités. Il y aura donc une diminution de services pour les habitants, mais aussi des conséquences en cascade pour les collectivités locales », craint David Cluzeau qui évoque « un risque social majeur ». Selon lui, 186 000 emplois seraient menacés en France.
Il évoque notamment une réduction de quatre milliards d'euros du budget de la mission « Travail, emploi et administration des ministères sociaux », « soit une réduction de 17 % » qui va « freiner l'apprentissage ».