Emmanuel Macron cherche à désamorcer la grogne patronale

Fanny Guinochet
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JOHANNA GERON

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Pas question de laisser la colère des patrons monter. Tel est le crédo d'Emmanuel Macron alors que les chefs d'entreprise sont remontés contre le gouvernement.
En cause : l'étalement jusqu'à la fin du quinquennat de la suppression de la contribution à la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), un impôt de production, et non plus en une seule fois, dès 2024, comme prévu. Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, a eu beau tenter de les rassurer, jeudi, en leur affirmant que le cap du gouvernement était toujours le même, qu'il ne s'agissait que d'un étalement dans le temps mais pas d'un changement de pied, que la politique de l'offre n'était pas remise en cause... Rien n'y a fait. Le Medef comme la confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) montent au créneau.
Aussi, dans une interview au Figaro, ce lundi, Patrick Martin, le successeur de Geoffroy Roux de Bézieux à la tête du Medef, laisse-t-il, de nouveau, éclater son agacement contre l'exécutif. Comme il l'avait déjà exprimé la semaine dernière dans nos colonnes, le leader insiste : « L'incertitude fiscale est l'ennemie des entreprises ». Et d'ajouter : « Les 4 milliards de la CVAE ne représentent que 0,4% de la dépense publique. Que l'on ne vous fasse pas croire qu'on ne peut pas trouver ailleurs cette économie. C'est inaudible pour les entreprises. Cela ne révèle ni d'un caprice, ni d'un bras de fer... »
Assurément, pour lui, cette volte-face sur la CVAE constitue un coup de canif dans le contrat de confiance, un mauvais signal pour les entreprises. La pilule est d'autant plus amère à avaler que le climat des affaires se tend, que les sociétés doivent faire des investissements massifs pour la transition écologique, que les prix de l'énergie ne sont pas stabilisés ... etc..
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De fait, Patrick Martin entend bien mettre la pression sur Elisabeth Borne, attendue à la Ref ce lundi après-midi. Avec un message clair, qui va bien au-delà de la seule question des impôts de production : alors que le gouvernement cherche à faire des économies sur son prochain budget, les entreprises ne se laisseront pas faire les poches facilement.
Fanny Guinochet