La France a (enfin) un budget pour 2025
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Avec ce texte budgétaire, l'objectif affiché par l'exécutif est de ramener le déficit public de la France à 5,4 % du PIB.
Firas Abdullah/ABACAPRESS
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Avec ce texte budgétaire, l'objectif affiché par l'exécutif est de ramener le déficit public de la France à 5,4 % du PIB.
Firas Abdullah/ABACAPRESS
[Article publie le jeudi 6 février à 12 h 16, mis à jour à 13 h 30] La France va enfin avoir un budget. Le projet de loi de finances pour 2025 a été définitivement adopté ce jeudi 6 février par le Parlement, après un ultime vote du Sénat. Celui-ci achève le parcours tumultueux de ce texte suspendu en décembre par la censure du gouvernement de Michel Barnier.
Repris par le nouveau Premier ministre François Bayrou, qui a résisté mercredi à deux motions de censure du parti La France insoumise (LFI), le projet de loi de finances a été définitivement validé jeudi par la chambre haute, dominée par une alliance droite-centristes, à 219 voix contre 107.
Avec ce texte budgétaire, l'objectif affiché par l'exécutif est de ramener le déficit public de la France à 5,4 % du PIB. Parmi ses mesures phares, ce budget prévoit plusieurs contributions exceptionnelles et temporaires sur les grandes entreprises et les ménages les plus aisés, un effort d'environ 2,2 milliards d'euros demandé aux collectivités locales, le rétablissement de 4 000 postes d'enseignants menacés. Le texte cible la quasi-totalité des ministères qui voient leurs budgets rabotés, parfois de plusieurs centaines de millions d'euros, à de rares exceptions près.
Dans la foulée de l'adoption, le ministre de l'Économie Éric Lombard a salué au Sénat l'adoption d'un « texte de redressement financier » avec « un effort jamais fait » de 30 milliards d'euros d'économies, et 20 milliards d'euros « de hausse d'impôt proportionnel aux capacités contributives de chacun ».
Le patron de Bercy a particulièrement salué les élus socialistes, qui ont « eu le courage du compromis et de la non-censure ». Le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, a lui souligné la « responsabilité des parlementaires qui, sans nier leurs différences, ont privilégié l'intérêt de leur pays et la stabilité ».
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« Nous avons collectivement prouvé qu'il était possible de discuter, de débattre, de s'opposer, mais sans bloquer le pays », a renchéri la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.
Les groupes communiste, écologiste et socialiste ont logiquement voté contre ce texte. Mais même si « le compte n'y est pas », « l'absence prolongée de budget est un risque pour notre économie, que paieraient d'abord les plus vulnérables », a expliqué le socialiste Thierry Cozic, justifiant le choix du PS de ne pas censurer François Bayrou.
Ce vote a été salué par l'agence de notation Moody's. « Le résultat (du vote de censure contre le budget) est susceptible de réduire l'incertitude politique après une période prolongée d'instabilité », écrit l'agence américaine dans une note datée de mercredi.
« Cependant, la fragmentation politique est importante et nous pensons que le gouvernement reste exposé à un nouveau vote de défiance dans les semaines à venir », écrit aussi Moody's. Surtout, elle juge « très ambitieuse » la trajectoire française en matière de finances publiques dans les prochaines années.
Si ce vote constitue une indéniable victoire pour François Bayrou, de nombreux autres défis l'attendent. L'Assemblée nationale reste fragmentée et sans réelle majorité. À cela s'ajoutent une croissance atone, une envolée des faillites des entreprises et une remontée du chômage. Une conjoncture morose qui risque de compliquer l'équation budgétaire de François Bayrou.
Parmi les autres chantiers brûlants, figure également une taxe « anti-optimisation » sur le patrimoine des plus aisés, censée remplacer la contribution différentielle exceptionnelle sur le revenu de 2025. Autre dossier explosif : les retraites. Mandatée par François Bayrou, la mission flash de la Cour des comptes doit rendre ses conclusions le 19 février prochain auprès des partenaires sociaux.
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Enfin, le gouvernement va également devoir s'atteler rapidement au projet de loi sur la simplification. Mis sur pause depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, le projet de loi lancé sous l'ancien ministre de l'Économie Bruno Le Maire est fortement attendu dans les milieux patronaux.
(Avec AFP)
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