Emmanuel Macron et son rêve brisé du « couple franco allemand »

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Avis de grand froid entre la France et l'Allemagne : une semaine après l'annulation d'un conseil des ministres franco-allemand qui devait être organisé à Fontainebleau, le déjeuner de remplacement entre Olaf Scholz et Emmanuel Macron qui s'est tenu mercredi à l'Elysée est loin d'avoir dissipé les tensions entre les deux capitales. Les signes avant-coureurs à cette crise furent nombreux ces dernières semaines. Lors de son discours sur l'Union Européenne fin août à Prague, le chancelier n'avait quasiment pas parlé de la France, au grand dam de Paris. Idem, autre point de crispation, Berlin souhaite un élargissement conséquent de l'UE vers l'Est, pour constituer une union à « 30 ou 36 membres », ce que ne souhaite pas la France.
À lire également
Surtout, l'Allemagne d'Olaf Scholz est accusée par Emmanuel Macron de faire cavalier seul depuis le début de la guerre en Ukraine. Berlin a ainsi décidé unilatéralement d'un plan d'aide de 200 milliards d'euros aux particuliers et aux entreprises face à l'envolée des prix suite à la crise énergétique et et du gaz, sans aucun égard à l'égard des sacro-saintes règles bruxelloises sur la concurrence. En gros, Paris reproche le « faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » de Berlin, et jalouse tant la capacité financière de son voisin que son audace de s'extraire du carcan européen quand les intérêts nationaux priment. Autre dossier qui fâche : celui de la « défense européenne », ou plutôt, de ce qui apparaît de plus en plus comme son mirage. Sans aucune concertation là-encore, l'Allemagne avait décidé quelques jours après le début de la guerre en Ukraine de se réarmer d'une manière conséquence avec 100 milliards d'euros mis sur la table pour se constituer enfin une armée digne de ce nom, avec comme objectif de mettre en place, rien de moins, « la force la mieux équipée d'Europe », après des années de sous-investissement. « L'Allemagne n'est plus prête à laisser à la France le rôle de premier violon », persifle un observateur français.
Marc Endeweld