Emmanuel Macron donne sa grille de lecture du Grand débat national

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Macron exclut un retour de l'isf avant l'evaluation de l'ifi
Philippe Wojazer

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Macron exclut un retour de l'isf avant l'evaluation de l'ifi
Philippe Wojazer
Relativement discret sur le terrain depuis décembre, le chef de l'État a passé la journée dans l'Eure où il a assisté en fin de matinée au conseil municipal de Gasny avant d'échanger avec quelque 650 maires normands réunis à Grand-Bourgtheroulde, une commune de 3.800 habitants.
Impôt sur la fortune, procréation médicalement assistée, limite de vitesse à 80km/h, vote obligatoire, désertification médicale et mobilités : pendant plus de trois heures, les édiles ont exprimé au président leurs interrogations et les problématiques auxquelles ils sont confrontés.
"L'objectif c'est de vous entendre", a indiqué dans ses propos liminaires Emmanuel Macron au sujet du débat, un exercice "inédit" qui durera jusqu'au 15 mars et sur lequel il mise pour reprendre la main après deux mois de crise des "Gilets jaunes".
Lors du grand débat, qui sera ouvert à tous les Français et concentré sur quatre thématiques (transition écologique, fiscalité, organisation de l'État et démocratie et citoyenneté), "il ne doit pas y avoir de tabou", a-t-il ajouté, face aux doutes exprimés sur la sincérité de l'exercice en raison de certaines lignes rouges fixées par l'exécutif.
Interpellé sur la question de l'ISF, dont les "Gilets jaunes" souhaitent le retour, et la limitation à 80km/h sur les routes secondaires, une mesure fortement contestée, le chef de l'État a toutefois exclu toute décision à l'issue du débat, appelant à attendre leurs évaluations.
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L'éruption des "Gilets jaunes", un mouvement hétéroclite, le 17 novembre dernier a pris de court l'exécutif, ébranlé par les violences qui ont émaillé les manifestations.
Après avoir opéré une volte-face début décembre en annonçant 10 milliards d'euros de mesures en faveur du pouvoir d'achat, Emmanuel Macron tente depuis de reprendre la main en haussant le ton contre les casseurs et en misant sur ce débat national.
Plus d'un mois après l'avoir annoncé, le chef de l'État en a fixé le cadre dans une "lettre aux Français" diffusée dimanche soir, avant de recevoir lundi à l'Élysée une quinzaine de maires de communes rurales qui lui ont remis les "doléances" exprimées par les Français lors de la première phase du débat.
Confronté depuis deux mois à un mouvement de protestation sans précédent contre sa politique économique et sociale, le chef de l'État a parallèlement affiché sa détermination à "continuer à agir" et ne "pas faire semblant".
Pour Gilles Le Gendre, le sujet entre d'emblée dans le volet "fiscalité", l'un des quatre thèmes du "grand débat".
À ses côtés, la députée LaRem Amélie de Montchalin a souligné "la grande confusion dans la fiscalité sur le capital."
Sur Radio Classique, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a joué une autre partition. À la question de savoir s'il considérait que l'ISF devait faire partie du grand débat, il a répondu :
Emmanuel Macron a affiché mardi sa volonté de davantage "responsabiliser" les personnes en situation de difficulté économique et financière en France, estimant que si certains "font bien", d'autres "déconnent". Ces propos surviennent dans un contexte social toujours tendu après deux mois de mouvement des "Gilets jaunes" qui manifestent depuis neuf week-ends consécutifs pour réclamer plus de pouvoir d'achat et de démocratie participative.
La solution ne réside pas "dans le face-à-face entre ceux qui profiteraient d'un côté et ceux qui seraient les vaches à lait de l'autre, ce n'est pas vrai", a-t-il ajouté.
Vendredi, le chef de l'Etat avait déjà suscité une vague d'indignation après avoir déclaré que trop peu de Français avaient le "sens de l'effort".
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Au-delà de la question de la sincérité de l'exercice, la question de la transparence et de l'impartialité du débat est également soulevée par ses détracteurs, inquiets de la décision de l'exécutif de confier l'animation des échanges à deux membres du gouvernement - le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu et la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon.
Balayant les critiques, le Premier ministre a indiqué lundi qu'un collège de cinq personnalités indépendantes, dont les noms seront officialisés vendredi, serait mis en place.
(avec agences)
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